COURS N°3 bis: A VOIX HAUTE

Pour MARDI 

  • Connaître tout le vocabulaire et les phrases d'entraînement par coeur (page VOCABULAIRE):
    • + Revoir le vocabulaire de base du cinéma (ci-dessous) 
    • + Connaître l'épigraphe du cours PAR COEUR:  
      • "Le plus fructueux et naturel exercice de nostre esprit, c’est à mon gré la conference. J’en trouve l’usage plus doux que d’aucune autre action de nostre vie"
        • QUIZ ÉCRIT N°1 MARDI
          • (5 mn en début de cours/5 phrases en anglais à traduire en français)
  • Regarder attentivement le film A Voix Haute (disponible sur Google Drive ICI) en suivant les recommandations proposées en bas de page.
    • Attention! Pas de sous-titres anglais pour ce film — et les sous-titres français proposés sur youtube sont largement incorrects… 
    • Une TRANSCRIPTION des dialogues de ce film, avec traductions en anglais, est disponible ICI.
NB: les devoirs pour JEUDI et VENDREDI sont disponibles en bas de page…
 
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A VOIX HAUTE
(Stéphane de Freitas, 2016)

Le réalisateur du film, et fondateur du programme Eloquentia,
(FILM disponible sur Google Drive ICI

Recommandations:

A) AVANT LE FILM: Apprendre la liste de vocabulaire ci-dessous, pour pouvoir parler des films du semestre (attention aux genres et aux prépositions)
  • Un film, ce film: a movie, this movie ("dans ce film": in this movie)
    • Au début du film: at the beginning of the movie
    • Au milieu du film: in the middle of the film
    • À la fin du film: at the end of the movie
  • Un documentaire: a documentary
  • se passer (quelque part): to take place (somewhere)
    • ex: le film se passe à paris/en France: the movie takes place in Paris/in Frence
  • Le réalisateur, la réalisatrice: the director
  • Un personnage: a character (≠ le caractère: temper)
  • Le générique: credits
  • Une intrigue: plot
  • La bande originale: original soundrack
  • Une scène: a scene ("dans cette scène: in that scene)
  • jouer un rôle: to play a character
  • jouer bien (≠ mal): to be a good (bad) actor/actress
  • le succès: success
    • avoir du succès: to be successful
    • ex: ce film a eu un grand succès: this movie was a hit

B) PENDANT LE FILM
  • Constituez une liste de vocabulaire personnalisée (min: 25 à 30 mots/expressions)
    • Indiquez systématiquement 
      • Le genre des noms par un article (le/la, un/une)
      • Le participe-passé et la construction des verbes (dir/indir, etc)
        • Ex: Pleuvoir: to rain (avoir plu)
      • la traduction anglaise
C) APRÈS LE FILM:
  • Réflexion personnelle: pistes pour discuter en classe.
    • Quels sont les grands thèmes abordés par le film?
    • Que pensez-vous des méthodes pédagogiques employées dans ce film?
    • Parmi propos/discours des participant.e.s du concours éloquentia, quel est celui qui vous touche le plus? Pourquoi?
    • Notez une citation particulièrement intéressante à votre avis.   
    • Ce film a-t-il modifié votre conception de l'éloquence? Comment?
    • Quelles sont les trois idées majeures que vous retenez de ce documentaire?  
Et avant de commencer, la Bande Annonce, pour vous mettre en appétit!


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DEVOIRS POUR JEUDI

René Magritte, "La Trahison des Images" (1929)

Pour JEUDI
  • Apprendre PAR COEUR le vocabulaire du cours n°3 bis (disponible dans la partie VOCABULAIRE du blog)
    • petit QUIZ oral en début de cours!
  • Synthétiser PAR ÉCRIT la leçon sur les figures, et faire l'exercice d'identification proposé (Gros plan: L'usage Politique des figures).
    • L'objectif de cet exercice est de pouvoir présenter oralement la leçon (sans notes) en début de cours.
    •  Conseil de méthode pour une fiche de synthèse efficace
      • Pas plus de 20/30 lignes 
      • Style "télégraphique" (pas de phrases complètes)
      • Mettez les mots importants en valeur (soulignements, majuscules, etc)
      • Spatialisez (liste à puce, indentations/retraits, flèches, etc)
        • Merci de taper et d'imprimer cette synthèse, que je ramasserai. 
  • Piste de réflexion: Avez-vous une figure rhétorique de prédilection? Laquelle, et pourquoi?
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LEÇON: 
LES FIGURES DE RHÉTORIQUE

INTRODUCTION
  • Une figure de style, du latin figura, est un procédé d’expression qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue et donne une expressivité particulière au propos
    • On parle également de figure de rhétorique ou de figure du discours.
  • De manière générale, les figures de style mettent en jeu : 
    • soit le sens des mots (métaphore, litote, antithèse ou oxymore)
    • soit leur sonorité (allitération, paronomase, etc )
    • soit enfin leur ordre dans la phrase (anaphore, gradation, etc.)
  • Chaque langue a ainsi ses propres figures de style ; leur traduction pose souvent des problèmes de fidélité par rapport à l'image recherchée.

