POUR JEUDI
A) MONA CHOLLET, BEAUTÉ FATALE
- Qui est Mona Chollet? Et sur quoi porte son travail?
- Lire attentivement et résumer l'extrait de Beauté Fatale proposé
- + Choisissez une citation particulièrement frappante à votre avis. Pourquoi celle-ci?
- + Comme d'habitude: faire une fiche de vocabulaire (5 à 15 mots/expressions minimum)
B) MAÏMOUNA DOUCOURÉ, MIGNONNES
Regardez attentivement le film Mignonnes, de Maïmouna Doucouré (disponible sur Netflix), et faites les travaux d'écriture proposés en bas de page.
- SYNTHÉTISER
- La citation de Maïmouna Doucouré
- + Petite liste de vocabulaire personnalisée (5 à 10 mots/expressions)
- L'article "États-Unis : accusée d'exploiter les enfants, la réalisatrice française de Mignonnes se défend"
- + Petite liste de vocabulaire personnalisée (5 à 10 mots/expressions)
- La Vidéo "Polémique autour du film "Mignonnes"
- + Petite liste de vocabulaire personnalisée (5 à 10 mots/expressions)
- PRÉPAREZ VOUS À DÉBATTRE sur le sujet: "Mignonnes est-il dangereux?"
- Recommendations de méthode en bas de page…
*
PRÉLUDE: BEAUTÉ FATALE
- Mona Chollet, née à Genève en 1973, est journaliste et essayiste suisse. Depuis 2016, elle est cheffe d'édition au Monde diplomatique.
- Après une licence en lettres à Genève, elle étudie le journalisme à l’École supérieure de journalisme de Lille.
- Son travail porte sur la condition féminine, le féminisme, les médias et l'imaginaire contemporain (rapport à la réalité, imaginaires sociaux et politiques).
- Beauté Fatale, publié en février 2012 aux Editions de la Découverte, analyse les industries de la mode et de la beauté et les injonctions que ces industries produisent sur le corps des femmes. L'ouvrage dépeint les conditions de travail des mannequins dans le monde de la mode et de la haute-couture, ainsi que les modes de fonctionnement des entreprises qui produisent les représentations de ce qui est considéré comme socialement désirable en matière d'apparence et de comportement des femmes (entreprises du cosmétique, du luxe).
- En septembre 2018 parait le livre Sorcières aux éditions de la Découverte, qui établit un lien entre les sorcières de la Renaissance et de l'Époque moderne, et les femmes qui aujourd'hui refusent la maternité. Mona Chollet développe l'idée que les chasses aux sorcières du XVIe siècle et du XVIIe siècle sont un phénomène de misogynie qui se développe à la suite de la Querelle des femmes. Elle consacre une partie de son ouvrage à l'analyse de l'historiographie moderne et contemporaine, trouvant que cette dernière, qui n'établit jamais de lien entre chasse aux sorcières et misogynie, peine du coup à expliquer ce fait historique de façon convaincante. Elle trouve dans la misogynie actuelle des parallèles entre le traitement réservé aux sorcières du XVIe siècle et du XVIIe siècle et l'époque contemporaine, en particulier en ce qui concerne les volontés d'indépendance et/ou de non-maternité qui suscitent, selon elle, encore une forme d'opprobre sociale.
- Source: Wikipédia
- Écouter une émission de radio consacrée au travail de Mona Chollet ICI
- Accéder à l'intégralité du livre de Mona Chollet en ligne ICI
*
MIGNONNES (2020)
- Maïmouna Doucouré est une scénariste et réalisatrice franco-sénégalaise.
- Le film Maman(s) qu’elle a écrit et réalisé, a remporté de nombreux prix internationaux d
- Maïmouna Doucouré est née à Paris. Sa mère commerçante et son père éboueur sont venus tous deux du Sénégal, ils s'installent dans le 19e arrondissement de Paris.
- Son premier court-métrage auto-produit Cache-cache sorti en 2013.
- Son deuxième film, Maman(s), a été présenté dans plus de 200 festivals et a remporté près de 60 prix internationaux. I
- Il évoque l'histoire douloureuse d'Aïda, une enfant confrontée à la polygamie dans sa famille. Face au désarroi de sa mère la fillette décide de se débarrasser de la nouvelle femme de son père.
- Maimouna Doucouré s'est inspirée de sa vie pour raconter cette histoire.
- Le long métrage Mignonnes, sort sur les écrans en août 2020.
- Il évoque l'hypersexualisation des pré-adolescentes à travers l’histoire d’Amy, 11 ans, qui intègre à Paris un groupe de danseuses de sa génération.
