COURS N°21: LA DISCRIMINATION POSITIVE: DÉBAT TÉLÉVISÉ

 

POUR VENDREDI

  • Synthétiser le prélude sur le "Communautarisme"
  • Regarder attentivement les documents sur le débat autour de la discrimination positive
      • La vidéo d'Emmanuel Macron 
        • + Pistes de réflexion:
          • Que pensez vous de l'association entre discrimination positive et patriotisme (« le visage du patriotisme français »).
          • Le champ lexical est intéressant: reconquête (x2), fermeté, tolérance zéro, politique volontariste, terrorisme, guerre civile.
          • Remarquez les gestes: quel est le message?
      • Le débat télévisé "Polonium" (30 minutes!)
        • Résumer et analyser le débat en deux temps:
          • 1) de façon chronologique (thèmes abordés, thèses défendues)
          • 2) puis de façon synthétique: questions
            • quelle est la position de chacun.e?
            • quels sont les arguments employés? 
            • merci d'étudier aussi le ton, les postures, l'"ethos" de chaque participant.e
        • Analyse personnelle: questions
          • qui trouvez vous la/le plus convaincant.e? pourquoi?
          • quels sont les arguments les plus efficaces? les moins efficaces? pourquoi?

*

PRÉLUDE:
LE COMMUNAUTARISME

En France, il est courant d’opposer l’universalisme républicain à un communautarisme qui serait le fait de minorités, le (mauvais) modèle américain multiculturaliste, menacerait notre sacro-saint « modèle républicain d’intégration ».
Dans notre pays, la notion même de minorité fait l’objet d’un rejet, la France refusant de signer les traités internationaux les mentionnant, qu’elles soient religieuses, ethniques, linguistiques ou culturelles. Elle ne reconnaît officiellement que des citoyens nationaux et des étrangers parmi lesquels sont distingués les ressortissants européens. Lorsqu’elles cherchent à se réunir, les minorités voient leurs initiatives disqualifiées et accusées de « communautarisme ». Deux Noirs ou trois Arabes qui tentent de réaliser quoi que ce soit ensemble, « complotent » forcément pour remettre en cause l’ordre républicain. Nier les minorités revient pourtant souvent à nier les discriminations. C’est ce que dénonçait Jean-Paul Sartre, pour qui le majoritaire paternaliste, qui prétend aider le minoritaire à lutter contre le racisme, est incarné par le « démocrate ». Celui-ci « a la crainte que le Juif acquière une “conscience juive” » et nie « la réalité de la question juive, il veut “l’enfourner dans le creuset démocratique” ». Il interdit au minoritaire de se penser comme tel et cherche à l’inclure de force dans l’indifférenciation de l’universel, à l’assimiler. En résumé, quand « l’antisémite reproche au Juif d’être juif, le démocrate lui reprocherait volontiers de se considérer comme juif». Le plus frappant, c’est que les « communautés » stigmatisées par l’accusation d’antirépublicanisme n’existent pas ! Une association peut regrouper des personnes noires non pas au nom d’une appartenance communautaire mais d’un même vécu : celui d’être noir en France. Par ailleurs, les termes « communautaire » et « communautariste » sont souvent confondus : le communautarisme est une démarche politique visant au séparatisme. Or, que réclament les groupes communautaires sinon l’inclusion dans la République ?
Étrangement, les regroupements communautaires ne sont pas toujours décriés, ils font même l’objet d’un double discours. Les offensives anti-communautaristes visent en particulier les personnes noires ou originaires du Maghreb. Celles d’origine portugaise, chinoise ou de confession juive – ou même les Auvergnats dont l’organisation sociale, économique ou culturelle souvent marquée par l’appartenance communautaire est très visible dans la sphère publique – sont, elles, épargnées de toute critique. A-t-on déjà entendu quelqu’un protester contre les défilés célébrant le Nouvel An chinois à Paris ? Il suffit pourtant que quelques malheureux drapeaux algériens soient brandis au même endroit pour que l’indignation soit généralisée. Quant au communautarisme le plus efficace, celui qui est blanc et masculin, qui contrôle les sphères de pouvoirs économique, médiatique et politique, et qui interdit à toutes les minorités d’accéder à ces cercles, celui-là ne semble pas déranger grand monde.
Que n’a-t-on pas entendu sur l’horrible « repli communautaire » qui menace nos banlieues ! Mais que vient faire ici un terme militaire (le repli étant la retraite des troupes) dans une histoire d’identité ? Comme Amin Maalouf l’observait : « Lorsqu’on sent sa langue méprisée, sa religion bafouée, sa culture dévalorisée, on réagit en affichant avec ostentation les signes de sa différence. » La sociologue Christelle Hamel décrit effectivement un processus expliquant les comportements de retrait observé chez certains jeunes Français d’origine étrangère qui, confrontés à l’échec social et professionnel, nourrissent une véritable « rage » à l’égard de la société et rejettent en bloc « la société, les riches, les puissants, l’État, la justice, la police, le système scolaire, les médias, tout ce qui à leurs yeux les opprime et les cantonne dans la marginalité. ». Ce processus de « ségrégation réciproque » est semblable à celui que l’on observait dans des bandes d’adolescents dans les années 1960-1970. Ce phénomène social n’a donc rien de nouveau, ni de propre à une culture « étrangère ».
Désillusionnés par le traitement que leur réserve la République, certains jeunes cherchent dans leurs origines de la matière pour se composer une nouvelle identité et des bases sur lesquelles former un groupe de confiance. La « recomposition identitaire » consiste alors à piocher dans sa culture d’origine réelle ou supposée des éléments propres à nous construire en tant que minorité, ce qui permet d’éviter les situations potentiellement discriminantes. Lors de sa visite en France en 2007, Gay McDougall, l’experte indépendante des Nations unies, a constaté dans son rapport « une ségrégation de fait » dans les banlieues les plus pauvres où les minorités visibles sont fortement concentrées, ce qui traduit l’absence de volonté de la puissance publique d’assurer le « mélange » des populations. Les offices publics de logements sociaux ont longtemps pratiqué et pratiquent encore la ségrégation. Sous prétexte de permettre aux minorités de vivre avec les « leurs », ces instances dépendant de l’État ont organisé de véritables enclaves aboutissant à la création de quartiers dénoncés ensuite comme des « ghettos ethniques». Aujourd’hui, le phénomène de gentrification modifie le visage des quartiers populaires. Les « bobos » sont de plus en plus nombreux à s’installer dans ces quartiers dont on vante les vertus « métissées ». Pourtant, leur stratégie scolaire montre que la volonté de cohabitation n’est qu’une façade : il suffit de comparer la composition sociale et ethno-raciale des écoles à celle des quartiers pour s’apercevoir que le « communautarisme » tant dénoncé n’est en réalité le fait de ceux que l’on accuse…
(Rokhaya Diallo, Racisme mode d'emploi, 2011)