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Source: Olivier Reboul, La Rhétorique  
(Presses Universitaires de France, "Que Sais-Je?", 1990)

Le latin figura (qui traduit le grec schema) est un terme emprunté à la langue du sport. La figure, c'est d'abord un mouvement type de l'athlète ou du danseur.

Les figures sont à la fois libres et codées :
  • elles sont libres, parce qu'on n'est pas contraint d'y recourir pour s'exprimer
    • Exemple: l'inversion grammaticale
      • parfois obligatoire dans l'interrogation ("Que reste-t-il…")
      • mais libre dans l'inversion rhétorique (hyperbate), que la grammaire permet sans l'imposer (ex: "Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne")
  • elles sont codées: chaque figure constitue une structure qu'on peut repérer et transférer à d'autres contenus (la métaphore, l'hyperbole, l'allégorie, etc).
Ces deux caractères sont antagonistes et pourtant nécessaires:
  • sans code, la figure serait incompréhensible
  • sans liberté, elle ne serait plus un fait de style mais un fait de langue
    • exemple: "l'aile" d'un avion n'est plus une métaphore, car on ne peut plus dire autrement (c'est une catachrèse, ou métaphore "lexicalisée", fossilisée")
Classement des figures
  • Les figures de mots, qui concernent la matière sonore de la langue
    • ex: la rime, le rythme, les jeux de sonorités et d'échos
  • Les figures de sens, ou tropes, qui opèrent des déplacements de sens
    • ex: la métaphore 
  • Les figures de construction, qui concernent l'ordre de la phrase ou du discours
    • ex: l'inversion
  • Les figures de pensée, qui concernent le rapport de l'énoncé avec son sujet (l'orateur.e) et avec son objet (le référent)
    • Ex: l'ironie
1) Les figures de mots (ou "formules")
  • Souvent intraduisibles, les figures les plus expressives concernent le rythme et les sonorités de la phrase.
  • Les principales figures de mots sont:
    • L'allitération (répétition d'une même consonne)
    • La rime (répétition régulière d'une syllabe)
    • La paronomase (englobe la rime): répétition d'une seule et même syllabe dans des mots 
    •  différents
      • Ex: "Défense nationale, dépense nationale, démence nationale"
      • Ex: "Les bandes et les banques" (Marine Le Pen)
    • Le Calembour (rapproche des mots très semblables en apparence mais de sens différents)
      • Ex: "La France compte 36 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement". 
    • L'antanaclase (joue sur la polysémie, sur les sens un peu différents d'un même mot — et non sur l'homonymie, comme le calembour)
      • Ex: "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point" (Pascal)
  • Le rythme est un instrument de persuasion: il persuade parce qu'il facilite l'audition, le souvenir, et crée un sentiment d'évidence.
    • Le propre des figures de mots n'est pas seulement d'accrocher l'attention ou de marquer la mémoire; elles persuadent par le sentiment d'une vraisemblance: elles semblent déjouer le grand principe linguistique de l'arbitraire du signe, et tout se passe comme s'il existait une relation nécessaire entre les signifiants et les signifiés.
  • NB: L'étymologie (pratiquée depuis l'antiquité) est une figure de mots: elle confère à son auteur le prestige de la science, mais pas plus qu'un calembour, elle n'a valeur de preuve. "Elle n'est qu'un procédé rhétorique, et elle n'est rien d'autre" (Reboul)
 2) Les figures de sens (ou tropes)
  • Les figures de sens, ou tropes, consistent à employer un terme avec une signification qu'il n'a pas habituellement, ce qui provoque une tension, une "torsion" (Ricoeur) de l'ensemble du discours.
  • Contrairement aux figures de mots, elles ne dépendent pas du matériel phonique de la langue, et peuvent êtres traduites. 
  • Les tropes fondamentaux, dont dérivent tous les autres, sont:
    • la métonymie
    • la synecdoque
    • la métaphore
 a) la métonymie
  • La métonymie consiste à désigner un objet (ex: le joueur de trombone) par le nom d'un autre objet (ex: le trombone), les deux ayant entre eux un lien habituel qui permet à l'un d'évoquer l'autre.
  • On distingue différents types de métonymie selon la nature du lien habituel
    • Lien de causalité (métonymies de la cause, de l'effet, de l'instrument, de l'organe)
      • ex: "C'est un cerveau"
    • Lien de contiguïté: 
      • métonymies du contenant (boire un verre), 
      • du vêtement (la toge), 
      • du lieu (un foyer)
    • Lien de symbolisme 
      • ex: la croix et le croissant; allez les verts
  • La métonymie se lexicalise très facilement, et joue un rôle capital dans la genèse des symboles.
  • La force persuasive de la métonymie vient de ce qu'elle s'appuie sur de solides habitudes culturelles et sur des symboles, qui font d'elle la figure de la familiarité
b) la synecdoque
  •  Elle se distingue de la métonymie par le fait que les objets y sont liés par un rapport de nécessité (l'un des deux objets au moins ne peut exister sans l'autre)
    • Ex: dire "foyer" pour "famille" est une métonymie, mais dire "cent têtes" pour cent personnes est une synecdoque, car la tête appartient nécessairement à la personne. 
  • La synecdoque peut signifier le tout par la partie, le genre par l'espèce et l'espèce par le genre
  • L'antonomase est une synecdoque qui définit l'espèce par le nom d'un individu représentatif (ex: un Staline, un Hitler, pour représenter la famille des dictateurs sanguinaires)
c) La Métaphore
  • Dans la métaphore,  le transfert des termes se fonde sur la ressemblance entre deux signifiés.
  • La métaphore exprime une réalité par le nom d'une autre qui lui ressemble et qui est en général plus concrète, plus sensible, plus immédiate 
    • Ex: "L'homme est un loup pour l'homme"
  • On définit souvent la métaphore comme une comparaison abrégée. En fait, on peut distinguer quatre niveaux:
    • La comparaison vraie: "Cette chanteuse a une voix mélodieuse comme celle du rossignol" (analogie explicitée)
    • Le similé, ou comparaison abrégée qui ne donne pas ses raisons: "Cette chanteuse chante comme un rossignol".
    • La métaphore in praesentia: "Cette chanteuse est un rossignol" (le terme de comparaison disparaît, ce qui suggère une identité)
    • La métaphore in abstentia, où le comparé disparaît: "ce rossignol", pour cette chanteuse. 
  • Pour comprendre une métaphore, il faut saisir la ressemblance, or la ressemblance peut-être définie comme l'identité dans la différence
  • Selon Aristote, la métaphore doit avoir trois qualités: la clarté, le charme, et la rareté
    • La clarté: la métaphore doit respecter les stéréotypes culturels inculqués dès l'enfance (sinon, elle risque d'être incomprise)
    • Sans la rareté, la métaphore n'est qu'un cliché sans force expressive
    • Le charme d'une métaphore, c'est la subtile alliance de la clarté et de la rareté: le fait d'être en présence d'une ressemblance inédite, et pourtant de la comprendre. Ce charme, c'est le plaisir de l'énigme résolue. 
Conclusion: la figure de sens n'est jamais qu'un compromis heureux mais précaire entre l'énigme et le cliché : l'énigme qui transgresse le code culturel, et le cliché qui s'y intègre si bien qu'il ne nous interpelle plus.

