LA
SOCIOLOGUE ET L’OURSON
C'est
une proposition faite depuis plusieurs années
que
j'ai portée durant la campagne présidentielle.
J'ai
donc demandé
à
ce que le gouvernement prépare un projet de loi
qui
ouvrira la possibilité du mariage
aux
couples homosexuels.
Septembre
Maman
-
Allo...
-
Maman !
-
Mathias, mon chéri,
est-ce
que je peux mettre ma tarte au four
et
te rappeler d’ici une demi-heure ?
-
Heu… non !
Parce
que dans une demi-heure j’ai un rendez-vous.
-
Bon alors je t’écoute…
Mais
je ne pense pas qu’on vous laissera entrer.
-
Et ben on va essayer quand même
-
Mais vous ne pourrez jamais filmer le déjeuner !
-
On ne sait jamais, Maman…
-
Mais pourquoi on ne se donne pas rendez-vous là-bas vers 12h30,
c’est
quand même plus logique !
-
Mais non, je t’ai déjà expliqué :
c’est
pour nos trucs de cinoche,
on
veut faire un plan de toi dans la rue,
un
plan de toi dans le métro,
parce
que si ça se trouve, c’est tout ce qu’on aura.
-
J’espère ne pas devenir l’héroïne du film, quand même !
-
Hé Mathias, c'est quoi ces chaussures trouées au bout ?
-
Je dois faire des courses,
-
Mathias !
-
Elles sont en train de mourir vraiment.
-
Ah non, mais attends…
-
Je vais vous débarrasser peut-être ?
-
Oui, s’il vous plaît.
-
Par ici
-
Bonjour Irène
-
Monsieur le Président de la République.
-
Bonjour
Comment
ça va ?
- Bien !
- Bien !
Bien.
Je
souhaitais que nous puissions avoir,
dans
le cadre le plus agréable possible
et
en même temps avec toute la liberté indispensable pour cet échange
une
vision de ce que nous pouvons attendre du débat qui va s’ouvrir
sur
le mariage, mais surtout l’adoption…
-
Allo
-
Allo Maman
-
Oui Mathias..
-
Je te dérange pas longtemps,
c’est
au sujet du déjeuner d’hier.
J’aurais
besoin que tu me racontes
ce
qu’il se passe lorsque la porte se ferme.
-
Quand la porte se ferme ?
Quand
la porte se ferme on nous a désigné nos places,
et
donc c’est une table où il y a peut-être une quinzaine de personnes.
Il
avait invité des sociologues, psychiatres,
psychanalystes,
juristes
pour
prendre la température, je dirais,
sur le projet de loi Mariage pour Tous.
sur le projet de loi Mariage pour Tous.
-
Tu as senti quelle était sa position ?
-
Absolument impénétrable.
Souriant
et impénétrable.
Chacun
va essayer quand même de faire passer, comme on dit, un message
avec
l’espoir que ça marquera l’oreille présidentielle.
Parce
que le projet, on l’a pas vu mais il est annoncé,
donc
c’est la fébrilité des débats jusqu’au Conseil des Ministres le 24 octobre
D’ici
là tout le monde essaye de modifier le projet le plus possible.
Une
fois qu’il est présenté, c’est ça qu’ils vont défendre à l’Assemblée.
Octobre
Bonsoir
à tous dans l’actualité ce soir
une
phrase,
une
petite phrase de quelques mots
qui
sera inscrite dans le Code Civil
et
qui va marquer l’avènement du mariage homosexuel :
le
mariage est contracté par deux personnes de sexes différents
ou
de même sexe.
Le
premier Ministre a aussi indiqué que le projet de loi
serait
adopté en Conseil des Ministres
dans
3 semaines exactement.
C’est
une révolution du droit,
et une révolution des mœurs.
et une révolution des mœurs.
Mais
dis-moi, ça s'emballe pas mal les journalistes, là ?
-
Ça y est le débat est parti.
J'ai
fait une tribune dans l'Huma,
+
la tribune signée,
+
l'interview dans le Nouvel Obs.fr,
donc
maintenant c'est parti et ça va pas s'arrêter tout de suite.
