CERCLE DE PAROLE n°1: RECOMMANDATIONS

 
POUR VENDREDI
(6e et dernière Séance de préparation)
  • PRONONCIATION
    • Continuer à travailler l'extrait de la chanson "Né en 17 à Leidenstadt" (disponible ci-dessous)
        • Ecoutez l'enregistrement pour IMITER le rythme, la prononciation, les intonations: le flow!
  • CERCLE DE PAROLE
    • Finalisez la page de devoirs qui sera affichée sur le blog du cours avant Dimanche Soir
    • + le document (papier?) que vous allez distribuer à la classe
    • Préparez-vous à répéter les moments importants de votre cercle de parole avec vos camarades en classe.
    • Conseil d'ami: quand vous présenterez une information, une personne, un document, une idée, PARLEZ, NE LISEZ PAS. 
      • = Mémorisez les passages où vous allez expliquer des choses à la classe pour éviter de lire.
        • Le "naturel", ça se travaille à l'avance…
      • + Dans les moments où vous lisez, partagez votre écran! 
Ordre de passage
 
Mardi: Alyssa, Caro, David, Sophia
Jeudi: Diana, Lucia, Rainie, Marina
Vendredi: Leer, Luka, Ryan, Star
 
 *
 
POUR JEUDI 
(5e SÉANCE de Préparation)
  • PRONONCIATION
    • Continuer à travailler l'extrait de la chanson "Né en 17 à Leidenstadt
      •  On va chanter ensemble jeudi…
CERCLE DE PAROLE
  • FINALISEZ les DÉTAILS de votre cercle de parole, moment par moment:
    • Page de blog/devoirs: 
      • Quels documents? Quelle structure? Quel vocabulaire
    • En classe
      • Comment allez vous commencer?
        • Extrait vidéo? Citation? Kahoot? 
      • Quels documents allez vous partager?
      • Comment/quand allez-vous offrir la parole au reste de la classe (questions? activités? jeux? petits groupes? 
      • Comment allez vous structurer votre progression? Quels sont les grands moments de la conversation?
      • Comment allez-vous conclure?  
        • Je vous proposerai un petit temps de répétition générale en milieu de séance demain.
    • FINALISEZ votre bande annonce: comment donner au reste de la classe le goût de participer à votre cercle de parole? 
 
*
 
POUR MARDI 
(4e SÉANCE de Préparation)
  • PRONONCIATION
    • Continuer à travailler l'extrait de la chanson "Né en 17 à Leidenstadt"
      • On va chanter ensemble …
"On saura jamais ce qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?
Ou le pire ou plus beau?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots"

    • Lisez & résumez l'article:  "S’exprimer en public, un défi encore plus grand pour les filles" (disponible ci-dessous)
PRÉPARATIFS DU CERCLE DE PAROLE
  • Elaborez le document (google slides, powerpoint, etc) qui permettra à vos camarades de participer à la conversation que vous proposez en classe
    • Ce document peut offrir 
      • des définitions, des citations, des illustrations, des extraits vidéo ou audio; 
      • la structure de votre conversation (titres, sous-titres, etc), 
      • et bien sûr, le vocabulaire utile pour discuter votre thème
        • > Finalisez la liste de vocabulaire que vous allez proposer à la classe
  • Formalisez le dossier en ligne (posté sur le blog du cours) que vous allez demander à vos camarades d'étudier avant votre présentation
    • Ce dossier pourra inclure
      • des pistes de réflexion, questions ou informations essentielles
      • des extraits d'articles ou de livres
      • des extraits de films ou d'émissions de télévision
      • des extraits de programmes radios
      • des chansons
      • des illustrations
      • des exercices pratiques
      • etc.
    • En d'autres termes, qu'est-ce que vous allez donner à lire, à écouter, à regarder à vos camarades, pour les inviter à entrer dans votre cercle de parole?
  • EXERCICE: 
    • Préparer la "bande annonce" de votre cercle de parole: en 3 à 5 minutes, votre groupe devra:
      • Identifier clairement le sujet, explorer les questions qu'il soulève
      • Décrire la singularité de votre approche
      • Amorcer la conversation avec le reste de la classe
      • Faire circuler la parole dans le groupe
        • et surtout: donner envie à la classe d'entrer dans votre cercle de parole!

