CERCLE DE PAROLE N°2: DOCUMENTS PRÉPARATOIRES

 
  • DEVOIRS POUR MARDI


    1) Influenceurs : font-ils plus de mal que de bien? (Caro & Lucia)


    Récemment, en mars 2023, l'Assemblée Nationale a adopté à l'unanimité un nouveau projet de loi concernant les influenceurs en France. Ce projet de loi vise à réglementer la nouvelle industrie - en vertu de ce projet de loi, les influenceurs devront divulguer toutes les promotions payantes et toute utilisation de retouche beauté, photoshop et filtres.


    Bien que le projet de loi soit passé comme une lettre à la poste au gouvernement, plus de 100 influenceurs notables en France ont signé une pétition pour contrer le projet de loi, affirmant que cela cible injustement tous les influenceurs pour les excès d'une minorité et perturbe l'économie dans son ensemble.


    En effet, ce projet de loi et les combats qui l'entourent ont soulevé de nombreuses questions. La réglementation de l'industrie perturbera-t-elle l'économie? À quel point les filtres de beauté sont-ils mauvais pour l'estime de soi des personnes qui utilisent les médias sociaux? Mais peut-être que la question au cœur de ce problème est la suivante: les influenceurs font-ils plus de bien que de mal?


    Le Loi


    Une modification radicale de la façon dont les influenceurs publient et obligerait les plateformes à créer de nouveaux outils pour signaler les violations. Les dispositions du projet de loi comprennent:

    • Exiger que tous les influenceurs divulguent s’ils utilisent un filtre

    • Exiger que tous les influenceurs divulguent si leur visage ou leur corps a été retouché avec photoshop

    • Exiger que tous les influenceurs indiquent très clairement quand leur message est une promotion payante. 

      • La France exige déjà que le contenu sponsorisé soit clair pour les utilisateurs, mais cette législation exigerait que la clause de non-responsabilité soit une bannière sur les photos et les vidéos – et pas seulement incluse dans la description.

    • Exiger que les plateformes de médias sociaux mettent en place des canaux permettant aux consommateurs de signaler les influenceurs.

    • Soumettre les influenceurs aux mêmes règles que les médias traditionnels en limitant leurs promotions de produits financiers

    Si les influenceurs ne respectent pas cette loi, ils feront face à de lourdes conséquences:

    • Jusqu’à six mois de prison 

    • 300 000 € d’amende


    N'hésitez pas à lire l'intégralité de la loi ici. Ou, vous pouvez également lire un résumé des différentes sections de la loi ici.


    Merci également d'avoir regardé ce rapide tiktok résumant la loi.

    Tout savoir sur la proposition de loi pour réguler les influenceurs


    L'argument des influenceurs


    Suite à la création de la loi, plus de 100 influenceurs français notables ont signé une pétition pour contrer le projet de loi et présenter leur version de l'histoire. Veuillez lire la déclaration des influenceurs ici, et vous pouvez en voir plus sur le site d'origine où la pétition a été publiée ici:


    « Chers députées et députés, dès ce lundi, vous allez débattre et voter une loi sur l'influence. Face aux préjugés, aux fantasmes et aux incompréhensions, nous créateurs de contenu, tenions à vous dire qui nous sommes.


    Arnaques, contrefaçons, pratiques commerciales douteuses, certains ont fait croire ces derniers mois qu'ils étaient représentatifs de notre secteur alors qu'ils ne représentent qu'une minorité. Ce sont leurs dérives que nous souhaitons d'abord dénoncer.


    Quant à nous, nous ne sommes certainement pas parfaits. Nous avons fait des erreurs. Mais notre priorité est et sera toujours la protection des consommateurs, de nos communautés. Nous sommes favorables à un encadrement du secteur. Mais pour cela, nous pensons qu'il est nécessaire de connaître ceux qui le constituent. Alors, voilà notre histoire.


    Nous, créateurs de contenu, avons entre 18 et 78 ans, voire davantage. Parfois, nous avions un peu moins à nos débuts.


    Certains d'entre nous sont nés il y a plus de dix ans sur YouTube, voire sur ce qu'on appelait à l'époque les blogs. Certains, plus récemment sur Instagram ou sur Twitch. D'autres, il y a seulement quelques mois sur TikTok.


    Depuis toutes ces années, nous accompagnons les Françaises et les Français. Nous avons grandi avec eux, ils ont grandi avec nous.