-
D'ailleurs, j'ai lu tous les articles.
-
Alors ? Qu'est ce que t'as pensé ?
-
C’est bien...
Après
je dois parfois lire plusieurs fois la même phrase pour bien comprendre...
-
Ah bon ?
-
C'est un peu…
-
C'est assez complexe, mais sur le fond, quand on n'y pense,
je
ne parle pas de choses compliquées.
-
Et bien justement, comme je t’ai dit, pour le film,
on
aimerait quelque chose de moins technique
Ouais
-
Alors, j'ai branché mon petit enregistreur.
-
Mais attends, tu veux que je te refasse un topo sur le mariage, là ?
je
l'ai fait 1000 fois !
-
Je ne comprends pas ce que tu veux.
-
C'est simple :
j'entends
partout “on va détruire le mariage,
c'est
le pilier de notre civilisation depuis la nuit des temps.”
Est-ce
que les mariages de nos ancêtres étaient les mêmes qu’aujourd'hui ?
-
Mais bien sûr que ce n’est pas du tout les mêmes mariages...
le
mariage n'arrête pas de changer.
On
peut prendre si tu veux...
Mon
arrière-grand-mère, ma grand-mère, ma mère et moi.
Mon
arrière-grand-mère est née dans une région très pauvre du Morvan,
au
petit village de Cussy-en-Morvan.
Elle
était devenue une lavandière
qui
faisait le linge dans une grande famille bourgeoise.
Je
ne connais pas tous les détails,
mais
elle a été mise enceinte par son patron,
et
le patron évidemment, non seulement il ne l’a pas épousé,
mais
il a refusé de reconnaître l’enfant.
Et
à l’époque tout femme qui était censée avoir une vie sexuelle,
et
encore pire des enfants sans être mariée,
c’était
une pute.
C’était
la honte.
Le
problème de mon arrière grand-mère,
c’est qu’elle n’était pas mariée.
c’est qu’elle n’était pas mariée.
Et
en dehors du mariage,
on
était renvoyé du côté des filles perdues.
Je
sais qu’elle a dû revenir dans son village
pour
y éduquer sa fille,
celle
que j’appelais Mémé,
c’est-à-dire
ma grand-mère à moi.
Aujourd’hui
on dirait :
“mais
un enfant n’a pas à payer pour les ”fautes“ de ses parents,
mais
à l’époque on trouvait ça normal.
Les
enfants bâtards ils étaient des parias sociaux.
Ils
étaient l’incarnation d’une transgression sociale
et
donc Mémé, ma grand-mère,
elle
a porté sa toute sa vie comme un grand fardeau.
Ma
grand-mère n’a eu qu’une idée,
c’était
de rattraper en quelque sorte la tache qu’il y avait sur sa naissance.
Alors
elle s’est mariée.
Et
le mariage ça vous donnait un statut social honorable.
Elle
fait 7 enfants.
La
dernière des 7 enfants,
c’est
Yvonne, ma mère.
Donc
Maman est tombée amoureuse de mon père
à
la fin de la seconde guerre mondiale.
Et
alors que manifestement
le mariage de ma grand-mère,
le mariage de ma grand-mère,
c’était
un mariage d’insertion sociale,
le
mariage de maman,
c’est le mariage d’amour
c’est le mariage d’amour
avec
toutes les contradictions du mariage d’amour de l’époque
parce
que quand elle a connu Papa,
elle avait déjà un métier.
elle avait déjà un métier.
Et
elle est devenue mère au foyer.
Ce
qui n’était absolument pas
dans son tempérament.
dans son tempérament.
Y
avait rien de plus emmerdant
que les trucs domestiques,
que les trucs domestiques,
s’occuper
de la maison, de la nourriture...
Elle
le faisait, mais ça ne la passionnait pas.
C’était
une intellectuelle, ma mère, vraiment.
Moi
j’arrive à l’âge adulte en plein dans l’explosion de Mai 68,
de
critique justement du mariage.