*

Article: "S’exprimer en public, un défi encore plus grand pour les filles"

 (Alice Raybaud, Le monde, 08 mai 2021 ) 




Moins encouragées et moins valorisées que les garçons lorsqu’elles prennent la parole en classe, les filles arrivent dans l’enseignement supérieur avec moins d’aisance à l’oral. Un désavantage qui se ressent ensuite dans le monde professionnel.

Les femmes, ces jacasseuses, de vraies pipelettes ! Les clichés ont la peau dure. Ils cachent cependant une réalité tout autre, du monde scolaire à l’univers professionnel, mesurée par de multiples études : celle d’un espace sonore public largement dominé par les hommes et de femmes moins encouragées et moins valorisées dans cet exercice depuis le plus jeune âge. Une question aux enjeux multiples, alors que les oraux prennent une place de plus en plus cruciale dans les processus de sélection et d’évaluation, du bac à l’enseignement supérieur.

« Dès la crèche, on a schématiquement des filles qui demandent la parole et des garçons qui la prennent », explique Isabelle Collet, professeure en sciences de l’éducation à l’université de Genève. A l’école, « divers travaux montrent que les garçons sont ensuite à l’origine d’environ deux tiers des prises de parole en classe ». Si ce phénomène a eu tendance à se corriger au primaire ces dernières années, les études dans le secondaire attestent d’un déséquilibre toujours marqué. En 2015, la chercheuse a mené une enquête au sein de neuf classes suisses, lors de « cours dialogués » dans différentes matières, et observé scrupuleusement les prises de parole des élèves. En moyenne, les garçons sont intervenus 2,3 fois plus que les filles et étaient deux fois plus sollicités par les professeurs. En outre, ils avaient presque trois fois plus d’interventions orales « hors sujet ».

 
« Sages et discrètes »

« Les bébés de sexe féminin sont pourtant plus amenés que leurs homologues masculins à développer une communication  verbale. Mais ces capacités langagières précoces ne leur donnent pas accès à la prise de parole en public par la suite. Car le problème n’est pas de parler, mais de s’autoriser à être visible par la parole », analyse Isabelle Collet. On ne les incite pas à cette visibilité, abonde la sociologue Marie Duru-Bellat, chercheuse à l’Institut de recherche en éducation, autrice de La Tyrannie du genre (Presses de Sciences Po, 2017) : « Les filles ont intégré qu’on attend d’elles qu’elles soient sages et discrètes. On leur apprend aussi très tôt à faire attention aux autres, à écouter et à prendre en compte le point de vue des camarades. »

En classe, les garçons, eux, ne vont pas hésiter à occuper l’environnement sonore et à interrompre le professeur. « Ils prennent plus souvent la parole de façon spontanée, d’ailleurs pas toujours en lien avec le cours dispensé », remarque la sociologue. C’est accepté, voire valorisé comme un attribut de virilité. « Il y a dans l’imaginaire collectif l’idée que les garçons sont plus turbulents, qu’ils ont besoin de s’exprimer, et que c’est bien normal. On le tolère, tout comme on les laisse salir leurs habits. Les filles sont, elles, plus vite rabrouées quand elles transgressent les règles », observe-t-elle.

Alors que les enseignants eux-mêmes ont tendance à interroger moins souvent les filles que les garçons, comme l’ont montré plusieurs études, le contenu des interactions a aussi tendance à différer selon le genre de l’élève. « Les filles sont davantage sollicitées pour rappeler les notions précédentes, une forme d’assistance pédagogique, puis les garçons sont appelés à faire avancer le cours, à créer du neuf », observe Isabelle Collet.

Les enseignants encouragent aussi davantage ces derniers, soulevait la professeure en sciences de l’éducation Nicole Mosconi, dans son article « Effets et limites de la mixité scolaire » (Travail, genre et sociétés, n° 11, 2004). « Ainsi, les garçons apprennent à l’école à s’exprimer, à s’affirmer, à contester l’autorité, et les filles à être moins valorisées, à prendre moins de place physiquement et intellectuellement, et à supporter, sans protester, la dominance du groupe des garçons, en somme à rester “à leur place” », écrivait-elle.