*

DÉBAT:
DISCRIMINATION POSITIVE,
CHANCE OU RACOLAGE ÉLECTORAL?

Pendant la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron se positionnait en faveur de la discrimination positive; selon quel raisonnement?

"Pour les quartiers, c’est une politique je dirais de discrimination positive, que j’assume totalement. C’est-à-dire, dans les quartiers les plus difficiles, j’assume de diviser par deux le nombre d’élèves par classe en CP, CEA, et pas d’enlever un ou deux élèves simplement. J’assume de dire: c’est un terrain de reconquête absolue. Et donc si on veut , si on veut casser la déprise, si on veut justement réussir ce à quoi je crois, c’est-à-dire le visage du patriotisme français au vingt et unième siècle, le patriotisme français je ne laisserai pas le Front National le prendre. Certains quartiers se sont enfermés dans le communautarisme parce qu’on ne leur a plus permis de réussir et d’avoir de vraies trajectoires. Et donc j’accompagne cette politique de fermeté en matière de laïcité, de tolérance zéro en matière d’insécurité et de tout communautarisme avec une politique volontariste de reconquête de la République dans les quartiers qui sont les plus en difficulté. Celles et ceux qui ont sombré dans le terrorisme islamiste, et là dessus je marque une différence fondamentale sur le plan lexical, philosophique et stratégique avec François Fillon qui parle d’un terrorisme islamique. Je pense que c’est une confusion mentale grave qui nourrit le climat de guerre civile".

Vocabulaire:
  • les quartiers: 1) neighborhoods 2) tough neighborhoods (= banlieues)
  • assumer qqch: to take responsability for sth
  • une reconquête: reconquest, recapture, recovery
  • le communautarisme: "Cultural/ethnic separatism"
  • la déprise: abandonment
  • le patriotisme: patriotism
  • le visage: face
  • la fermeté:firmness
  • la laïcité: secularism
Pistes de réflexion:
  • Que pensez vous de cette association entre discrimination positive et patriotisme (« le visage du patriotisme français »).
  • Le champ lexical est intéressant: reconquête (x2), fermeté, tolérance zéro, politique volontariste, terrorisme, guerre civile.
  • Remarquez les gestes: quel est le message?
*

LE DÉBAT TÉLÉVISÉ




AVANT DE COMMENCER:


Qui est Natacha Polony?
  • Natacha Polony (née en 1975), est une journaliste et essayiste française, spécialisée dans l'éducation et les questions sociétales.
  • Elle a été chroniqueuse de télévision dans "On n'est pas couchés" sur France 2 de 2011 à 2014, et dans "le Grand Journal" sur Canal+. 
  • En 2011, elle publie aux éditions Mille et une nuits Le pire est de plus en plus sûr : Enquête sur l'école de demain, essai sur les conséquences des réformes infligées par la droite et la gauche au système scolaire et sur les risques qui en résultent, d'implosion sociale et politique et de destruction de la Nation. 
  •  Elle tient la revue de presse dans la matinale d'Europe 1 de septembre 2012 à juin 2017.
  • Pendant les débats sur la mariage pour tous, elle est favorable à l'adoption des enfants par des couples homosexuels, ainsi qu'à l'amélioration du pacte civil de solidarité, mais se prononce contre le concept de mariage homosexuel qu'elle estime « contre nature » dans un article du Figaro et déclare sur le plateau de l'émission On n'est pas couché que « le mariage, c'est l'union d'un homme et d'une femme, il se trouve que la nature fait que c'est comme ça ». 
  • Commentant son travail de chroniqueuse sur Europe 1 à la rentrée 2012, Arrêt sur images estime qu'elle livre « un regard de droite » et qu'« elle a gardé ses réflexes de chroniqueuse conservatrice ». Libération considère également qu'elle « expose ses points de vue droitiers » ; Télérama, qu'elle livre une revue de presse très « marquée à droite », ajoutant qu'elle est devenue la « chef de file, comme Ivan Rioufol ou Élisabeth Lévy, de la pensée conservatrice, voire néoréac, libérée par les années Sarkozy ». 
  • Elle a dirigé l'émission Polonium sur la chaîne Paris Première de 2015 à 2017. 
    • En juin 2017, Paris Première lui signifie l'arrêt de son émission Polonium et Europe 1 celui de sa revue de presse dans la matinale ainsi que sa participation à deux autres émissions, Médiapolis, et Le débat d’Europe Soir.
  • En 2017, elle lance une web TV baptisée « Polony TV ».
  • Se reconnaissant dans la mouvance du gaullisme et dans des idées souverainistes, elle se déclare plutôt antilibérale et favorable à la décroissance. Elle se reconnaît également comme « réactionnaire », mais « absolument pas dans le clivage gauche-droite ».
    • « Je dénie à certains le droit de juger qui est de gauche et qui est de droite, car c’est pour eux une façon de dire “dans le camp du bien” ou “dans le camp du mal”. Ils qualifient, contre leur gré, des gens comme n’étant pas de gauche, donc comme étant de droite, donc comme étant “méchants”. Ces gens ont réduit la gauche à sa définition la plus infime : un progressisme qui défend l’extension indéfinie des droits individuels. Ils ont oublié tout ce que la gauche incarne de luttes sociales, de méfiance vis-à-vis de l’accumulation de capital. Ils font des questions sociétales le seul critère, pour faire oublier qu’ils ont définitivement abandonné la problématique économique. Ils se sont ralliés au capitalisme et pas à n’importe lequel : au capitalisme financier tel qu’il existe aujourd’hui. » — Natacha Polony.

*

POLONIUM, "Discrimination positive, chance ou racolage électoral?
(Paris Première, Mars 2017)

EXERCICE: 

Regarder attentivement ce débat sur la discrimination positive
  • Résumer et analyser le débat en deux temps:
    • 1) de façon chronologique (thèmes abordés, thèses défendues)
    • 2) puis de façon synthétique: 
      • quelle est la position de chacun.e?
      • quels sont les arguments employés? 
      • merci d'étudier aussi le ton, les postures, l'"ethos" de chaque participant.e
  • Analyse personnelle:
    • qui trouvez vous le plus convaincant.e? pourquoi?
    • quels sont les arguments les plus efficaces? les moins efficaces? pourquoi?

 INTERVENANT.E.S

Malika Sorel-Sutter,
Essayiste, auteur.e d'une tribune contre la proposition Macron d'introduire la discrimination positive dans le système scolaire français

Elizabeth Levy
fondatrice et directrice de la rédation du magazine Causeur
Lire un de ses articles sur "le totalitarisme féministe" ICI

 François Lamy:Ancien Ministre de la Ville du gouvernement Ayrault (2012-2014), député de l'Essonne.