On
disait : la famille peut aussi exister en dehors du mariage.
J’avais
envoyé une grande lettre
à mes parents
à mes parents
pour
leur expliquer pourquoi
j’étais contre le mariage.
j’étais contre le mariage.
Moi
j’appartiens à la génération
qui
a voulu s’émanciper de l’obligation de se marier.
Ce
qui compte,
c’est le contenu même de la relation.
c’est le contenu même de la relation.
Le
mariage c’est se caser,
c’est
un rite bourgeois,
enfin
c’était vraiment dans ces années de révolte contre le mariage.
Je
rencontre Michel qui avait déjà 2 enfants et qui allait divorcer.
C’était
vraiment une rencontre d’amour immense qui s’est imposée à nous.
Et
on a décidé de se marier.
-
Mais je croyais que vous vous en foutiez de vous marier ?
-
Et bien oui !
On
s’est mariés pour des questions pratiques
parce
que j’étais professeur dans un collège
avec
les points de rapprochement de conjoint que j’allai gagner par ce mariage
je
pourrai travailler près de Paris, voilà.
On
a invité personne.
Y
avait juste 2 témoins.
On
était pas en habits de mariage.
Notre
2 CV a eu une contravention pendant qu’on était a la mairie.
On
montrait bien que ça n’était pas important.
Maintenant
je soupçonne qu’en fait c’était un peu du chiqué,
parce
que je crois que j’étais très contente de me marier.
Et
après avoir attendu longtemps d’être enceinte,
c’est
quand on a décidé de se marier
que
j’ai été enceinte dans le mois qui a suivi.
Je
me suis toujours dit “c’est bizarre”.
Et
tu vois Mathias, rien que cette histoire sur quelques générations
montre
que les enjeux du mariage,
le sens du mariage,
le sens du mariage,
ça
a changé.
Alors
ce qui n’avait pas changé,
c’était
qu’un mariage était toujours l’union d’un homme et d’une femme.
Tu
dois faire attention à ne pas faire un film sur ta mère.
-
Mais ça je crois qu’il va le
comprendre progressivement…
comprendre progressivement…
-
Non mais je l’ai compris,
mais
il faut comprendre que c’est aussi un film sur ma mère.
-
Tu devrais faire un film…
-
Oui je devrais faire un film ?
-
… sur la conférence de la pauvreté
qui
démarre.
C’est
en décembre, ça va, tu as le temps.
Novembre
Vous
sortez !
Mes
chers collègues l’Assemblée a été saisie hier
du
projet de loi ouvrant
le mariage aux couples de même sexe
le mariage aux couples de même sexe
qui
a été présenté au Conseil des Ministres hier matin.
Parce
qu’il se propose de modifier
à
titre principal le code civil dans ses dispositions relatives au mariage
et
celles relatives à l’adoption,
la
commission des lois de notre Assemblée débute donc aujourd’hui son étude.
Ce
texte vise à assurer
une reconnaissance républicaine
une reconnaissance républicaine
du
libre choix matrimonial
des individus qui le souhaitent
des individus qui le souhaitent
au
nom de l’égalité des droits.
C’est
une belle ambition,
d’autant
que le mariage est codifié dans le Code Civil depuis 1804
sans
que ni sa signification,
ni sa vocation ne soit explicitées.
ni sa vocation ne soit explicitées.
Je
crois que la sociologie peut apporter sa pierre à la discussion
si
elle nous incite à comprendre que nous vivons des changements
qui
s’inscrivent dans une très longue histoire.
Nous
avons vécu un bouleversement du sens du mariage.
Le
mariage n’est plus le seul et unique fondement
de
ce qu’on appelait la vraie famille.
Et
aujourd'hui, il est vécu principalement comme l'institution d'un lien de
couple.
Bonjour
à tous, ravie de vous retrouver sur LCP.
Suite
des auditions sur le Mariage pour Tous à l'Assemblée Nationale.
Les
sociologues étaient entendus par les députés de la Commission des Lois.
Des
auditions qui vont durer tous les jeudis jusqu'à Noël.