3) Les figures de construction
  • Elles portent sur la syntaxe, et de façon moins précise, sur la construction du discours
  • Certaines procèdent par soustraction de signifiants, d'autres par addition, d'autres par permutation.
    • L'ellipse est, par excellence, la figure de la soustraction. Elle est l'âme des proverbes, des maximes, des slogans dont la force vient de ce que l'énoncé se borne au minimum de signifiants nécessaire à son intelligence: Ex: "Bien faire et laisser braire"; "acheter français"
    • La répétition (ou épanalepse) reproduit les mêmes signifiants avec le même sens.

 4) Les figures de pensée
  • Elles sont caractérisées par le fait qu'elles ne dépendent pas des mots mais des idées.
  • Problème: cette définition sort du champ de la rhétorique, puisque celle-ci n'envisage la langue et la pensée que dans leurs liens réciproques. 
    • L'allégorie est une suite cohérente de métaphores qui, sous forme de description ou de récit, sert à communiquer une vérité abstraite. 
      • Elle se compose de deux éléments: Le "phore" (sens littéral, ce qui est dit), et le thème, ce qu'il faut comprendre
      • Il ne faut pas la confondre avec la métaphore, ni même avec la métaphore filée (suite cohérente de métaphores); pourquoi? Paradoxalement, parce que l'allégorie ne se compose que de métaphores, alors que la vraie métaphore, elle, comprend toujours des termes non métaphoriques, et ne peut être lue qu'au sens figuré.
        • Ex: "Il n'est point de moisson sans culture" (Voltaire): une allégorie avec ses deux sens, littéral et figuré
        • ≠ "L'expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui éclaire le passé (Confucius): une métaphore filée, car l'expérience et le passé sont au sens propre (font partie du thème et non du phore); la phrase ne peut être lue qu'au sens figuré
    • L'ironie consiste à dire le contraire de ce que l'on veut dire dans le but, non de mentir, mais de railler, de faire rire par le contraste entre les deux sens.
  • L'Allégorie et l'ironie peuvent être lues chacune de deux manières: au sens littéral et au sens figuré; ce sont les figures du "double langage".
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GROS PLAN: 
L'USAGE POLITIQUE DES FIGURES
  • Exercice: Pour chacune des vidéos suivantes, dressez une liste de toutes les figures présentées. 
    • Merci d'indiquer, pour chaque figure :
      • son nom
      • sa traduction en anglais
      • l'exemple cité dans la vidéo
 