 
Louis-Georges Tin, Président du CRAN 
*

GROS PLAN:
LA NOTION DE  COMMUNAUTARISME
  • « Le communautarisme est défini par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté. » (Pierre-André Taguieff)
  • En France, le terme s'emploierait de manière péjorative et généralement idéologique pour désigner une sorte de menace qui pèserait sur la nation et les droits de l'homme, et qu'on oppose de façon équivoque autant au républicanisme qu'à la laïcité, au nationalisme, à l'universalisme ou à l'individualisme1. 
  • « Si le nationalisme est une obsession de la Nation, le communautarisme est une obsession de la communauté. » (Gil Delannoi, chercheur au CEVIPOF)
  • Le communautarisme place une communauté hiérarchiquement au-dessus des autres et exige une forte cohésion de ses membres dans la quasi totalité des aspects de leur vie. S'y ajoute une différenciation compétitive voire combattante avec d'autres entités nationales ou communautaires.
  • En France, le mot « communautarisme » était quasiment absent dans la presse jusqu'en 1994. Selon Fabrice Dhume, entre 1994 et 1995, la fréquence du terme dans les dépêches AFP est multipliée par 15 ; puis entre 2001 et 2002, la moyenne annuelle est encore multipliée par 7. Selon Fabrice Dhume, l'année 1995 correspond à l'affaire Khaled Kelkal ; et l'année 2001 aux attentats du World Trade Center à New York. Dans ces deux cas, la notion de “communautarisme” est liée à la réalité du terrorisme islamiste. Selon ce chercheur, si le terme est au départ surtout appliqué à des musulmans, il est rapidement appliqué dans certains discours politiques et médiatiques également à d'autres situations et d'autres communautés (noires, asiatiques...etc), mais quasiment toujours dans un sens péjoratif2.
  • Pour les républicains, le communautarisme remet en cause l’espace public neutre, et empêche l’individu de se définir ou de se redéfinir: une fois membre d’une communauté, il devient difficile d’en sortir.
  • Cyprien Avenel dans « sociologie des quartiers sensibles » considère que sont considérées souvent à tort comme communautaires des personnes issues de l'immigration où enfants d'immigrés. Il démontre que « plus on est pauvre, plus on est isolé socialement et plus l'univers de sociabilité se ferme au lieu de résidence ». Il parle alors de « sociabilité contrainte » pour expliquer la tendance en particulier des « jeunes de quartier » à rester ensemble. En réalité, bien qu'englobés de façon très large comme « communauté arabo-musulmane » ou « immigrés », ces groupes sont très hétérogènes, que ce soit dans leur façon de vivre l'islam (la majorité des 2e générations n'étant pas pratiquante) ou encore dans leurs origines et trajectoires sociales.
  • Si Isaiah Berlin défend une théorie où dans le cas où deux cultures se rencontrent, soit l'une cède le pas à l'autre (assimilation) soit les deux fusionnent (intégration), Gil Delannoi ajoute l'hypothèse négative : celle de la perte de la culture d'origine sans adhésion à la nouvelle culture. La ségrégation spatiale des couches populaires issues de l'immigration et les diverses discriminations (au faciès, à l'embauche, etc.) les confinant dans un espace de sociabilité réduit, ils ne peuvent accéder à la culture française, et en même temps, pour les enfants nés en France de parents immigrés, ils n'ont plus que des restes lointains de la culture de leurs parents.
  • Le terme a été critiqué pour son usage jugé tendancieux pouvant servir à légitimer un discours raciste : le « communautariste », c'est toujours l'autre, une figure pathologique composite pointée du doigt comme une sorte d'ennemi de la nation. Selon le sociologue Fabrice Dhume, l'usage de ce mot révèle une forme subtile de nationalisme: il sous-entend que la seule communauté valable serait pour lui, la communauté nationale, et que les autres communautés seraient une menace à l'hégémonie du groupe majoritaire et dominant.
  • Ainsi, si Laurent Lévy, auteur d'un ouvrage intitulé Le spectre du communautarisme, le mot « communautarisme » se définit avant tout en creux, en définissant ce que les critiques du communautarisme condamnent quand ils se servent de ce mot. Si le mot communautarisme peut rencontrer des réalités sociales avérées, ce n’est le plus souvent pas dans l’un de ces sens qu’il est employé, mais plutôt dans le sens de ceux qui condamnent le communautarisme. « Le « communautarisme » n’existe pour l’essentiel que comme figure de ce qu’il faut rejeter. »
  • De même selon Pierre-André Taguieff : « le « communautarisme » est d'abord un mot qui, dans le discours politique français depuis une quinzaine d'années, fonctionne ordinairement comme un opérateur d'illégitimation » et « le communautarisme est défini par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d'un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté ». Il avance ainsi : « Le terme « communautarisme » est utilisé, surtout en langue française (depuis les années 1980), pour désigner avec une intention critique toute forme d'ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute autocentration de groupe, impliquant une autovalorisation et une tendance à la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit « postmoderne » où l'« ouverture », et plus particulièrement l'« ouverture à l'autre », est fortement valorisée… »
  • Selon la sociologue Sylvie Tissot, le terme est constamment utilisé pour désigner des minorités ethniques ou religieuses, mais jamais l’entre-soi bourgeois, blanc et masculin qui structure largement le monde des décideurs économiques et politiques. Elle souligne également ce paradoxe : la « communauté » se voit « parée de toutes les vertus quand elle est nationale, et elle appelle une allégeance, un amour, un dévouement impérieux et exclusifs (un « bon communautarisme »). Elle devient suspecte dès qu’elle est régionale, sociale, sexuelle, religieuse, ou plus précisément dès que, sous ces différentes modalités, elle est minoritaire. ».
  • Pour de nombreux militants LGBT, il est indu de reprocher aux minorités discriminées leur « communautarisme » puisqu'elles sont précisément exclues par le groupe majoritaire. Selon Yohann Roszéwitch, ex-président de SOS homophobie: « Les accusations de communautarisme sont fréquentes de la part des opposants à l'égalité des droits. Moi je n’emploie pas le terme communautarisme. »
  • SOURCE: WIKI