Et
le projet de loi provoque déjà la fronde de certains élus :
des
centaines de maires ont fait savoir qu'ils refuseront de célébrer de telles
unions
au
risque de se mettre hors-la-loi.
Le
mariage, ça doit être l’altérité mâle/femelle, femelle/mâle.
C’est
structurel dans nos sociétés
et ça quelles que soient les sociétés.
et ça quelles que soient les sociétés.
Il
y a toujours eu des homosexuels,
je
les respecte,
mais
de là à changer des règles structurelles de société
permanentes
depuis des siècles et des siècles,
il
y a un pas que je ne franchirai pas.
Et
puis l'actualité de ce week-end sera aussi dominée
par
les manifestations contre le Mariage pour Tous.
Les
opposants se sont mobilisés dans toute la France.
Un
mouvement anti avec une égérie haute en couleur :
Frigide
Barjot,
visage
médiatique de cette manifestation.
On
va supprimer le mariage,
on
va en imposer une nouvelle forme à tous les autres,
à
98% de nos congénères
qui
demain dans ce Code Civil,
mais
dans tous les codes français,
ne
seront plus ni homme ni femme,
ni
père, ni mère.
Merci,
nous aimons les Musulmans !
Et
maintenant je passe la parole à Lionel Lumbroso.
Il
a fondé David et Eugéna.
Il
est Juif, il est athée, il est de gauche
et
il est pour le mariage civil et la filiation PME :
Père-Mère-Enfant.
Tout
à fait, Frigide, merci.
Et
comme le disait notre camarade Camel Bechikh,
je
suis ici aussi pour témoigner
que
ce mouvement est trans-religion, trans opinion politique.
Je
suis juif et athée
et
lorsque le grand rabbin de France Gilles Bernheim
le
premier comme voix majeure
s’est
élevé en publiant un très beau texte de 25 pages,
je
n’ai rien trouvé à y redire, tout m’a parlé,
et
notamment sa conclusion qui disait
“Je
veux vivre dans une société
où
ce qui se joue d’extraordinaire dans la rencontre d’un homme et d’une femme
continue
d’être institué par une institution
et
un mot bien particulier.”
Oui,
Mathias.
Ton
père dort déjà.
Y
avait du monde à ces manifs, non ?
-
Mais ouais y avait du monde
-
Et ils avaient l’air comment, ces gens ?
-
Ils avaient l’air…
y
avait des familles, pas mal d’enfants…
Mais
demain j’irai voir la manif des autres,
des
intégristes.
-
Ah oui ça va être gratiné, ça.
Mais
je ne veux pas parler trop longtemps
parce
qu’il y a Michel qui dort à côté de moi.
Bon.
Je te fais des gros bisous, Mathias.
-
Je te rappelle demain pour te poser ma question !
-
D’accord, d’accord.
Embrasse
Violaine, Ciao.
La
France a besoin d’enfants, pas d’homosexuels
Alors
je me demandais :
pourquoi
ça arrive maintenant
que
les homosexuels revendiquent le mariage ?
Alors
il faut revenir dans le passé.
Quand
le mariage était l'institution donc de la famille,
que
faisaient les homosexuels ?
Autrefois
les homosexuels se mariaient avec une personne de l’autre sexe.
Avaient
des enfants.
Connaissaient
les joies de la transmission et de la paternité ou de la maternité
et
leur vie sexuelle ils la vivaient secrètement en dehors.
Ils
avaient une double vie.
Et
puis ma génération, la génération du Baby Boom,
ça
a été celle de la sortie du placard.
Fierté
Gay
Mais
en même temps justement on cessait de faire une famille,
de
se marier, d’avoir des enfants
et
puis d’avoir une double vie.
Mais
c’est l’histoire d’une génération.
Parce
que ça n’allait pas durer que 5 ou 10% de la population
qui
est à peu près la proportion d’homosexuels dans une société,
n’ait
pas d’enfants.
Ça
n’a jamais été des personnes stériles,
ça
n’a jamais été des personnes insensibles
aux
joies de la paternité ou de la maternité.