Véronique Garrigues, enseignante d’histoire dans un collège classé REP du Tarn, a pris conscience de ce déséquilibre il y a quelques années. « Comme dans la cour de récré, les garçons prennent la place qu’on leur laisse très volontiers, constate-t-elle. Alors, quand au bout de trois réponses, je n’ai entendu que des élèves masculins, je fais en sorte que ce soit ensuite une fille. Mais ce n’est pas parce que je les interroge qu’elles acceptent de répondre. » Le stress est patent : tête baissée, mains tripotant ses affaires, phrases écourtées. « Prendre la parole, c’est s’exposer au regard des autres. Une angoisse pour certaines. »
 

 « Bastion masculin »

Parler en public est en effet un exercice qui engage pleinement le corps et l’esprit, et qui demande une bonne dose de confiance en soi. « Or, à l’école comme en réunion, les femmes ont tendance à plus se demander : ce que je pense vaut-il le coup d’être dit ? », pointe Marie Duru-Bellat. Pourtant détentrices de meilleurs résultats scolaires, elles se mettent très jeunes à douter de leurs compétences. Ainsi dès 6 ans, lorsqu’on leur présente un personnage comme « intelligent », les petites filles y associent plutôt le sexe masculin, montre une étude américaine publiée en 2017 dans la revue Science.

Rien d’étonnant quand on sait que leur expression peut être déjà jugée illégitime seulement quelques mois après la naissance. C’est ce que révèlent des chercheurs de l’Institut des neurosciences Paris-Saclay basé à Saint-Etienne. En 2016, ils ont mesuré la perception des pleurs de bébés : ceux attribués à des filles – d’ailleurs souvent à tort – étaient alors jugés moins justifiés, ne relevant pas d’une véritable souffrance. « A divers niveaux, la société ne cesse de renvoyer aux femmes que leur parole compte moins », souligne Marie Duru-Bellat.

Le poids des représentations et de l’histoire n’est pas étranger au sentiment d’illégitimité que beaucoup ressentent en la matière. « L’art oratoire est traditionnellement un bastion masculin, observe Christine Bard, spécialiste de l’histoire des femmes. Pendant des siècles, les occasions pour les femmes de prendre la parole dans les lieux publics religieux ou laïcs étaient rares : elles étaient exclues des tribunes et n’ont accédé à l’université que sur le tard. Cet héritage laisse des traces. » Aujourd’hui, les modèles de voix féminines sont encore peu nombreux – ainsi du faible taux d’expertes entendues dans l’audiovisuel (de 38 %, la proportion est tombée à 20 % avec la pandémie de Covid-19, selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel).

« L’oreille qu’on porte sur la parole des femmes a été et reste très cruelle, ajoute Christine Bard. Les travaux montrent que le public écoute moins les femmes et déprécie leur voix, trop perchée, trop aiguë. » Leurs paroles sont vite disqualifiées. « Exposées, elles sont d’abord jugées par le regard, sexualisées avant même d’être entendues. Pour Rousseau, la femme qui parle en dehors de son foyer est d’ailleurs du côté de l’impudeur. » Point trop ne faut d’assurance pour celle qui s’y risque : une étude de Yale publiée en 2012 montre que, alors que les hommes qui parlent abondamment sont perçus comme des leaders de qualité, les femmes qui font de même sont au contraire rejetées par l’audience chargée de les noter.