    Nous sommes étudiants, humoristes, vidéastes, ingénieurs, photographes, musiciens, dessinateurs, historiens, cuisiniers, enseignants, agriculteurs, architectes…


    Nous sommes des passionnés, férus de lifestyle, de bien-être, de santé, d'écologie, d'animaux, de sport, de voyages. Passions que nous partageons avec nos communautés, elles-mêmes constituées de passionnés.


    Nous informons, nous militons, nous nous engageons, et nous sensibilisons sur le handicap, le cancer, le harcèlement ou encore le changement climatique.


    Nous sommes la France, dans sa diversité et sa créativité.


    Nous avons une ligne éditoriale et construisons nos contenus dans ce sens. Nous travaillons avec des marques, des organisations, des institutions qui nous ressemblent parce que nous partageons leurs valeurs. Nous ne sommes pas des panneaux publicitaires ambulants. Nous construisons des histoires, nous racontons des produits parce qu'ils nous plaisent et qu'ils pourraient plaire à notre communauté.


    Vos enfants nous connaissent sûrement et certainement que vous aussi d'ailleurs. Du nouveau restaurant ouvert au coin de la rue aux quatre actualités politiques de la semaine, nous sommes devenus des acteurs incontournables de la vie quotidienne. Un tiers des Français suit au moins un créateur de contenu et même 63 % des 18-25 ans.


    Notre histoire est complexe. Elle ne se résume ni à une vidéo de 30 secondes, ni à des dérives que nous dénonçons fermement.


    Nous entendons parler des « influvoleurs », « du combat à mener » contre nous. Nous pensons que c'est une erreur. Qu'une minorité est devenue une généralité.


    Nous considérer comme une menace, c'est déconsidérer et mépriser une partie de la jeunesse française.


    Nous considérer comme un objet de combat, c'est mettre à mal une économie florissante constituée de passionnés.


    Nous sommes 150 000 en France. Si certains gagnent particulièrement bien leur vie, c'est surtout un complément de revenus pour beaucoup d'entre nous. Pour nous tous, c'est une passion. Nous sommes 150 000 mais nous représentons beaucoup plus.


    Avec nous, ce sont des milliers d'emplois, c'est un secteur entier qui travaille au quotidien. Production, marketing, montage, commercial, management…


    Avec nous, ce sont aussi des milliers de marques, des marques de luxe aux jeunes entreprises, des marques locales aux marques nationales en passant par les restaurants et les boulangeries de quartier.


    Avec nous, ce sont des milliers d'entrepreneurs et d'entreprises qui comptent sur nous pour développer leur activité, et créer de la croissance et de l'emploi.


    Notre industrie est une richesse. Une chance pour la France, pour notre économie, pour nos emplois, pour l'attractivité et le rayonnement de notre pays et de nos entreprises à l'international.


    Le débat n'est pas d'être pour ou contre l'influence.


    Votre seule boussole doit être la protection des consommateurs des dérives d'une minorité qui se croit tout permis et la préservation de nos activités et des emplois que nous créons. Ne cassez pas le modèle vertueux que nous construisons aux quatre coins de la France avec et pour les Français. Comprenez-le, protégez-le, faites-le grandir. »


    Voici également quelques brefs tiktoks sur la pétition signée par les influenceurs :

    Influenceurs: pourquoi la tribune signée par 150 créateurs de contenu fait polémique ?


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    2) L’histoire du “délit de solidarité” (Ryan & Star)


    En 2 mai 1938, une loi sanctionne “toutes les officines louches, tous les individus qui, gravitant autour des étrangers indésirables, font un trafic honteux de fausses pièces, de faux passeports.” La loi a été mise en place pour lutter contre des gens exploitant des pauvres migrants à des fins lucratives. Au début, le délit était punissable d’une peine d’emprisonnement d’un mois à un an.


    L'article 21 de l’ordonnance du 2 novembre 1945 prévoit que “toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros.”


    Le délit de solidarité n’a pas d’existence juridique. L’expression est apparue en 1995, à l’initiative du Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI). Elle désigne le risque pour les militants des associations d’aide aux immigrés ou pour les particuliers de se voir mis en examen et condamnés pour aide au séjour irrégulier, au même titre que les organisateurs de filières d’immigration clandestine.