- Depuis sa sortie sur la plateforme Netflix, le film fait l'objet de vives controverses aux États-Unis, accusé par la droite conservatrice de promouvoir « l’exhibition obscène des parties génitales de mineures, sollicitant un intérêt lubrique pour le sexe », alors même que le film entend dénoncer la sexualisation précoce des jeunes filles, soumises à la dictature des apparences amplifiée par les réseaux sociaux.
- Source: Wikipédia
*
Au premier plan, Amy (Fathia Youssouf).
- Lire attentivement l'article du Monde ci-dessous.
- Comment imaginez-vous ce film à partir de cette critique?
Le premier long-métrage de la réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré séduit par la force politique de son récit.
Petit
préambule, qui a beaucoup à voir avec l’histoire de Mignonnes : il
n’est pas inutile de dire un mot sur la trajectoire fulgurante de la
réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré, née en 1985. Un tel
parcours est de nature, espérons-le, à encourager toutes celles et ceux
qui pensent que le cinéma est un art inaccessible. Celle qui étudiait la
biologie après un bac scientifique rêvait de faire des films, mais sa
mère pensait que cette industrie était destinée « aux autres » : « Nous
étions trop noirs, trop pauvres, trop banlieusards », raconte
aujourd’hui la cinéaste trentenaire, alors que son premier long-métrage,
Mignonnes, sort en salle, auréolé du Prix de la réalisation au festival américain de Sundance, en février.
Mignonnes
raconte une éclosion, celle d’une préadolescente âgée de 11 ans, Amy
(Fathia Youssouf), qui se cherche entre une famille ancrée dans les
valeurs patriarcales et les nouvelles copines extraverties du collège
situé dans le Nord parisien, où la toute jeune fille vient d’atterrir.
Sa famille a en effet emménagé dans un immeuble que l’on suppose assez
proche du parc de La Villette. Entourée de sa mère (Maïmouna Gueye) et
de son petit frère, elle essaie de comprendre le monde qui l’entoure.
Pourquoi son père n’est-il toujours pas rentré du Sénégal, pourquoi les
femmes doivent-elles obéir à leurs maris comme on le répète à sa mère ?
En attendant de trouver des réponses, Amy regarde autour d’elle et
découvre, les yeux écarquillés, des filles de son âge qui répètent des
chorégraphies lascives, portent le tee-shirt au-dessus du nombril et
semblent bien dans leur peau.
Commence alors un jeu
d’approche : Amy veut faire partie de la bande et ne se laisse pas
décourager par l’accueil hautain que lui réservent certaines. Elle veut
tellement prouver qu’elle leur ressemble qu’elle va mettre les bouchées
doubles. Visionnage de danses hypersexualisées, expérimentations de
vêtements moulants (merci au tee-shirt taille 6 ans du petit frère) et,
enfin, la transformation : le jour où Amy arrive au collège moulée dans
un slim noir, les cheveux défaits, telle une mini Whitney Houston, c’est
un peu comme lorsque Olivia Newton-John débarquait à la fin de Grease
(1978, de Randal Kleiser) en bombe sexuelle, devant John Travolta ébahi.
Amy « déchire ». Un deuxième chapitre s’ouvre, aux petits airs de Bande
de filles (2014, de Céline Sciamma), version préado.
L’actrice Maïmouna Gueye est bouleversante de sobriété, dans le rôle d’une mère acceptant son sort tout en laissant implicitement sa fille explorer sa liberté. Sans doute qu’elle lui fait confiance, par-dessus tout. Surtout, la cinéaste se garde habilement de porter un jugement sur la sexualisation très explicite des chorégraphies. Lors du concours de danse en plein air où les Mignonnes se produisent, explosives, la caméra se contente de filmer les visages des spectateurs et du jury, où se lisent une multitude de réactions.
B) PENDANT LE FILM
- Constituez une liste de vocabulaire personnalisée (20 à 30 mots/expressions)
- Indiquez systématiquement
- Le genre des noms par un article (le/la, un/une)
- Le participe-passé et la construction des verbes (dir/indir, etc)
- Ex: Pleuvoir: to rain (avoir plu)
- la traduction anglaise
- Préparez-vous à discuter du film
- Comme d'habitude: comment présenter simplement ce film à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler?
- Quel(s) personnage(s), quelle(s) scène(s) vous touche(nt) particulièrement? Pourquoi?
- Notez une citation particulièrement frappante à votre avis.
- Quelles sont les trois idées majeures que vous retenez de ce film?
- Décrivez et analysez chacune des deux affiches présentées en haut de page.
- + Comment exprimer simplement la différence entre ces deux images?
- Enfin (et comme d'habitude!): ce film vous pose-t-il problème? Pourquoi, ou pourquoi pas?