Une parole dévalorisée, peu écoutée, souvent coupée… « En classe aussi, les garçons qui veulent tout le temps la parole peuvent se montrer très désagréables contre ceux qui leur volent la scène, surtout les filles, constate Isabelle Collet. Quand elles tentent de le faire et qu’elles ne sont jamais interrogées, comme les garçons parlent spontanément, ou bien moquées, elles finissent par lâcher l’affaire. »

Quelles conséquences sur leur parcours ? Dans le secondaire, « ce moindre accès à la parole ne pose pas problème aux filles en termes de compétences didactiques », observe-t-elle. Même pour les oraux du baccalauréat, qui sont surtout, dit-elle, une « validation de ces compétences ». Mais cela les prive d’acquérir les techniques sociales de mise en valeur de leurs capacités et de leurs succès nécessaires par la suite. « Dès l’enseignement supérieur, les règles du jeu changent. Il faut promouvoir son travail, se distinguer, se rendre visible. Ce que, incitées à rester en retrait, les filles n’ont pas appris à faire », regrette la chercheuse.

 
Des épreuves pénalisantes

Si bien que « leurs meilleurs résultats ne leur ouvrent pas les portes de certaines filières sélectives et qu’elles rentabilisent moins, à diplôme égal, leur bagage scolaire », écrit-elle. Dans certains oraux de concours notamment, les écoles recherchent de plus en plus ces dernières années « l’expression d’une motivation mais aussi d’une individualité, d’une certaine personnalité. Il y a tout un travail de mise en scène sous-jacent auquel les jeunes femmes adhèrent moins », rappelle la sociologue et spécialiste des concours Annabelle Allouch, qui souligne également l’interférence de « biais de genre » inconscients lors de ces oraux, « même chez des jurys avertis ».

A l’Ecole nationale d’administration, un rapport interne relevait, en 2012, ce traitement défavorable aux femmes qui, avec un taux de réussite similaire à celui des hommes aux écrits anonymisés, étaient évincées à l’issue du grand oral. En 2020, à l’Ecole normale supérieure, avec la suppression des oraux due à la crise sanitaire, la part d’admises a, là, bondi de 54 % à 67 % dans les filières littéraires. Difficile de démêler l’impact de la disparition de l’oral et celui des conditions de préparation particulières pendant la pandémie – ou encore de l’absence des mécanismes de rééquilibrage qui, à l’oral, viennent favoriser le sexe minoritaire (étudiés par l’économiste du travail Thomas Breda). Mais le résultat a interpellé nombre d’enseignants.


Emma Bouvier, 21 ans, a bien senti un tournant en entrant à Sciences Po. Alors que participer en classe ne lui posait pas de problème au lycée, cela a changé dans le supérieur, où « la prise de parole prend beaucoup de place, en classe comme en dehors ». En quête de clés, elle s’est renseignée sur l’association d’art oratoire de l’école. « J’avais l’image d’un espace réservé aux hommes, les figures prises pour parler d’éloquence étant quasiment toutes masculines. Puis j’ai vu que la présidente était une femme, cela m’a ouvert une porte. » Depuis, l’étudiante s’investit dans L’Oratrice, un groupe qui promeut l’égalité dans l’éloquence et organise des formations à destination des étudiantes.

Chez celles qui s’y inscrivent, « ce qui ressort le plus est l’autocensure et une déstabilisation face aux comportements désagréables récurrents, comme se faire couper la parole, décrit-elle. Beaucoup viennent aussi après un premier stage et racontent s’être senties effacées, regrettant de ne pas avoir réussi à s’imposer. On les aide à prendre confiance. » L’enjeu est majeur dans le monde du travail, « où on vous demande de bien faire mais surtout d’aller le faire savoir », souligne Isabelle Collet. Pour Emma Bouvier, même si c’est à pas de souris, on avance toutefois dans la conquête de la prise de parole en public : les deux dernières éditions du prix d’éloquence Philippe-Seguin de Sciences Po ont été remportées par des femmes.

Alice Raybaud
 
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POUR VENDREDI 
(3e SÉANCE de Préparation)
  • PRONONCIATION
    • Mémoriser PAR COEUR l'extrait de la chanson "Né en 17 à Leidenstadt" (vidéo ci-dessous)
      • Travaillez la prononciation en écoutant et en imitant les artistes de la chanson!
      • On va chanter ensemble en classe…
"On saura jamais ce qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?
Ou le pire ou plus beau?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots"?
 