    Destiné initialement à lutter contre les réseaux clandestins de passeurs et de trafic humain, l'article L. 622-1 du CESEDA a pu être aussi invoqué à l'encontre de particuliers et d'associations aidant des migrants. La législation a introduit progressivement des immunités pour exempter de poursuites certaines personnes.


    • La loi du 22 juillet 1996 tendant à la répression du terrorisme a institué une immunité "familiale" au profit des ascendants, descendants et du conjoint de l’étranger.

    • La loi du 11 mai 1998, dite “loi RESEDA”, a étendu l’immunité aux conjoints des ascendants et descendants ainsi qu’aux frères et sœurs du migrant et à leurs conjoints.

    • La loi du 26 novembre 2003 a alourdi les peines encourues pour délit de solidarité. Elle a aussi établi l’immunité humanitaire qui vise à protéger ceux qui aident des migrants dont la vie ou l’intégrité physique est menacée par un “danger actuel ou imminent.”

    • La loi du 31 décembre 2012 a précisé que l’immunité humanitaire concerne "toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci" (article 12).

    • Le 6 juillet 2018, le Conseil a consacré la fraternité comme principe à valeur constitutionnelle, et a décidé que le délit de solidarité était partiellement inconstitutionnel.



    La désobéissance civile


    La désobéissance civile est une forme de résistance qui consiste à refuser d'obéir aux lois ou aux jugements d'ordre civil. Elle a pour objectif d'attirer l'attention de l'opinion publique sur le caractère inique ou injuste d'une loi avec l'espoir d'obtenir son abrogation ou son amendement. Ceux qui pratiquent la désobéissance civile sont prêts à encourir les peines, dont l'emprisonnement, qui pourraient leur être infligées pour avoir enfreint la loi.


    Caractéristiques généralement admises de la désobéissance civile :

    • une infraction consciente et intentionnelle,

    • un acte public ayant une valeur symbolique, pour sensibiliser la majorité "endormie",

    • un mouvement collectif,

    • l'utilisation de moyens pacifiques,

    • l'acceptation des risques de sanction,

    • l'appel à des principes éthiques "supérieurs"

    https://www.toupie.org/Dictionnaire/Desobeissance_civile.htm



    Vocabulaire:

    le délit de solidarité - crime of solidarity

    étranger - a foreigner

    un(e) sans-papiers - undocumented workers

    un(e) immigré(e) - migrant/emigrant

    immigrer - to immigrate

    l’immigration clandestine (f) - illegal immigration

    un séjour - stay

    un hébergement - accommodation

    l’emprisonnement (m) - emprisonnement 

    arrêter - to arrest

    garde à vue (f) - (criminal) custody

    une amende - a fine

    lutter contre - to fight/battle against

    la désobéissance civile - civil disobedience

    Une abrogation - repeal

    Infliger - to inflict

    Enfreindre - to break



    Pour aller plus loin:

    https://www.vie-publique.fr/eclairage/18715-du-delit-de-solidarite-au-principe-de-fraternite-lois-et-controverses



    Cédric Herrou


    • Cédric Herrou est un agriculteur qui vit dans la vallée de la Roya près de la frontière franco-italienne.
      En 2015, il a commencé à aider des migrants à traverser la frontière. 

    • En 2016, il est arrêté pour délit de solidarité à plusieurs reprises et condamné à 4 mois de prison.

    • Cédric Herrou déclare alors à la sortie du tribunal : "J’invite le parquet à venir dans la vallée de la Roya entendre les familles des quinze personnes mortes en tentant de franchir la frontière. J’attends avec impatience les trente prochaines décennies et on verra qui se retrouvera devant les tribunaux. Je continuerai à me battre. Ils n’ont qu’à me mettre directement en prison, ce sera plus simple.

    • Il a subi 3 procès, plusieurs gardes à vue, mais finalement, il est relaxé définitivement en 2021. 



    Interview avec cédric herrou

    https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/invit%C3%A9-du-jour/20201110-c%C3%A9dric-herrou-agriculteur-dans-la-vall%C3%A9e-de-la-roya-fermer-les-fronti%C3%A8res-ne-sert-%C3%A0-rien



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  •  DEVOIRS POUR JEUDI


    1) #BalanceTonPorc  (David/Alyssa)


    Content warning

    Our circle de parole will include the topics of sexual assault and rape.


     Lisez les deux articles pour comprendre le sujet, s’il vous plaît !  