Petit précis de rhétorique par Emmanuel Macron et Marine Le Pen
(France Culture, Avril 2017)

 Présidentielle 2017: révisez vos figures!
(Le Monde, Avril 2017)

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DEVOIRS POUR VENDREDI


Le Général Charles de Gaulle au micro de la BBC, juin 1940

POUR VENDREDI
  • Apprendre PAR COEUR le vocabulaire des cours n°3 et 4
    • disponible dans la partie VOCABULAIRE du blog!
    • + (si besoin) travailler la conjugaison des verbes avoir et être dans la partie CONJUGAISON
      • QUIZ écrit n°2 mardi prochain…
  • Synthèse: qui était Philippe Pétain? Qui était Charles de Gaulle?
  • Exercice: Discours sur un discours (voir méthodologie ci-dessous)
        • Merci d'inclure de taper et d'imprimer ce document, que je ramasserai. 
  • Piste de réflexion: En quoi consiste la force d'un discours "historique"?

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LEÇON: JUIN 1940,
 DISCOURS ANTAGONISTES 


Juin 1940: le contexte historique en images 
(Documentaire: Pétain, Un Héros si Populaire, France 3, 2013)

Le contexte historique: bref résumé
  • Le 1er septembre 1939, l’Allemagne attaque la Pologne. Le 3 septembre, la France déclare la guerre à l'Allemagne, avec le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-zélande et le Canada.
  • De septembre 1939 à mai 1940, l’Europe de l’Est et du Nord est submergée par le blitzkrieg (la "guerre éclair").
  • En France, l'offensive allemande commence le 10 mai 1940 et met fin à la "drôle de guerre". Les Allemands percent les lignes de défense françaises et l’armée française est disloquée par la Wehrmacht en quelques semaines.

Voici la chronologie des événements qui ont conduit à l’appel du 18 juin :

• Le 5 juin 1940, le général de Gaulle est nommé sous-secrétaire d’Etat à la Défense et à la Guerre dans le gouvernement de Paul Reynaud.
• Le 8 juin, le front français est totalement disloqué. Des millions de civils fuient l’avancée des troupes nazies : c’est l’exode vers le Sud de la France.
• Le 10 juin 1940, le gouvernement français quitte Paris pour Bordeaux.
• Le 14 juin, les Allemands entrent dans Paris, qui est déclarée "ville ouverte".
• Le 16 juin 1940, Philippe Pétain devient Président du conseil après la démission de Paul Reynaud.
• Le 17 juin 1940, Pétain appelle à cesser le combat : "C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat".
• Le 18 juin, Charles de Gaulle lance son appel depuis Londres sur les ondes de la BBC.
• Le 22 juin 1940, le gouvernement Pétain signe l'armistice avec l’Allemagne.

A noter : le général de Gaulle arrive à Londres le 17 juin 1940 avec l'intention de négocier la poursuite de la guerre avec les Britanniques, alliés de la France. Il rencontre le Premier ministre britannique, Winston Churchill, et émet le souhait de pouvoir s'exprimer à la radio dès que la nouvelle de la capitulation de la France tombera. Son discours prononcé sur les antennes de la BBC à 18 heures, heure locale, le 18 juin 1940, marque le début de la France libre qui poursuivra le combat sur terre, sur mer et dans les airs jusqu’en 1945.
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Maréchal Philippe Pétain, 
discours du 17 juin 1940