*

AJOUTÉ APRÈS LA CLASSE

A) Exercice en classe, par 2:
  • Présentez brièvement les différentes personnes qui participent à ce débat. 
  • Pour chacune d'entre elles: 
    • Quelle est sa position?
      • Est-elle (plutôt) pour ou contre la discrimination positive?
    • Quels sont ses arguments?
      • Synthétiser les arguments principaux de chacun.e
      • + ses objections aux arguments des autres.
  • Avez vous repéré des moments de confrontation violente entre les protagonistes? Lesquels?  
    • Quels sont les arguments échangés à ce moment du débat?
  • En général, dans ce débat un peu confus, quels sont les arguments les plus efficaces, selon vous?
 B) Par groupes de 6:
  • Même exercice que A)
  • + synthèse et reconstitution des altercations
    • Chaque personne du groupe incarne un.e des intervenant.e.s! 
*

LES POSITIONS 

Parité: 3 femmes (contre), 3 hommes (pour) 

POUR

 François Lamy:Ancien Ministre de la Ville
    • On a des territoires (concentrations de pauvreté): problèmes d’éducation, d’insécurité:
      •  « ça tire vers le bas » (it drags you down)
    • « Il faut donner plus de moyens, tout simplement, pour essayer de rétablir l’égalité"
    • La proposition de Macron existe déjà, c’est moi qui l’ai créée: les emplois francs (5000 € par an à un chef d’entreprise s’il recrute un jeune issu d’un quartier en difficulté)
      • Réalité des choses: ça n’a pas marché (effet d’aubaine)
    • Solution: il faudrait plus de moyens
 
Louis-Georges Tin, Président du CRAN 
(Conseil Représentatif des Associations Noires)
    • L'expression discrimination positive est mal choisie
      • "Le mot qu’on a choisi en France est une manière de tuer le débat. Donc moi je crois qu’il faut dire action positive"
    • Toute politique publique est une action positive
      • « on fait ça tous les jours en France" 
        • "sur la base du genre, de l'âge, des territoires"
      • + argument d’autorité: référence à Philippe Seguin — personnalité politique de droite!)
    • Favorable aux critères ethniques:
      • « On le fait tout le temps tous les jours, simplement brusquement quand il s’agit de la question des origines, là ce qu’on fait tous les jours, on refuse de le faire »
    • Solution: "la Péréquation territoriale: donner plus aux territoires qui ont moins, et moins à ceux qui ont plus".  
    • Accusation de Communautarisme: "Est-ce que c’est un refus de la France ou est-ce que la France refuse en partie ces élèves?"
    • Une vraie discrimination positive doit prendre en compte tous les critères de discrimination: sociaux, ethniques, le monde rural, la question du genre, la question du handicap […] tous ceux qui manquent de moyens pour arriver à l’égalité

Papy, Impresario
    • Expérience personnelle 
      • "moi je travaille sur l’humain"
    • A bénéficié des politiques de soutien aux jeunes défavorisés
    • Mais mesure les limites de ces politiques ("c'est un pis-aller")
*