    Une tribune du Monde – 100 femmes pour une autre parole: Un tribune qui était signée par 100 femme françaises; c’est une réponse de la movement #metoo


    Le viol est un crime. Mais la galanterie n’est pas une agression machiste, ni la drague insistante ou maladroite un délit.


    À la suite de l’affaire Weinstein, a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire. Mais cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices ! Or c’est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie. De fait, #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délation et de mise en accusation publique d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels. Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque. Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment, au nom d’une conception substantielle du bien et de la morale victorienne qui va avec, que les femmes sont des êtres « à part », des enfants à visage d’adulte, réclamant d’être protégées. En face, les hommes sont sommés de battre leur coulpe et de dénicher, au fin fond de leur conscience rétrospective, un « comportement déplacé » qu’ils auraient pu avoir voici dix, vingt, ou trente ans, et dont ils devraient se repentir. La confession publique, l’incursion de procureurs autoproclamés dans la sphère privée, voilà qui installe comme un climat de société totalitaire.


    La vague purificatoire ne semble connaître aucune limite. Là, on censure un nu d’Egon Schiele sur une affiche ; ici, on appelle au retrait d’un tableau de Balthus d’un musée au motif qu’il serait une apologie de la pédophilie ; dans la confusion absurde de l’homme et de l’œuvre, on demande l’interdiction de la rétrospective Roman Polanski à la Cinémathèque et on obtient le report de celle consacrée à Jean-Claude Brisseau. Une universitaire juge le film Blow Up de Michelangelo Antonioni « misogyne » et « inacceptable ». À la lumière de ce révisionnisme, John Ford (La Prisonnière du désert), et même Nicolas Poussin (L’Enlèvement des Sabines) n’en mènent pas large. Déjà, des éditeurs demandent à certaines d’entre nous de rendre nos personnages masculins moins « sexistes », de parler de sexualité et d’amour avec moins de démesure ou encore de faire en sorte que les « traumatismes subis par les personnages féminins » soient rendus plus évidents !


    Ruwen Ogien défendait une liberté d’offenser indispensable à la création artistique. De la même manière, nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle. Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n’est pas monolithe : une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une salope ni une vile complice du patriarcat. Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, et considérer que subir un frotteur dans le métro ne relève pas de l’agression, mais de l’expression d’une grande misère sexuelle, voire du non-événement. Au bord du ridicule, un projet de loi en Suède veut imposer un consentement explicitement notifié à tout candidat à un rapport sexuel ! Encore un effort et deux adultes qui auront envie de coucher ensemble devront au préalable cocher via une « Appli » de leur téléphone portable un document dans lequel les pratiques qu’ils acceptent et celles qu’ils refusent seront dûment listées.


    En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité. Nous pensons que la liberté de dire non à une proposition sexuelle ne va pas sans la liberté d’importuner. Et nous considérons qu’il faut savoir répondre à cette liberté d’importuner autrement qu’en s’enfermant dans le rôle de la proie. Pour celles d’entre nous qui ont choisi d’avoir des enfants, nous estimons qu’il est plus judicieux d’élever nos filles de sorte qu’elles soient suffisamment informées et conscientes pour pouvoir vivre pleinement leur vie sans se laisser intimider ni culpabiliser. Les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle. Car nous ne sommes pas réductibles à notre corps. Notre liberté intérieure est inviolable. Et cette liberté que nous chérissons ne va pas sans risques ni sans responsabilités.


    Auteures : Peggy Sastre, Catherine Millet, Sarah Chiche, Catherine Robbe-Grillet et Abnousse Shalmani.

    Une centaine de femmes ont accepté de signer ce texte parmi lesquelles Catherine Deneuve, Catherine Robbe-Grillet, Ingrid Caven, Brigitte Lahaie, Abnousse Shalmani (auteure) Sylvie Le Bihan (écrivaine), Isabelle Prim (réalisatrice et comédienne), Anne Hautecoeur (éditrice)




    Caroline De Haas et des militantes féministes répondent à la tribune publiée dans "Le Monde": Cet article est une réponse à l’article précédent 


    Cette tribune a fait réagir la militante féministe Caroline De Haas qui en a écrit une à son tour, cosignée par une trentaine de militantes et militant féministes, pour dénoncer ce qu’elle considère comme un "#Metoo, c’était bien, mais…".