Ça
n’a jamais été des personnes insensibles
au
fait qu’on est des mortels
et
que par les enfants on transmet quelque chose
qui
va vous survivre.
Et
ce qui devait arriver arrive.
Le
désir de paternité ou de maternité qui a été refoulé le temps d’une génération
est
revenu.
C’est
normal, c’est logique.
Simplement
il est revenu en disant :
“Etre
père ou être mère, pourquoi renoncer,
et
pourquoi pour autant se cacher ?“
Décembre
Favorables
à 60% au mariage, pourquoi des débats si passionnés,
est-ce
que la France est homophobe ?
Alors
je dirais : « Non,
la
France n’est pas homophobe.
tous
les moins de 50 ans…
Donc,
il y a un problème générationnel.
Tous
les moins de 50 ans sont très favorables.
Il
y a un vrai changement
de
notre pays
sur
l’homosexualité. »
Bien
sûr si on dit :
“Voilà,
ça a toujours été l’union d’un homme et d’une femme”,
tout
à coup ça peut devenir l’union de 2 hommes, l’union de 2 femmes,
on
a l’impression que c’est un séisme.
Mais
si on dit “attention,
très
progressivement le mariage est devenu l’union d’un couple”
et
au fond nous avons institué un couple de même sexe il y a 13 ans.
Est-ce
que ça a supprimé la différence des sexes ?
Pas
du tout.
De
même on a appris à penser aussi aux autres pays.
Regardez
l’Espagne.
Des
pays qui ont été très bouleversés il y a 7 ans ou plus,
et
aujourd’hui personne ne veut revenir en arrière.
Donc
je crois que nos concitoyens sentent ce mouvement.
Et
pour ceux qui se posent des questions,
en
particulier sur la filiation, sur l’adoption,
sur
la procréation assistée,
il
faudra effectivement continuer d’apporter des réponses,
ne
pas sous-estimer le trouble qui existe,
mais
apporter des réponses qui rassurent,
qui
montrent qu’on peut s’entendre sur ces sujets.
Je
t’ai présenté ?
Irène…
Voilà
Éric, mon futur mari, mon futur époux,
le
futur papa légal…
-
Depuis le temps que je lui dis que je voulais vous rencontrer.
-
Et bien voilà, ça s’est fait en manifestant.
-
Ça me fait très plaisir.
-
Mais moi aussi, merci
-
Et qu’est-ce que vous avez fait du petit ?
- Il est avec des amis. Là-bas.
-
Viens !
-
Voilà Bartholomé…
-
Bonjour
-
Ça t’impressionne, hein, bonhomme ?
-
Ah c’est impressionnant !
-
Y a un monde fou !
-
Bonjour Bartholomé.
Y
a plein de monde,
tu
te demandes ce que c’est tout ce monde.
La
Ministre de la Famille Dominique Bertinotti était sur notre antenne ce matin,
Elle
insiste sur le besoin de sécurité juridique des enfants
qui
vivent déjà dans des familles homoparentales, écoutez :
«
Cette loi, je tiens à le dire, est une avancée pour tous,
et
va permettre la sécurisation juridique de nombre d'enfants
qui
vivent déjà dans des familles homoparentales »
-
Frigide Barjot, vous en faites quoi de ces enfants
qui
vivent déjà dans des familles homoparentales ?
-
J'en fais qu'effectivement il y a certainement des lacunes et des
revendications
qui
sont parfaitement légitimes,
mais
y a pas besoin de changer tout le code civil pour ça.
On
peut partager l'autorité parentale,
on
peut la déléguer…
Maintenant
il y a des enfants qui sont faits dans des couples homosexuels
avec
un donneur anonyme de sperme,
et
c'est le conjoint qui demande à avoir une parenté, une filiation.
Et
bien nous pouvons donner des droits équivalents sans transmettre la filiation
parce
qu'un enfant, cher ami,
n'est
pas né de 2 hommes,
ni
de 2 femmes.
Maman
!
Alors
j’ai une nouvelle question à te poser,
est-ce
que tu as un petit peu de temps à m’accorder ?