  • PRÉPARATIFS POUR LE CERCLE DE PAROLE: 
    • Pour chaque membre du groupe: Identifiez les DEUX documents qui vous paraissent ESSENTIELS à la compréhension de votre sujet et des questions qu'il pose. Plus précisément, sélectionnez:
      • UN extrait de document que vous souhaiteriez partager avec la classe AVANT le cercle de parole (sur la page de blog préparatoire)
      • UN extrait de document que vous souhaiteriez montrer à la classe PENDANT le cercle de parole
        • POURQUOI ces deux documents vous paraissent essentiels? 
          • Préparez-vous à présenter vos choix aux autres membres de votre groupe, et à argumenter!
    • Continuez à réfléchir à votre stratégie de communication pour le jour du cercle de parole
      • En particulier: quel ÉTHOS souhaitez vous incarner?
      • Quels types d'émotions souhaitez vous partager avec le reste de la classe?
    • Continuez à construire votre liste de vocabulaire personnalisée
    • + Commencez à rédiger TROIS phrases essentielles de votre intervention
      • Formulations claires et concises des grands problèmes 
      • Résumé des questions
  • EXERCICE:
    • Préparez une petite présentation (provisoire) de votre sujet pour les autres membres de la classe.  
    • Chaque membre de votre groupe va présenter votre sujet à trois autres membres des autres groupes.
      • Pistes de réflexion
        • Qu’est-ce qui rend votre sujet intéressant ? Qu'est-ce qui le rend difficle?
        • Comment est-ce que sujet vous concerne ? 
        • Quelles sont les questions que vous souhaitez poser à la classe ?
        • De quel vocabulaire avez-vous besoin pour parler de votre sujet avec des gens dont le français n'est pas la première langue? 
 
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POUR JEUDI 
(2e SÉANCE de Préparation)

  • Écoutez à nouveau la chanson "Né en 17 à Leidenstadt" + Commencez à mémoriser le passage suivant PAR COEUR:
 
On saura jamais ce qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?
Ou le pire ou plus beau?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots?
  • Poursuivez les recherches pour votre cercle de parole: 
    • trouvez au moins trois nouveaux documents (articles, extraits de livres, vidéos, émissions de radio, etc) qui éclairent votre question.
    • + synthétisez-les pour pouvoir les présenter à votre groupe
  • Imaginez trois formats différents pour votre cercle de parole 
    • Sentez vous libres d'expérimenter! (dans le passé, certains groupes ont joué des rôles, simulé une émission de télé, un tribunal, une discussion de famille à table, etc…)
  • Commencez à constituer  une liste de vocabulaire personnalisée
    • Quels sont les cinq mots/verbes/expressions ESSENTIELS pour discuter votre sujet?
    • Vous partagerez ce vocabulaire avec votre groupe, pour décider ensemble du vocabulaire essentiel que vous allez partager avec la classe le jour de votre Cercle de Parole.
*

Notre horizon pour les semaines à venir: un cercle de parole vivant!
 
Les groupes:
  • Marina, Rainie, Diana, Lucia: La peine de mort
  • David, Alyssa, Sophia: La question des réparations
  • Luka, Ryan, Star, Leer: Intelligence Artificielle et éducation
 
 
*
 
POUR MARDI 
(1ère Séance)
  • Lire attentivement la méthodologie du Cercle de Parole ci-dessous et venir en classe avec une idée claire des objectifs proposés pour cet exercice.
  • Explorer le thème que vous avez choisi pour cette conversation.
    • Faites des recherches préliminaires et identifiez les ressources que vous allez pouvoir mobiliser:
      • films sur le sujet?
      • livres sur le sujet?
      • Emissions de télé, de radio?
      • Articles de journaux?
    • Synthétiser au moins trois documents en français pour pouvoir partager le fruit de vos recherches avec les autres membres de votre groupe. 
    • Faites une liste (provisoire) des arguments en présence (pour/contre) et des questions difficiles que pose votre sujet
  • L'objectif est de pouvoir commencer à présenter des faits à votre groupe, à la première personne et sans recours à la technologie, dès la première séance de préparation.  
  • Écouter attentivement la chanson "Né en 17" (Fredericks/Goldman/Jones)
    • Que pensez-vous de cette approche des traumatismes historiques que furent l'holocauste, l'apartheid et la guerre civile en Irlande?
    • Repérez un passage qui vous paraît spécialement intéressant. Pourquoi celui-là?
  • Revoir tout le vocabulaire de la semaine 4 (page VOCABULAIRE)
      • Petit QUIZ ÉCRIT en début de classe!
*