CONTRE

Malika Sorel-Sutter
    • Divise la société 
      • ("un poison hautement toxique pour les relations")
    • Contraire à notre « méritocratie républicaine »
    • Toutes les politiques mises en place depuis 30 ans ont échoué
      • Ex: Sciences PO: « C’est escompter vider un océan de misère avec une cuiller en argent »
      • Le vrai problème, le fond du sujet: dès l’école primaire
    • MSS universalise son expérience (j'ai réussi) 
      • " j’ai réussi, j’ai même été major de promo du MBA de Sciences PO. C’est pas génétique l’échec scolaire"
      • ≠ Le message qu'on donne en France: "vous êtes pauvres, vous êtes condamnés à l’échec et c’est la faute du gouvernement "
    • Solution: ce n'est pas une question de moyens mais d'attitude:
      • "C’est une question de société, le regard que nous avons porté sur les enfants de l’immigration, on a créé du ressentiment. Au lieu de leur dire: voilà, vous partez avec plus de handicaps que les autres, vous allez devoir faire encore plus d’efforts, mais nous allons vous y aider 
      •  Il faut rétablir '"l'apprentissage de la langue, l'autorité du maître en classe, sinon vous pouvez rien faire » (NOTER LE MASCULIN!)
      • Méritocratie républicaine : dès le plus jeune âge on aide l’enfant + on lui explique les règles à ne pas transgresser.  
Elizabeth Levy
  • PLUTÔT CONTRE
    • "moi j'aime la méritocratie" (+ contre la parité en politique)
    • La discrimination positive va créer du ressentiment, « enkyster une partie de la population dans un sentiment victimaire"  
    • Exemple des USA: Affirmative Action, conséquences: 
      • ressentiment 
      • + politiquement correct excessif (« En gros, on cherche des noirs unijambistes femmes et transgenres […] qu’on pourra pousser en avant »)
    • Problème du communautarisme:
      • "Il y a un refus de la France dans ces quartiers qui est un refus culturel""
      • "Les territoires perdus [sous la coupe d’un islam séparatiste]: ne sont pas simplement nés de la méchanceté de la France ou de la discrimination. Il y a une question d’acculturation qui ne tient pas à ces questions là.
    •  Certains (profs, ou partisans de la discrimination positive) encouragent les minorités dans une position de victime
      • « Il y a des profs qui apprennent aux enfants des fois des drôles de trucs »
      • "on a victimisé les élèves des quartiers défavorisés, on crée du ressentiment  "
    • "On va faire la promotion des arabes et des noirs. On le dit pas comme ça mais c’est ça!"
    • "Le jour où vous commencez à compter, vous n’avez plus une société, voilà!"
    • Contre les filières « passe-droit » 
      • les conventions CEP de Sciences po: 
        • des mesures « poudre aux yeux » 
        • + contraires à la méritocratie républicaine.
        • + abaissent le niveau
  • MAIS AUSSI UN PEU POUR
    • On peut mettre des politiques en place mais sans le dire 
      • mettre les "bons" profs dans les quartiers difficiles
      • Système de "prépa à la prépa" type Lycée Henri IV
    • + internats d’excellence 
  •  Solution: réintroduire de l’autorité, de la verticalité
    • « ça ne me dérangerait pas si on commençait par ces quartiers difficiles » 
    • pas du compassionel: « bouge toi les fesses »
    • pas besoin de mesures: une école digne de ce nom
      • Introduire les élèves aux beautés de la culture française
      • "arrêtons de leur dire "comment on vous discrimine mes pauvres chéris » : tout le monde a le droit à Balzac
      • "Refaisons une école à l’ancienne, à la dure, pour tout le monde"

    • Natacha Polony (plutôt contre)
      • cf dès le début intimité subliminale avec certains (Noms de famille des hommes (François Lamy, Louis Georges Tin) vs prénoms des femmes (Elizabeth, Malika)
      • Fin: assentiment avec Elizabeth Lévy
      • "Apprendre l'exigence, le respect
      •  Intervention vers la fin: 
        • LGT:: en fait ce qu’elle est en train de dire, c’est qu’il faut de l’action positive dès le début!
        • MSS: Non, c’est pas une question de moyens!
        • NP: Non, c’est pas de l’action positive, c’est le travail de la république"
    *

    ALTERCATIONS


    Natacha Polony, cheffe d'orchestre
    Exercice: regardez la vidéo sans le son. Observez les mouvements des mains 

    Alors, on va venir à tout ça parce que là vous venez de résumer l'ensemble des problèmes qu'on va pouvoir traiter parce que, c'est très important: on s’aperçoit d’emblée que, entre toutes vos façons à vous d’exprimer la question, vous parlez de choses différentes. On voit tout de suite qu’il n’y a même pas d’accord sur la notion de discrimination positive. François Lamy! C'est un serpent de mer en fait…



    Première passe d'armes entre Elizabeth Lévy et Malika Sorel-Sutter

    EL: Quand Macron propose de mettre de bons profs dans les quartiers difficiles…
    MSS: Parce qu’il y a de mauvais profs? Il faut arrêter!
    EL: Malika, Malika je vous ai écoutée…
    NP: Attendez, attendez, laissez finir Elizabeth…
    EL: Malika Malika je vais aller jusqu’au bout, on n’est pas d’accord et on est là pour ça. Alors je vais aller jusqu’au bout…
    MSS: Mauvais profs!
    EL: Oui! je ne fais pas le procès des profs, je dis que dans des territoires difficiles il ne devrait pas y avoir les profs les plus inexpérimentés


    FL: La république elle doit donner à tous, en fonction de ses origines, de…
    MSS: Mais c’est déjà le cas! C’est déjà le cas!
    FL: … de son territoire. Non ce n’est pas le cas!
    MSS: Elle donne même plus à certains territoires…
    NP: Attendez, laissez finir…
    FL: Quand vous avez un taux d’échec scolaire de deux à trois fois plus important…
    MSS: Eh bien parlons des raisons profondes Monsieur Lamy!
    NP: On va y venir!
    MSS: Ah oui il faut, parce que c’est ça le sujet.
    FL: C’est justement tout ce qui tire vers le bas.