-
Pas très longtemps parce que ton père est allé acheter,
je
sais pas quoi, des yaourts Mamie Nova au chocolat et du poisson pané,
pour
les filles,
et
quand il va rentrer je serai toujours en pyjama
et
il va m’engueuler et tout ça.
-
Donc il est pas là.
-
Il est pas là.
-
Donc profitons-en !
-
Oui mais pas longtemps !
-
OK. Donc j’ai une question toute simple, c’est :
comment
est-ce qu’on fait les bébés ?
-
Comment est-ce qu’on fait les bébés ?
Alors
on les fait d'abord à l’ancienne sous la couette.
Cette
méthode marche encore pas mal,
on
fait encore beaucoup des enfants en faisant l’amour, ça c’est sûr.
Après
y a la question des bébés qu’on fait
pour
résoudre des problèmes d’infertilité divers et variés
en
séparant la sexualité et la reproduction.
-
Attends, on va reprendre au tout début.
Depuis
toujours les hommes ont fait des bébés,
et
depuis toujours ils ont eu des problèmes pour en faire.
Ça
n’arrivait pas quand on voulait…
Parfois
ça n’arrivait pas du tout.
Ce
n’est pas pour rien que dans toutes les religions traditionnelles,
y
a des prières à des déesses de la fertilité, par exemple.
Si
on remonte au Moyen-Âge,
quand
un couple n’arrivait pas à faire un enfant,
il
y a toujours eu des solutions sociales,
qui
étaient secrètes mais qui étaient quand même connues
qui
consistaient à avoir un enfant d’un autre homme
en
le faisant passer pour un enfant du mari.
De
même des dons d’enfants se faisaient,
parce
qu’il y avait beaucoup d’enfants non voulus dans le passé.
On
avait 8 enfants et le 9e on le donnait à une sœur, à une voisine
qui
elle était en mal d’enfants, comme on disait.
Alors
tout ça était tout à fait interdit,
mais
ça se faisait dans le secret.
Et
puis au 18e siècle,
il
y a l’invention de l’insémination artificielle.
Un
chirurgien écossais en particulier est connu pour avoir inventé cette méthode.
On
a plusieurs récits qui vous racontent les premières fois
que
l’on a pris du sperme dans une canule,
qu’on
a injecté pour que le sperme imprègne un utérus
et
que sans rapport sexuel une fécondation soit produite.
Dès
la fin du 19e on sait que ça a été utilisé
mais
non pas avec le sperme du mari
mais
avec celui d’un donneur.
Un
chirurgien de Philadelphie a raconté
comment
il a imprégné une femme avec le sperme,
non
pas de son mari,
mais
d’un étudiant en médecine,
et
oh surprise le mari était enchanté de ce subterfuge
qui
lui a permis d’avoir un garçon
dont
tout le monde était sûr qu’il était son fils.
Tout
le 20e siècle, cette insémination artificielle s’est pratiquée de façon un peu
clandestine
dans
les cabinets des gynécologues
parce
qu’elle était condamnée par l’Église,
et
en France par l’académie des sciences morales
qui
considérait que c’était une façon d’introduire
une
sorte d’enfant adultérin dans la famille.
C’était
une pratique immorale.
C’est
devenu légal
parce
que il y a eu un changement au fond.
C’est
qu’on a inventé une nouvelle technique :
la
cryoconservation du sperme.
Donc
le grand changement c’est les banques de sperme au départ
parce
qu’elles permettent de faire la même chose qu’avant,
mais
en dissociant le moment du don de sperme
et
le moment de son usage.
C’était
plus l’homme caché dans la pièce d’à côté,
c’était
des dons recueillis,
tout
un stock de paillettes congelées
qu’on
pouvait analyser,
étudier
pour voir s’ils elles transmettent pas des maladies
et
puis surtout anonymiser.
Alors
là je ne parle que de l’infertilité masculine.
L’infertilité
féminine, ce qui a fait vraiment changer les choses,
c’est
la fécondation in vitro.