CERCLE DE PAROLE N°1
Méthodologie
  • Votre groupe va disposer de 75 minutes pour proposer une conversation à la classe sur une question controversée.  
    • En d'autres termes, votre travail consiste à  
      • crééer un espace de parole
      • informer vos camarades de classe pour qu'ils puissent former (ou préciser, ou changer) leur opinion personnelle sur le sujet 
  • ÉTAPES RECOMMANDÉES: 
    • Faites toutes vos recherches en Français (cela vous permettra d'absorber le vocabulaire utile et de le partager avec la classe)
    • Concentrez vous sur la société française, ses problématiques et ses spécificités
      • Ceci dit, n'hésitez pas à élargir la conversation aux pays francophones, si votre sujet le permet.
    • Définissez votre sujet le plus précisément possible
      • Ex: "Le rap Hardcore/le végétérianisme/l'écriture inclusive", c'est quoi? 
        • Donnez des exemples/illustrations propres à la France/au monde francophone
    • Formulez votre problématique (la question que vous posez à votre sujet):
      • Ex: "Faut-il encourager le végétérianisme?" n'est pas tout à fait la même problématique que: "Le végétérianisme est-il dangereux?"
      • Ex: "L'écriture inclusive: un effort efficace vers plus d'égalité?" n'est pas la même problématique que "L'écriture inclusive est-elle condamnée à l'échec"?
    • Présentez les arguments pour et contre le plus clairement et le plus efficacement possible. 
    • Remarquez/documentez l'évolution de votre point de vue au fil de votre préparation.
    • N'oubliez pas ces quelques objectifs simples
      • Il s'agit non pas de persuader mais d'ÉCLAIRER (vous-même, les autres)
      • Essayez de donner à vos camarades les connaissances utiles pour se faire une opinion argumentée sur votre sujet 
      • Créez une discussion avec l'ensemble des personnes présentes, faites circuler la parole.
  • AVANT LA CONVERSATION EN CLASSE : vous présenterez un dossier préparatoire (page de blog) pour que vos camarades puissent se familiariser avec les arguments que vous exposerez. Ce dossier préparatoire pourra comprendre:
    • Documents écrits
    • Extraits vidéo
    • Extraits audio + transcription
  • PENDANT VOTRE CERCLE DE PAROLE
    • Soignez votre entrée en matière: comment allez vous lancer la conversation?
    • Parlez SANS NOTES: vous pouvez disposer d'une feuille avec vos idées principales et la structure générale de votre propos (pour ne pas perdre le fil et ne rien oublier) mais il est essentiel de NE PAS LIRE.
    • Évitez la structure "un.e membre du groupe = un moment de la conversation". 
      • Il s'agit pour votre groupe de proposer UNE conversation, et non pas plusieurs mini-présentations (la succession de monologues qui résulte de ce genre d'approche est systématiquement néfaste, la dynamique qui en résulte souvent négative). 
      • L'idéal serait que chaque membre du groupe parle à plusieurs reprises, pendant toute la durée de la classe 
        • (ce qui n'empêche pas d'avoir un.e "spécialiste", une personne qui a fait des recherches plus poussées et maîtrise mieux un aspect du sujet — mais chaque membre du groupe doit maîtriser toutes les problématiques évoquées et intervenir plusieurs fois dans chaque partie.)
        • En d'autres termes, il est bon d'entendre toutes les voix tout le temps! 
    • Invitez le reste de la classe à participer par des questions, exercices, jeux, incitations diverses à entrer dans le débat.
      • N'oubliez pas de proposer des moments de conversation en petits groupes avant de revenir à la conversation en classe entière 
        • !!! vous pourrez créer des " breakout rooms" et chaque membre du groupe peut accompagner une conversation différente.
  • VERS LA FIN DE VOTRE CERCLE DE PAROLE: la classe pourra se prononcer sur votre sujet en fonction des éléments présentés.
    • L'objectif sera de répondre à la question: "Alors, qu'est-ce qu'on fait"?
      • comment agir concrètement pour améliorer la situation?
        • au niveau individuel
        • au niveau collectif

*

"SERIONS-NOUS DE CEUX QUI RÉSISTENT?"