 Philippe Pétain, Maréchal de France
Devient chef de l'Etat Français à l'âge de 84 ans
  • L'auteur: Chef militaire illustre, considéré comme «le vainqueur de Verdun» (l'une des plus mortelles batailles de la Première Guerre Mondiale, en 1916), général en chef de l’armée française jusqu’en 1931, ministre de la guerre en 1934, ambassadeur de France en Espagne en mars 1939, Philippe Pétain, devient le 17 mai 1940, à 84 ans, vice-président du Conseil dans le gouvernement de Paul Reynaud. 
  • Le contexte: Au soir du 16 juin 1940, mis en minorité au sein de son gouvernement sur le sujet de la continuation de la guerre en Afrique du Nord, Paul Reynaud démissionne. Le même jour, nommé chef du gouvernement, le maréchal Pétain, favorable à un armistice, engage des pourparlers avec l’ennemi.
  • Le document: Le maréchal Pétain prononce un discours à la radio française le 17 juin à 12h20.
    • Source: http://www.france-libre.net/discours-petain/
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CONSEIL
  • Écoutez le discours une première fois sans lire le texte: que comprenez-vous? quelles sont vos impressions? 
  • Ensuite, réécoutez en suivant le texte. 
  • Pouvez-vous repérer des procédés rhétoriques à l'oeuvre? 
Allocution prononcée à la radio française le 17 juin 1940

Français!
A l'appel de M. le président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l'appui des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'obéir qu'à leur foi dans le destin de la patrie.


Source: http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1940-1944-la-seconde-guerre-mondiale/l-appel-du-18-juin/documents/discours-du-17-juin-1940-du-marechal-petain.php


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Général Charles de Gaulle, 
L'Appel du 18 juin 1940 

Contexte: Charles De Gaulle en 1940
(Documentaire: Le jour où De Gaulle a choisi la Guerre, 2015)
  • Charles de Gaulle (1890-1970) était un général et homme politique français.
  • Le 18 juin 1940, il lance un appel à la résistance contre l'occupation de la France par l'Allemagne nazie. Il arrive à se faire reconnaître comme le chef de la Résistance française et devient le chef du gouvernement provisoire en 1943. 
  • De 1946 à 1958, il s'oppose à la Quatrième République dont il désapprouve le fonctionnement.
  • En mai 1958, à la suite du soulèvement des colons d'Algérie, il revient au pouvoir. Il fonde la Cinquième République dont il devient le premier président. Sous sa présidence: 
    • la France accorde l'indépendance à ses colonies africaines. 
    • Elle mène une politique extérieure indépendante qui est souvent très critique à l'égard des États-Unis. 
    • La France continue son intégration dans la Communauté économique européenne (CEE) et se rapproche spectaculairement de l'Allemagne. 
    • À l'intérieur le gouvernement soutient la modernisation de l'économie par une politique industrielle volontariste, par l'aménagement du territoire, par l'appel à l'immigration pour faire face au manque de main d'œuvre.
  • En mai 1968, la plus grande partie de la jeunesse et du monde salarié conteste la politique menée et met de Gaulle en grandes difficultés. Malgré le succès de ses partisans aux élections législatives de juin 1968, il est rapidement abandonné par une partie de ses soutiens (en particulier Valéry Giscard d'Estaing). 
  • Il perd le référendum de 1969, sur la régionalisation et la transformation du sénat. Il démissionne aussitôt. 
  • Charles de Gaulle meurt en 1971.

CONTEXTE IMMÉDIAT 

 L'appel du 18 juin 1940: Comment, pourquoi?
(Fondation Charles de Gaulle, Juin 2015)

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EXERCICE:
DISCOURS SUR UN DISCOURS