     

    A chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s'éveillent, les résistances apparaissent. En général, elles prennent la forme d’un "c’est vrai, certes, mais…".  Ce 9 janvier, nous avons eu droit à un "#Metoo, c’était bien, mais…". Pas vraiment de nouveauté dans les arguments employés. On retrouve ces derniers dans le texte publié dans Le Monde comme au boulot autour de la machine à café ou dans les repas de famille. Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer. 

    "On risquerait d’aller trop loin." Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans. C’est celui du monde dans lequel nous vivons. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. La caricature, elle est là.

    "On ne peut plus rien dire." Comme si le fait que notre société tolère – un peu – moins qu’avant les propos sexistes, comme les propos racistes ou homophobes, était un problème. "Mince, c’était franchement mieux quand on pouvait traiter les femmes de salopes tranquilles, hein ?" Non. C’était moins bien. Le langage a une influence sur les comportements humains : accepter des insultes envers les femmes, c’est de fait autoriser les violences. La maîtrise de notre langage est le signe que notre société progresse.

    "C’est du puritanisme." Faire passer les féministes pour des coincées, voire des mal-baisées : l’originalité des signataires de la tribune est... déconcertante. Les violences pèsent sur les femmes. Toutes. Elles pèsent sur nos esprits, nos corps, nos plaisirs et nos sexualités. Comment imaginer un seul instant une société libérée, dans laquelle les femmes disposent librement et pleinement de leur corps et de leur sexualité lorsque plus d’une sur deux déclare avoir déjà subi des violences sexuelles ?

    "On ne peut plus draguer." Les signataires de la tribune mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence. Tout mélanger, c’est bien pratique. Cela permet de tout mettre dans le même sac. Au fond, si le harcèlement ou l’agression sont de "la drague lourde", c’est que ce n’est pas si grave. Les signataires se trompent. Ce n’est pas une différence de degré entre la drague et le harcèlement mais une différence de nature. Les violences ne sont pas de la "séduction augmentée". D’un côté, on considère l’autre comme son égal.e, en respectant ses désirs, quels qu’ils soient. De l’autre, comme un objet à disposition, sans faire aucun cas de ses propres désirs ou de son consentement. 

    "C’est de la responsabilité des femmes." Les signataires de la tribune parlent de l’éducation à donner aux petites filles pour qu’elles ne se laissent pas intimider. Les femmes sont donc désignées comme responsables de ne pas être agressées. Quand est-ce qu’on posera la question de la responsabilité des hommes de ne pas violer ou agresser ? Quid de l’éducation des garçons ?

    Les femmes sont des êtres humains. Comme les autres. Nous avons droit au respect. Nous avons le droit fondamental de ne pas être insultées, sifflées, agressées, violées. Nous avons le droit fondamental de vivre nos vies en sécurité. En France, aux Etats-Unis, au Sénégal, en Thaïlande ou au Brésil : ce n’est aujourd’hui pas le cas. Nulle part.

    Beaucoup d’entre elles sont souvent promptes à dénoncer le sexisme quand il émane des hommes des quartiers populaires. Mais la main au cul, quand elle est exercée par des hommes de leur milieu, relève selon elles du "droit d’importuner". Cette drôle d’ambivalence permettra d’apprécier leur attachement au féminisme dont elles se réclament.

    Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas. Nous sommes des victimes de violences. Nous n’avons pas honte. Nous sommes debout. Fortes. Enthousiastes. Déterminées. Nous allons en finir avec les violences sexistes et sexuelles. 

    Les porcs et leurs allié.e.s s’inquiètent ? C’est normal. Leur vieux monde est en train de disparaître. Très lentement – trop lentement – mais inexorablement. Quelques réminiscences poussiéreuses n’y changeront rien, même publiées dans Le Monde.