*
"Dégoûtant et bien pire"?
*
Commencez à réfléchir à un sujet pour le deuxième cercle de parole (ci-dessous, une série de suggestions — mais vous pouvez proposer votre propre sujet)
- Dieudonné: provocation ou liberté d'expression?
- Comment répondre au négationnisme?
- La non-mixité choisie, exclusion ou inclusion?
- Faut-il censurer Eric Zemmour?
- Votre sujet…
VOCABULAIRE
Une Polémique
- I. − Subst. fém. Discussion, débat, controverse qui traduit de façon violente ou passionnée, et le plus souvent par écrit, des opinions contraires sur toutes espèces de sujets (politique, scientifique, littéraire, religieux, etc.); genre dont relèvent ces discussions.
- Engager, poursuivre une polémique avec qqn; aimer la polémique; faire de la polémique.
- 1. Il n'y a pas de vie sans dialogue. Et sur la plus grande partie du monde, le dialogue est remplacé aujourd'hui par la polémique. Le xxesiècle est le siècle de la polémique et de l'insulte (...) Des milliers de voix jour et nuit, poursuivant chacune de son côté un tumultueux monologue, déversent sur les peuples un torrent de paroles mystificatrices, attaques, défenses, exaltations. (Albert Camus,Actuelles I, 1948, p.258).
- II. − Adj. Qui est relatif, qui appartient à la polémique; qui se réclame du caractère de la polémique.
- Article, attitude, critique, écrit, écrivain, langage, style, ton polémique. V
- Ex: "L'attitude d'un laïque et d'un libre penseur, qui, sans préoccupation polémique, étudie le divin, est peut-être bien ce qu'il y a de plus étranger à notre goût français. (Barrès,Voy. Sparte, 1906, p.25).
- Étymologie: Emprunt au gr. π ο λ ε μ ι κ ο ́ ς [polemikos] «qui concerne la guerre», «disposé à la guerre», «batailleur, querelleur».
PRÉPARATION AU DÉBAT
- Lire attentivement et synthétiser
- La citation de Maïmouna Doucouré
- L'article
- + Petite liste de vocabulaire personnalisée (5 à 10 mots/expressions)
- Regarder attentivement et synthétiser la vidéo ci-dessous
- + Petite liste de vocabulaire personnalisée (5 à 10 mots/expressions)
- Sujet de réflexion: "Le film Mignonnes est-il dangereux?"
- préparez une réflexion structurée en trois parties :
- Introduction (pourquoi/comment le problème se pose)
- Première partie (thèse): "Oui, on pourrait dire que ce film est dangereux pour les raisons suivantes…
- Développez au moins deux arguments (tirés des documents proposés ou de votre propre expérience du film/réflection personnelle)
- Deuxième partie (antithèse): "mais non, on ne peut pas vraiment dire que ce film est dangereux, pour les raisons suivantes…
- Développez au moins deux arguments (tirés des documents proposés ou de votre propre expérience du film/réflection personnelle)
- Troisième partie: votre position personnelle
- Reformulez la question de départ et formulez ce que vous pensez réellement, le fond de votre pensée: "En fait, on devrait plutôt dire que ce film est… (vous pouvez multiplier les adjectifs ici)
- Donnez au moins deux arguments
- Conclusion:
- Résumez les différents moments de votre argumentation
- Terminez sur une question qui ouvre la discussion vers d'autres horizons.
*
MIGNONNES, LA POLÉMIQUE
"L'idée de ce film m'est venue lors d'une fête de quartier (j'ai grandi dans le 19 arrondissement de Paris), lors de laquelle des jeunes filles de onze, douze ans dansaient sur scène, comme dans les clips américains, clairement. Elles avaient des vêtements courts, transparents, avec une danse très suggestive. Et ce jour là dans le public il y avait également des mamans plus traditionnelles, d'autres qui portaient le voile. J'ai assisté à ce moment là à un véritable choc des cultures, et j'ai repensé à moi, à mon enfance, quand j'avais leur âge, et que justement je m'interrogeais sur ma féminité, sur ma construction en tant que future femme, tiraillée entre deux cultures (je suis d'origine sénégalaise et occidentale). Et j'ai décidé de vraiment me plonger dans cet âge […]. Donc j'ai rencontré pendant un an et demi de nombreuses petites filles de cet âge-là, qui m'ont raconté leurs histoires, comment elles vivaient leur transformation dans ce monde d'autjourd'hui, également à travers les réseaux sociaux. J'ai entendu de nombreux récits qui m'ont chamboulée, qui m'ont fait comprendre à quel point il était urgent que je raconte cette histoire, que je leur donne la parole avec ce film"
(Maïmouna Doucouré, France Culture, L'Invitée Culture, Aout 2020 - écoutez l'entretien en intégralité ici)
*
VIDÉO
Polémique autour du film "Mignonnes" : l'indignation à deux vitesses des États-Unis (LCI, Sept 2020)
*
États-Unis : accusée d'exploiter les enfants, la réalisatrice française de "Mignonnes" se défend
( Jérôme Vermelin, LCI, 15 sept. 2020)
POLEMIQUE
- Diffusé aux Etats-Unis sur Netflix, le film français "Mignonnes" est
accusé de faire l’éloge de la pédophilie par les internautes et une
partie de la droite américaine. Après avoir reçu le soutien de la
plateforme, la réalisatrice Maïmouna Doucouré a décidé de sortir du
silence.