    EL: Vous réduisez tout à une question de moyens!
    P: Mais, bien… ben… moyens humains! On a construit ces banlieues, il y a des gens qui sont là, qui sont en souffrance, dans ces banlieues, qui viennent de partout…
    EL: En souffrance!
    P: Oui ils sont en souffrance! Ben… moi… vous y…
    EL: Mais ils sont pas tous en souffrance, vous pouvez pas globaliser comme ça un problème en disant: la banlieue c’est la souffrance!
    P: Mais vous y vivez? Vous y êtes? Est-ce que vous y êtes? (poing sur la table)
    EL: J’ai grandi à Épinay sur Seine!
    P: Bon ben voilà, vous y avez grandi, sauf que…
    EL: Alors l’argument d’autorité ça marche pas!
    P: Eh ben peut-être madame, mais peut-être qu’il faut y aller, il faut peut-être y aller et il faut voir ce qui s’y vit aujourd’hui! Non mais c’est complètement aberrant ça!
    EL: Oh ça suffit! Non mais moi franchement si ça part comme ça euh…
    P: Ben non ça part comme ça! C’est la réalité! Prenez la réalité!
    EL: Vous vous entendez?
    P: Ben oui je m’entends! Et là il y a des êtres humains qu’il faut prendre en ch… qu’il faut aider
    EL: Bon d’accord pfffffffff
    P: Et sur le fronton de la municipalité, des municipalités, du commissariat de Trappes par exemple, c’est marqué Liberté, Egalité, Fraternité. La seule chose sur laquelle je peux travailler aujourd’hui c’est la fraternité.





    EL: Mais ce que veut dire Malika c’est qu’il y a un refus de la France dans ces quartiers qui est un refus culturel, que s’aveugler sur les causes culturelles qui ont été démontrées par des tas d’études aujourd’hui, c’est précisément ne pas se donner les moyens de les traiter. Je veux dire… si, vous ne pouvez pas le nier!
    LGT: Est-ce que c’est un refus de la France ou est-ce que la France refuse en partie ces élèves? C’est ça la question.
    EL: Ecoutez, vous avez passé votre temps depuis trente ans à leur dire: regardez, quelle bande de salauds, de fachos, de lepénistes, de grigous, etc
    P: Moi j’ai pas fait ça! « Vous! »… attendez, vous nous mettez dans un truc où on n’a jamais été!
    EL: Je parle à Monsieur!
    P: Ben oui bah « vous » c’est, c’est, c’est…
    EL: Mais vous vous êtes énervé mais n’empêche que je parle à monsieur, vous pouvez pas vous énerver quand je dis « vous », écoutez.
    P: Baaaaaaèèèèèèèèèh!
    EL: ça va là hein, vous me cherchez vraiment… vous cherchez vraiment des raisons de vous énerver! Je veux dire, globalement, vous pouvez soit mettre l’accent sur ce que la France a donné, à mon avis la France a donné beaucoup!
    P: Pas bien alors!
    EL: Soit vous mettez l’accent sur ce que la France n’a pas donné, eh oui, et tout le monde peut s’estimer lésé…
    FL: Mais vous voyez, c’est là qu’il y a un problème
    EL: tout le monde peut s’estimer lésé. Maintenant moi je suis pour aider ces quartiers spécifiquement sans le dire. Sans le dire!
    LGT: Pourquoi sans le dire?
    EL: Parce que, pour ne pas introduire ensuite l’idée: si vous donnez plus aux uns, ça veut dire que vous donnez moins aux autres, pourquoi?
    FL: C’est ce qui se passe actuellement!

    Le droit à Balzac!

    *

    POUR ALLER PLUS LOIN

    La diversité contre l’égalité

    CAROLINE FOUREST
    Article paru dans Le Monde du 18.01.08

    Une petite contre-révolution se prépare. Sous prétexte de lutter contre les discriminations, le président de la République souhaite inscrire la « diversité » dans le préambule de la Constitution. L’annonce est populaire. Mais a-t-on bien mesuré la portée symbolique de cette intronisation ?