Michael Jones, Carole Fredericks, Jean-Jacques Goldman

"Né en 17 à Leidenstadt" (Jean-Jacques Goldman/Carole Fredericks/Michael Jones — 1991)

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?

Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences ?
Larmes au milieu d'un torrent.

Si j'avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d'une foi, d'une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir: tendre une main ?

Si j'étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur,
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent ?
Rien ne sera comme avant.

On saura jamais ce qu'on a vraiment dans nos ventres,
Caché derrière nos apparences,
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots ?

{Refrain}
Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?

Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp


TRADUCTION

« Born in 1917 in Leidenstadt » [2]

What if I was born in 1917 in Leidenstadt
On the ruins of a battlefield
Would I have been better or worse than these people
If I had been German?

Raised on[3] humiliation, hatred, and ignorance 
[Constantly] fed dreams of revenge
Would I have been one of these unlikely consciences[4]?
Teardrops in the middle of a torrent[5] 

If I had grown up in the docklands of Belfast
Soldier of one faith, of one caste[6] 
Would I have had the strength, against my own people[7] 
To betray (them): and seek[8] peace?

If I had been born white and rich in Johannesburg[9] 
[Stuck] between Power and Fear
Would I have heard these cries carried by the wind?
Nothing will ever be the same 

We will never know what we really have in our guts[10] 
Hidden behind our appearances
The soul of a brave or of an accomplice or of an executioner? 
Either the worse or the very best[11] 
Would we be among those[12] who resist or (rather) the sheep of a herd 
If words were not enough [13]?

What if I was born in 1917 in Leidenstadt?
On the ruins of a battlefield
Would I have been better or worse than these people
If I had been German? 

[Chorus]
And may we be spared[14], you and I, if possible for a very long time
From having to choose a side.




[2] « Leidenstadt » : name of an imaginary German town (« Die Leiden » : the sufferings + « Stadt » : city) ; « 17 » = 1917, towards the end of the First World War (1914-1918). Hitler’s rise in the 30ies was rooted in the idea that the German people had been cheated at the end of WWI and deserved their revenge. JJ Goldman is trying to put himself in the shoes of the average Nazi, born around the time of this defeat, and seeking revenge during WWII.
[3] « bercer un bébé » : to rock a child + « bercer quelqu’un de (rêves/idées/illusions) » : to delude someone with (dreams/ideas/illusions). Très difficile à traduire sans perdre les nuances.
[4] « Aurais-je été de ces improbables consciences ? » = would I have been one of the rare people who rebelled ?
[5] « Un torrent… » : a torrent, a (tumultuous, fast flowing) stream, usually found in the mountains. Other possible translation : « Tears in the middle of a flood ».
[6] Allusion à l’affrontement entre Catholiques et Protestants en Irlande du Nord.
[7] L’expression normale en français courant est : « Envers et contre tous… » (in the face of/despite all opposition > ici : against) ;  « Les miens… » ici = my people.
[8] « Tendre la main… » : expression figurée qui signifie : proposer la paix.
[9] Allusion au régime de ségrégation raciale (« Apartheid ») qui a sévi en Afrique du Sud pendant de longues décennies.
[10] « Ce qu’on a dans le ventre : » : what we have in our gut/the stuff we are really made of.
[11] « Ou (bien)… ou (bien) » : Either…or.
[12] « Être de ceux qui… » : to be one of those who… (to be the type of person who…)
[13] Literally: If more than just words were needed.
[14] « Et qu’on nous épargne… » : peculiar use of « Que + verb in the subjunctive » = expression of a wish (or an imperative) : = And let us be spared [cf « Que les dieux vous soient propices » (May the gods be with you) ; or « Qu’il attende !» (Let him wait !)]