Sorti en salles chez nous le 19 août dernier, où il a rassemblé un peu plus de 35.000 spectateurs, Mignonnes a été acheté par Netflix qui le propose à ses abonnés depuis le 9 septembre sous le titre Cuties. Avant même sa mise en ligne, de nombreux internautes s’étaient émus de l’affiche américaine, où l’on voyait Amy et ses camarades prendre des poses lascives. La plateforme l’avait retirée, reconnaissant qu’elle n’était pas représentative de l’œuvre, primée au Festival de Sundance.
Réactions outrées de toutes parts
Fossé culturel ? Mauvaise foi ? Toujours est-il qu’à la découverte de Mignonnes, les attaques se sont multipliées aux États-Unis sur les réseaux sociaux. Mise en ligne la semaine dernière, la pétition d’une mère canadienne qui réclame le retrait du film, a ainsi été signée par plus de 650.000 internautes.
L’affaire a pris ces derniers jours une tournure politique puisque le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley a écrit une lettre ouverte à Reed Hasting, le grand patron de la plateforme. "Netflix devrait expliquer au public pourquoi ils distribuent un film, Mignonnes, qui manifestement exploite des enfants sexuellement et met en péril le bien-être de l'enfance", réclame-t-il.
Son collègue texan Ted Cruz a lui écrit au ministère de la Justice afin qu’il ouvre une enquête "afin de déterminer si Netflix, ses dirigeants ou les individus impliqués dans le tournage et la production de 'Mignonnes' ont violé les lois fédérales contre la production et la distribution de pornographie infantile".
Face à ces attaques, Netflix affiche sa solidarité à la réalisatrice. "Mignonnes est un commentaire social contre la sexualisation des jeunes enfants", a indiqué la plateforme le 10 septembre dans un communiqué. "C’est un film primé et une histoire puissante sur la pression exercée par les réseaux sociaux et la société, de façon général, lorsqu’ils grandissent. Et nous encourageons quiconque s’intéresse à ces sujets importants à voir le film."
Silencieuse ces derniers jours Maïmouna Doucouré s’est exprimée ce lundi lors d’un panel en ligne organisé par Unifrance, l’organisme de promotion du cinéma français à l’étranger. Rappelant que Mignonnes avait été présenté à Sundance en janvier dernier, elle a expliqué que "le public qui était là avait vraiment vu que le film traitait d’un sujet universel. Ça ne parle pas de la société française. L’hyper-sexualisation des enfants a lieu sur les réseaux sociaux et les réseaux sociaux sont partout."
D’après elle, un film comme Mignonnes doit permettre "d’ouvrir les yeux sur ce problème pour essayer de le régler. Il est important et nécessaire de créer un débat et de trouver des solutions en tant que réalisateurs, responsables politiques et à l’intérieur du système éducatif".
A leur âge, elles ont vu ce genre de danses. N’importe quel enfant avec un téléphone peut les trouver- Maïmouna Doucouré, à propos des héroïnes de "Mignonnes"
Dans une interview publiée ce lundi sur le site Zora.com, Maïmouna Doucouré revient par ailleurs sur les conditions de tournage de Mignonnes, sur lesquels les élus républicains réclament des comptes. "J’ai fait en sorte de créer un climat de confiance avec les enfants en leur expliquant tout ce que je faisais et en leur parlant des recherches que j’avais effectuées avant d’écrire cette histoire", explique-t-elle.
"J’ai également eu de la chance que les parents de ces filles soient des gens engagés, donc nous étions tous du même côté. À leur âge, elles ont vu ce genre de danses. N’importe quel enfant avec un téléphone peut les trouver", ajoute-t-elle, précisant par ailleurs avoir travaillé avec un psychologue pour enfant durant le tournage. Mais aussi après "afin de m’assurer qu’elles parviennent à gérer cette nouvelle célébrité".