    Le préambule de la Constitution de 1958 « proclame solennellement son attachement aux droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 ».

    Dès son article premier, la Déclaration des droits de l’homme affirme que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Le préambule de 1946, qui prévoit déjà l’égalité hommes-femmes, ajoute que « nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances ». C’est dire si l’égalité de tous forme le coeur de l’actuelle Constitution. Pourquoi donc vouloir introduire le mot « diversité » en plus du mot « égalité » ?

    Pour une raison technique. Au nom de l’égalité, le Conseil constitutionnel a récemment invalidé l’article 63 des lois Hortefeux prévoyant la mise en place de statistiques ethniques, dites de la diversité. N’en déplaise aux plus optimistes, ces statistiques visent moins à mesurer les discriminations et les préjugés – ces études existent déjà – qu’à permettre une véritable traçabilité des minorités, en vue d’une utilisation politique qui échappera bien vite aux savants les mieux intentionnés.

    Ces intentions politiques semblent aujourd’hui justifier de contourner l’obstacle constitutionnel en ajoutant le terme « diversité » – fruit de la tendance médiatique du moment – à la devise « Liberté-Egalité-Fraternité ». L’air de rien, ce complément amorce la victoire du droit à la différence sur le droit à l’égalité dans l’indifférence. Il nous éloigne fondamentalement de l’héritage de la Révolution française pour nous rapprocher d’une conception plus anglo-saxonne, plus différentialiste et plus communautariste. En insistant sur ce qui nous différencie et non plus sur ce qui nous rassemble. Car de quelle « diversité » parle-t-on ? Quelles sont ces différences si importantes qu’elles font de nous des êtres « variés » et non des semblables ? La couleur de peau, l’origine de nos parents ou la religion font-elles vraiment de nous des citoyens si différents que nous formerions les ingrédients exotiques du cocktail républicain ?

    L’idée semble séduire. Assurément, l’usage du mot « diversité » a le mérite de lutter contre la tentation de réduire l’« homme » de la Déclaration universelle à son expression dominante. Mais attention aux abus de langage. C’est une chose d’utiliser le mot « diversité » pour éveiller les regards, de façon positive mais transitoire, dans les médias. Par exemple, en nommant des modèles issus de minorités visibles au gouvernement ou en veillant au renouvellement des élites dans ce sens. C’est autre chose de vouloir aller plus loin en inscrivant le mot « diversité » dans le préambule de la Constitution.

    Une fois gravée, la « diversité » aura pour effet d’orienter les politiques publiques. La lutte contre les inégalités, peu payante à court terme, risque d’être abandonnée au profit d’une politique aux effets plus immédiats et plus « visibles » : celle du saupoudrage ethnique. Sans dire son nom, puisqu’il déplaît, cette « discrimination positive » masquerait alors la persistance des inégalités en profondeur.

    Personne n’est contre le fait de donner plus à ceux qui ont moins. Le seul débat porte sur les critères. Jusqu’ici, cette ambition se traduisait par la mise en place de politiques visant à corriger les inégalités sur la base de critères sociaux et économiques. En accordant par exemple des moyens supplémentaires aux zones d’éducation prioritaires. Conscient des économies que cela représente, le président envisage désormais ces compensations non plus sur la base des « territoires » mais sur la base des « individus ». Notamment en direction des individus dont la « couleur de peau n’est pas majoritaire ». Or si le critère « ethnique » devait remplacer le critère social, un fils de diplomate noir vivant dans le 16e arrondissement pourrait bénéficier de compensations et d’aides que l’on refuserait à un fils d’ouvrier vivant en Seine-Saint-Denis.

    Imagine-t-on le risque de surenchère victimaire et de ressentiment intercommunautaire que peut générer cette approche ? Sans compter le caractère contre-performant de telles mesures pour les discriminés eux-mêmes. Si un fils de diplomate noir n’a pas besoin d’aide de l’Etat pour étudier, il a besoin que le racisme anti-Noirs recule. Or la « discrimination positive » consistant à attribuer des postes en fonction de critères ethniques, indépendamment des conditions de ressources, sera vite vécue comme un « privilège ». A long terme, ce « deux poids, deux mesures » pourrait même justifier que certains Français cessent de culpabiliser et donc de déconstruire leurs préjugés vis-à-vis des minorités. Quant aux minoritaires ayant réussi, leurs qualités propres seront mises en doute, même s’ils n’ont jamais bénéficié du moindre passe-droit.

    L’effet obtenu serait donc contraire à l’effet recherché. Après des années de prise de conscience antiraciste, nous amorcerions un processus différentialiste réactivant les préjugés. A terme, le respect de la diversité pourrait même se substituer voire s’opposer à la recherche d’égalité.


    Caroline Fourest