En quelques minutes, vous allez présenter ce discours historique: L'APPEL DU 18 JUIN 1940, par Charles de Gaulle. Dans l'idéal, votre présentation renseignera votre public sur:
  • Le CONTEXTE du discours: présenter
    • l'orateur.e: son profil, sa fonction sociale (personnalité politique? intellectuel.le? avocat.e? autre?)
    • Sa situation au moment où il/elle prononce le discours (dans l'opposition? Au pouvoir? défendant la cause de telle ou telle personne? en position de force ou de faiblesse?)
    • Les destinataires du discours: la parole varie en fonction du public (physiquement présent ou pas, sympathisants vs public hostile, grande foule ou petit groupe, auditoire profane ou averti des questions évoquées)
    • Le but du discours (pourquoi l'orateur.e prononce ce discours? De quoi veut-il/elle persuader l'auditoire? quel bénéfice, quels risques ce discours implique-t-il?)
  • Le CONTENU du discours
    • Quel est le PLAN du discours?
      • Structure classique (exorde, narration, démonstration, réfutation, péroraison) ou pas?
      • Quelles sont les articulations, transitions, etc?
    • Quels sont les arguments mobilisés? 
      • Dans quel ordre (les plus forts avant, après, de part et d'autre?)
      • Ces arguments sont-ils plutôt rationnels ou sentimentaux (exaltant la peur, la haine, la fierté)?
      • Faites particulièrement attention à l'exorde et à la péroraison!
  • La TONALITÉ du discours
    • Dramatique? drôle? lyrique? technique? 
    • Le registre de langage est-il soutenu? relâché? 
  • Les FIGURES mobilisées
    • Essayez de repérer la figure ou le procédé dominant (questions rhétoriques? anaphores? métaphores? jeux de sonorités?)
  • Le STYLE de l'orateur.e: 
    • phrases courtes ou longues? rythmes ternaires?  
  • Vos IMPRESSIONS PERSONNELLES sur le discours: 
    • êtes-vous convaincu.e? ému.e? Agacé.e? 
    • En quoi ce discours fonctionne (ou pas) en ce qui vous concerne?
          • Merci de taper et d'imprimer ce document, que je ramasserai.
        • N'oubliez pas de laisser de l'espace entre les lignes (double space) pour annoter votre discours — et pour que je puisse inscrire mes commentaires!!!
    • CONSEILS POUR VOTRE DISCOURS: ce discours sur ce discours doit lui-même viser à plaire, instruire et convaincre: je vous invite à soigner tout particulièrement:
      • votre EXORDE et votre NARRATION (qui posent le thème, la thèse et le contexte): ne supposez pas que l'auditoire sait de quoi vous parlez: en quelques phrases, il faut rappeler tous les éléments importants + capter l'attention ET la bienveillance!
      • votre CONFIRMATION (argumentation/réfutation): dans ce cas précis, vos arguments sont les EXEMPLES tirés du discours de de Gaulle: ne restez pas dans le vague, CITEZ l'appel du 18 juin, multipliez les exemples tirés du texte.  
        • il peut être intéressant de contraster ce discours avec le discours de Philippe Pétain, prononcé la veille,  auquel il répond implicitement (ex: la reprise de "dans l'honneur"… )
      • votre PÉRORAISON, qui résume l'essentiel et conclut sur une note claire, sans ambiguïté. 
      • Voire une synthèse de cette méthodologie (+ des recommandations supplémentaires) dans la page Discours sur un Discours du blog.
     *

    Depuis Londres, le général de Gaulle prononce, le 18 juin 1940 sur les ondes de la BBC, un appel à la résistance invitant les Français à refuser la défaite et à combattre. Celui-ci n'a pas été enregistré, les techniciens de la BBC étant alors trop occupés à préparer l'enregistrement du discours de Winston Churchill, Premier ministre britannique. Retrouvez ci-dessous les circonstances et le texte exact du discours du 18 juin 1940 du général de Gaulle.

    CONSEIL
    Écoutez le discours une première fois sans lire le texte: que comprenez-vous? quelles sont vos premières impressions? 

    •  ATTENTION: il n'existe pas d'enregistrement de l'appel du 18 juin 1940
    • Ceci est une reconstitution contemporaine, qui traduit mal le ton et la voix du Général.
      Pour entendre la voix et le ton du Général de Gaulle, écoutez l'appel du 22 juin 1940 en bas de page 
      • le texte est sensiblement différent, mais cela vous permettra d'imaginer la performance (action) du 18 juin…

    TEXTE DE L'APPEL du 18 JUIN 1940

    Les Chefs qui, depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
    Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
    Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l'ennemi.
    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
    Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
    Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limite l'immense industrie des États-Unis.
    Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a dans l'univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
    Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
    Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
    Demain comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres


    • Il n'y a pas eu d'enregistrement (audio ou vidéo) de l'Appel du 18 juin 1940 contrairement à celui du 22 juin 1940 avec lequel on le confond souvent, et dont voici l'enregistrement.
    • Attention: les deux versions sont différentes. Votre analyse/discours doit porter sur le discours original du 18 juin 1940, dont le texte est fourni plus haut.
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    POUR ALLER PLUS LOIN

    Pétain et La Révolution Nationale

    La Révolution Nationale
    La Rhétorique de Vichy (rythme ternaire: travail, famille, patrie) 

    Pétain: présentation

    Documentaire: Pétain, Un Héros si Populaire (France 3), 2013

    Un documentaire écrit et réalisé par Serge de Sampigny
    Narration : Jacques Gamblin
    Conseiller historique : Stéphane Khémis

    C'était il y a 70 ans. Le 24 octobre 1940, Pétain rencontrait Hitler à Montoire, et entraînait les Français dans la collaboration avec les nazis. Une page noire de l'histoire de France, écrite par celui que tous considéraient comme un héros : le vainqueur de Verdun.