    Ont signé cette tribune : Adama Bah, militante afroféministe et antiraciste, Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde, Lauren Bastide, journaliste, Fatima Benomar, co-porte-parole des Effronté.es, Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye ta Shnek, militante féministe, Sophie Busson, militante féministe, Marie Cervetti, directrice du FIT et militante féministe, Pauline Chabbert, militante féministe, Madeline Da Silva, militante féministe, Caroline De Haas, militante féministe, Basma Fadhloun, militante féministe, Giulia Foïs, journaliste, Clara Gonzales, militante féministe, Leila H., de Check tes privilèges, Clémence Helfter, militante féministe et syndicale, Carole Henrion, militante féministe, Anne-Charlotte Jelty, militante féministe, Andréa Lecat, militante féministe, Claire Ludwig, chargée de communication et militante féministe, Maeril, illustratrice et militante féministe
    Chloé Marty, assistante sociale et féministe, Angela Muller, militante féministe, Selma Muzet Herrström, militante féministe, Michel Paques, militant féministe, Ndella Paye, militante afroféministe et antiraciste, Chloé Ponce-Voiron, militante féministe, metteuse en scène, réalisatrice et et comédienne, Claire Poursin, coprésidente des Effronté.es, Sophie Rambert, militante féministe, Noémie Renard, animatrice du site Antisexisme.net et militante féministe, Rose de Saint-Jean, militante féministe, Laure Salmona, cofondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement et militante féministe, Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie et militante féministe, Nicole Stefan, militante féministe, Mélanie Suhas, militante féministe, Monique Taureau, militante féministe, Clémentine Vagne, militante féministe, l’association En Avant Toute(s), l’association Stop harcèlement de rue.


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    2) La réforme des retraites (Marina & Sophia)


    En premier, merci de regarder cette petite vidéo sur la retraite en France:

    https://www.1jour1actu.com/france/cest-quoi-retraite

    Loi 49.3

    https://www.gouvernement.fr/actualite/l-article-49-3-comment-ca-marche

    L’histoire de la retraite

    Petit extrait d’un article:

    L’ancêtre de tous les régimes de retraite français est sans doute « La Caisse des Invalides de la Marine Royale ». Le ministre des Finances de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, a créé une pension de retraite pour les marins dès 1673.

    La première caisse de retraite des fonctionnaires de l’État a été mise en place en 1790, aux lendemains de la Révolution. L’âge légal de départ a été officiellement fixé par la loi du 9 juin 1853:

    • ●  les fonctionnaires pouvaient partir en retraite à l’âge de 60 ans, après 30 ans de service

    • ●  Les agents chargés des travaux pénibles pouvaient partir dès 55 ans, s’ils justifiaient de

      25 ans de service.

      Le premier régime de retraite obligatoire dédié aux salariés qui percevaient plus de 15 000 francs par an a été mis en place en 1930 : les assurés devaient justifier d’une durée de cotisation de 30 ans pour toucher une pension à taux plein.
      Avec la publication de l’ordonnance du 19 octobre 1945, les cotisations versées par les actifs devaient désormais servir à payer immédiatement les pensions de retraite, tout en créant des droits pour leur future retraite. Le régime par répartition est né et l’âge légal de départ en retraite a été reporté à 65 ans.

      En 1982, le président François Mitterrand a ramené l’âge de départ à la retraite à 60 ans pour les assurés qui justifiaient d’une durée de cotisation de 37,5 ans dans un ou plusieurs régimes de base.

      l’article entier:

      https://www.retraite.com/dossier-retraite/histoire-du-systeme-de-retraite-francais-les-principales- etapes.html

      Le système actuel

    • ●  Les travailleurs contribuent au système avec une partie de leur salaire

    • ●  Les contributions des travailleurs actuels paient les pensions des travailleurs anciens

    • ●  Le « revenu » à la retraite est calculé en fonction des revenus, âge de départ, et

      nombres de trimestres passées à travailler de chaque travailleur

    • ●  Il y a une durée minimale de cotisation pour la retraite à taux plein, dépend de l’année de naissance

      • ○  pour la génération née en 1957, 167 trimestres

      • ○  pour la génération née en 1973, 172 trimestres (après le réforme)

    • ●  Si quelqu’un veut prendre leur retraite avant qu’il avait cotisé pendant la durée minimale,

      la pension de base est réduite

    • ●  Si quelqu’un a commencé à travailler très jeune, il peut prendre la retraite tôt

      les sources:

      https://travail-emploi.gouv.fr/retraite/le-systeme-de-retraite-actuel/ https://travail-emploi.gouv.fr/retraite/projet-pour-l-avenir-de-notre-systeme-de-retraite/

      • VOCABULAIRE:
        • La retraite: retirement
        • Le départ en retraite: (beginning of) retirement 
        • À taux plein: full-rate
        • - retraite à taux plein: retirement with full pension 
        • Un.e fonctionnaire: A civil servant
        • Salarié: salaried
        • Un.e manifestant(e): protester
        • cotiser à (avoir cotisé): to pay into 
        • bosser (avoir bossé): to work (informal) 
        • un syndicat: union 
        • La répartition: distribution
        • La pension: pension 