    Qui était Pétain ? Un bel homme aux beaux yeux bleus, un chef de guerre mythique mais impénétrable, froid, distant, économe en paroles, gardant sa part de mystère... Jusqu'en 1914, un officier à la carrière banale. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il avait failli partir à la retraite comme colonel avant d'être nommé général, in extremis. Pour un peu, on n'aurait jamais entendu parler de lui. Un homme aussi qui cachait soigneusement sa vie privée, un libertin aimant coucher avec plusieurs femmes comme le montre sa correspondance intime. Ce n'est qu'à la bataille de Verdun, en avril 1916, à l'âge de soixante ans, qu'il devient célèbre.

    Ce documentaire raconte la vie de Pétain : de cette bataille jusqu'à sa mort à l'île d'Yeu, en 1951. Une narration qui s'appuie sur la chronologie et pose de nombreuses questions. Comment s'est forgée la légende du " maréchal ", l'homme de la défensive, celui qui avait la réputation d'avoir gagné la Première Guerre mondiale en épargnant le sang des soldats ? Comment son prestige lui a t-il permis, un quart de siècle plus tard, de devenir le chef de l'Etat Français.

    Pourquoi ce vieux chef de guerre " anti-boche " a t-il collaboré avec les nazis ? Pourquoi a t-il balayé la République et ramené la France plusieurs siècles en arrière ? Quelle est sa responsabilité dans la Shoah ? Quelle est la part de la vieillesse et celle de l'intention criminelle dans la dérive du régime de Vichy ? Autant de questions que ce documentaire aborde sans complaisance, ni pour Pétain, ni pour la grande majorité des Français qui l'ont soutenu.

    Source: France 3

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    DISCOURS SUR LE DISCOURS, EXEMPLES

    Un grand merci à Aditya, Carina, et Yuchen (élèves des précédents semestres),
     qui ont accepté de partager leur travail


    EXEMPLE N°1: ADITYA
     
    Chers amis!
    Je suis ici pour vous parler d’un discours sans égal, un discours qui a gagné une guerre, un discours qui a changé l’histoire.
    Le soir du 18 juin, 1940, le général Charles de Gaulle a diffusé à la radio un appel à la résistance. La France venait de capituler devant l’Allemagne sous le gouvernement du maréchal Philippe Pétain. En voyant le danger au monde entier qui viendrait de l’armistice, de Gaulle s’est mis à réunir les forces françaises et à encourager les français partout à continuer à se battre.
    Au service de ce but, il a employé plusieurs techniques rhétoriques dans un discours soutenu consistant de phrases longues et lyriques. Il commence avec un exorde qui sert aussi comme réfutation. En évoquant l’armistice de Pétain et arrachant l’attention de son auditoire, il met les conditions de l’armistice en question avec une antithèse efficace: l’armistice est non seulement une capitulation, mais un asservissement.
    Cet exorde est suivi de trois arguments, dans un ordre de force grandissante. Un appel à la raison se trouve entre deux raisons qui s’adressent à la sentimentalité, premièrement à la fierté et finalement, à ce plus fort conducteur des gens, la peur.
    L’ordre de ces arguments sert aussi un autre but. En commençant avec la fierté, l’honneur, de Gaulle invoque la noblesse de ses auditeurs pour leur plaire et les rendre bienveillants. Et avec son troisième argument, il revient à la réfutation. Dans l’addresse de Pétain de la veille, Pétain avait terminé avec une invocation de la foi dans le destin de la patrie. Quand de Gaulle a fait référence à l’intérêt supérieur de la patrie, il réfutait directement les assertions de Pétain.
    Ce discours a marché parce qu’il est bien construit. La rime, l’anaphore, l’énumération, et l’antithèse servent à plaire aux auditeurs, lorsque des appels en alternance à la sentimentalité et à la raison servent à les convaincre. Ces outils deviennent même plus importants dans la péroraison, où de Gaulle lance un appel à le rejoindre en se battant contre l’Allemagne.
    Il termine avec une exclamation vivante, qui résume ses idées dans leur forme la plus simple et la plus mémorable: “Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance !” Une exclamation qui a gagné une guerre.

    *
    EXEMPLE 2: CARINA

    Charles de Gaulle est un nom que presque tout le monde connait. Le mot “gaulle” lui-même vient du latin; on l’a traduit par “gallico”, qui veut dire (en terme moderne) “de la France”. Donc, de Gaulle est vraiment une exemple d’un homme français, courageux et fier.

    CDG est plus qu’un nom d’aéroport; pendant la deuxième guerre mondiale, quand le gouvernement officiel de la France avait choisi de se soumettre à l’Allemagne, de Gaulle n’a pas accepté ce choix, et il a construit la Résistance de la France. Son homologue, Philippe Pétain, qui était le président officiel de la France occupée, a signé un armistice avec les Allemands, un signe de faiblesse avec lequel la plupart de la France n’était pas d’accord.

    Le 18 juin, 1940, quand de Gaulle était à Londres, il a lancé un appel par radio à la république française, pour l’inspirer. Il a parlé principalement aux peuple de France, mais aussi au monde, parce qu’il voulait démontrer que la France est toujours forte. Même si de Gaulle n'a pas eu la force du gouvernement, et en fait il n'était pas en France, il a réussi à pousser les gens de France à créer une résistance.

    Le discours que de Gaulle à prononcé est bien écrit; l’usage des méthodes de rhétorique est, sans aucun doute, experte. Une chose à noter, c’est que de Gaulle a évité un exorde traditionnel. Il a commencé le discours avec une narration, ou il explique la situation dans la France. Il est possible que de Gaulle ait trouvé qu’il n’avait pas besoin d’un exorde, parce que toute la France était tendue, et il n’a pas nécessité une accroche. De Gaulle a commencé le discours en expliquant les arguments sentimentaux; que la France a de l’honneur, du bon sens, et de l'intérêt. Il a continué en développant les arguments; il a expliqué comment la France possède ces trois choses, une technique pour inspirer des sentiments de liberté dans les gens français. Dans la péroraison, de Gaulle a fini en invitant la France à le rejoindre en Angleterre, ou ils pourraient combattre les Allemands.

    Quand de Gaulle a parlé, il a associé son ton aux mots qu’il a dit. Il parle très fort dans ce discours, parce qu’il voulait prouver que la France resterait puissante et solide. Il prononce tous les syllabes de tous les mots, pour souligner ce qu’il voulait dire. Aussi, il parle lentement, car il voulait que tous les gens le comprennent, mais il utilise un ton soutenu, pour sembler intelligent et stable. Il utilise aussi les questions rhétoriques comme une figure pour convaincre le peuple.

    Après avoir écouté le discours de Charles de Gaulle, j’ai trouvé que le discours est une source d’inspiration; si j’avais vécu en France pendant ce temps, il m’aurait inspirée de me joindre à la résistance française (je peux dire maintenant que j’aurais rejoint la résistance mais je sais que ce temps était terrifiant pour toute la France, et je ne juge pas les gens français qui ne l’ont pas rejoint). Donc, je trouve que le discours qui de Gaulle a donné est efficace pour la situation.

    EXEMPLE N°3: YUCHEN

    Le discours du président en France se termine souvent par la phrase 《vive la France》. Mais comment faire vivre la France ? Aujourd’hui, je vous présente la solution de Charles de Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale.

    Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle annonce la résistance française sur la radio de la BBC. De Gaulle, un général qui allait devenir premier président de la Cinquième République, s’oppose à la capitulation du gouvernement de Pétain. Au moment où De Gaulle fait son discours, il reste au Royaume-Uni pour organiser la résistance. La population de la France et du monde est le public de son discours, dans lequel de Gaulle invite tous les français qui veulent être libres à le suivre et combattre contre l’Allemagne.

    Ce discours n’est pas organisé sur une structure classique, bien qu’on puisse trouver une structure très claire. L’exorde et les réfutations vont ensemble. Le discours commence par une évaluation de la condition en France, et cela fonctionne aussi comme une réfutation de la politique de Pétain. Puis, de Gaulle introduit son argument sur la nécessité d’y résister. Il propose une thèse que les Français n’acceptent pas l’armistice pour des raisons d’honneur, de bon sens, et d’intérêt pour le pays, et il justifie ces raisons une par une. Le discours se termine par une péroraison très forte, où de Gaulle utilise l’énumération et l’anaphore 《j’invite》pour souligner la signification de ne pas accepter la reddition.

    La figure de l’anaphore est importante non seulement dans la péroraison, mais dans tout le discours. L’anaphore 《il nous reste》et l’épiphore 《par cinq mille avions et six mille chars》renforcent des possibilités et des ressources que la France possède. 《Je dis…car…》crée un parallèle entre les trois parties d’explication et accumule l’effet émotionnel. De plus, un exemple de métaphore est 《une capitulation et un asservissement》. La question rhétorique comme 《mais les allié de l’Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?》et 《quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?》lancent un appel à la raison et font réfléchir les Français aux conséquences d’accepter l’armistice.

    La tonalité est calme. De Gaulle parle lentement et prononce chaque mot très clairement, comme s’il voulait donner le temps au public pour réfléchir et le comprendre. Il utilise des phrases courtes et le registre courant car le but du discours est de transmettre le message à tout le pays.

    A mon avis, ce discours est efficace en ce qui concerne l’encouragement du moral des Français. Il parle non seulement du côté émotionnel mais aussi de la vue rationnelle. Si j’avais vécu à l’époque, j’aurais probablement été convaincue que la France avait les ressources et la possibilité pour gagner la liberté.