    Sources

  • -  https://www.nytimes.com/2023/03/22/world/europe/protesters-france-paris-macron.html?

    searchResultPosition=5

  • -  https://www.nytimes.com/2023/03/24/world/europe/france-protests-macron-pensions.htm

    l?searchResultPosition=7

    - https://www.1jour1actu.com/france/cest-quoi-retraite https://www.youtube.com/watch?v=KUxANsQ3IaE

    article 49.3 

     

    • DEVOIRS POUR VENDREDI

       1) Le foie gras, c’est quoi? (Diana & Rainie)


      Le foie gras est un met obtenu par engraissement de canards ou, généralement, d’oies. A la base, le gavage des oies est une pratique que l’on retrouve à l’état naturel chez les oiseaux migrateurs. Ces derniers se suralimentent naturellement à l’approche de l’hiver, ce qui permet de faire des stocks de graisses dans leur foie et ainsi supporter de longs trajets pendant leurs migrations


      Cette pratique naturelle a ensuite été reproduite par l’homme. Les premières traces remontent à l’Egypte Ancienne. Il y a 4000 ans, les égyptiens furent les premiers à produire du foie gras, à base de maïs – aujourd’hui céréale majoritairement utilisée dans le gavage.


      Ce fleuron de la gastronomie française est aujourd’hui catégorisé comme produit de luxe en France et à l’étranger, et on le retrouve frais, surgelé et même en conserve!


      En savoir plus sur https://docteurbonnebouffe.com/foie-gras-bienfaits-sante/


      Le gavage


      Image de https://lefoiegras.fr/actualites/foie-gras-les-francais-lui-disent-resolument-oui


      Regardez attentivement cette vidéo (environ 8 mins).

      Réflexion

      • Saviez-vous que le foie gras est produit de cette manière avant?

      • Quelle scène vous a le plus impressionné? 

      • Que pensez-vous de ce mode de production?

      • Quels sont les avantages et les désavantages de la production de foie gras (spécifiquement le gavage) en France?

      La vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=s9JR_IqRVlM 



      Les Vocab:

      • Une oie: goose

      • Le foie: liver

      • Une sonde: tube

      • Un canard/un caneton: duck/duckling

      • Le bien-être des animaux: animal welfare

      • La cruauté animale: animal cruelty 

      • Le maïs: corn

      • La fierté: pride

      • L'héritage culturel: cultural heritage

      • La gastronomie: gastronomy, cuisine


      ***

      2) Charlie Hebdo et la liberté d’expression en France
      Leer & Luka

      L’information générale de les lois en France et Charlie Hebdo

      La liberté d’expression en France

            En 1789, il y avait la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui est incorporée dans la Constitution.

            Article 11  dit que “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.”

            Il signifie que la France reconnaît la liberté de parole et d’expression mais aussi elle permet la création des lois qui la limitent.

            Il y a aussi la Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui permet le blasphème

            La France doit suivre la Convention européenne des droits de l'homme qui aussi protège la liberté de parole pour tout

            Généralement, les limitations de parole de haine ne sont pas très clair, parce que par loi, on peut attaquer un religion, ses figures et ses symboles, mais on ne peut pas attaquer un individu fondé sur leur religion

      Charlie Hebdo

            Charlie Hebdo est un magazine satirique hebdomadaire de gauche qui inclut des articles, des caricatures, des polémiques et des blagues qui critiquent l'extrême droite, surtout le Front National, et les religions organisées.

            Ils sont attaqués plusieurs fois, notamment en 2015, par les terroristes islamiques en réponse aux caricatures offensantes de Musulmans et d’Islamisme.

      La perspective de Président Macron en 2020 après l’assassinat de Samuel Paty

       



       

       

      A la Sorbonne mercredi, à la cérémonie d'hommage à Samuel Paty, M. Macron avait promis que la France continuerait de défendre les caricatures du prophète Mahomet, au nom de la liberté d'expression. (France24, https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20201025-macron-promet-de-ne-jamais-accepter-les-discours-de-haine)

       

      Un article qui explique l’attaque en 2015 et les victimes (c’est intéressant de noter la tonalité)

      https://www.culture.gouv.fr/Actualites/La-liberte-d-expression-visee-dans-l-attentat-contre-Charlie-Hebdo

       

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