Tout
se passe dans une éprouvette
par
la rencontre d’un ovule qu’on a prélevé
et
d’un spermatozoïde qu’on met en contact avec cet ovule.
Ensuite
une fois que l’embryon est fabriqué,
on
va le transférer dans l’utérus,
et
on va espérer qu’il s’implante
parce
qu’on ne sait pas l’implanter de force.
Une
femme qui ne peut pas porter d’enfants, ça existe aussi.
Ce
sont des femmes qui peuvent très bien faire des embryons
mais
qui ne peuvent pas les porter parce qu’elles ont un utérus anormal
du
fait par exemple d’un traitement qu’a pris leur mère,
le
Distilbène,
ou
à la suite d’un accident.
Dans
ces cas-là il faut recourir à une gestatrice pour autrui.
Alors
ça existe dans d’autres pays
mais
en France c’est toujours interdit.
Donc
les méthodes assistées par la médecine
ont
fait progresser à la fois la lutte contre l’infertilité
et
on permet d’inventer je dirais, ou de largement développer
une
nouvelle façon de mettre des enfants au monde
par
la coopération d’un couple et d’un tiers donneur ou donneuse.
D’accord.
Moi
je suis issu de la méthode traditionnelle ?
Oui
Monsieur.
Mais
c’est pas des choses dont on parle avec ses enfants.
Parce
que Michel vient de rentrer, je peux te dire qu’il faut que…
-
Qu’il faut ?
-
Qu’il faut que j’arrête de téléphoner, que j’aille m’habiller !
Janvier
...
Vous pouvez toujours conserver le regard obstinément rivé vers le passé,
et
encore, en regardant bien le passé,
vous
trouverez des traces durables de la reconnaissance officielle,
y
compris par l’Église,
de
couples homosexuels.
Vous
avez choisi de protester contre la reconnaissance des droits de ces couples,
c’est
votre affaire.
Nous,
nous sommes fiers de ce que nous faisons.
Et
nous sommes si fiers de ce que nous faisons
que
je voudrais le définir par les mots du poète Léon-Gontran Damas…
Mariage
pour Tous : le marathon a démarré à l'Assemblée.
2
conceptions radicalement différentes de la famille
se
sont affrontées dès l'ouverture des débats.
-
France Inter
C'est
la réforme sociétale la plus importante
depuis
l'abolition de la peine de mort en 1981,
Christiane
Taubira la Garde des Sceaux a donné le coup d'envoi de ce marathon,
on
l'écoute :
Nous
avons donc décidé d'ouvrir ce mariage
et
cette adoption aux couples de même sexe.
Nous
sommes fiers de ce que nous faisons.
Le
texte occupera les députés jour et nuit week-ends inclus jusqu'au 12 février.
Pour
retarder les débats,
la
droite et l'extrême droite ont déposé 5000 amendements.
Pour
le moment, on n'en est pas là, c'est la discussion générale.
Dès
1804,
Napoléon
Bonaparte n'a-t-il pas dit au moment de la rédaction de ce code :
"les
lois sont faites pour les mœurs et les mœurs varient.
Le
mariage peut donc être soumis au perfectionnement graduel
auquel
toutes les choses humaines paraissent soumises."
-
Il faut l'homme et la femme, le père et la mère
pour
engendrer et guider l'enfant sur le chemin de la vie.
Oui
c'est une loi de la Nature,
une
loi qu'aucune communauté humaine ne peut abolir.
-
Vous revenez à l'époque des Lamarck,
avec
l'évolutionnisme,
vous
revenez à l'époque de Mendel !
Y
a une fascination sur le naturel,
sur
le biologique, sur le génétique,
mais
y a longtemps que les Lumières
ont
imprégné la réflexion philosophique, scientifique.
Y
a longtemps qu'on sait ce qu'est l'environnement social,
et
puis vous êtes là,
vous
en êtes encore à la vénération des lois de Mendel,
Mendel
qui travaillait quand même sur les petits pois !
-
Vous vous placez exclusivement sur une définition culturelle.
Nous
pensons que la solidité de la société,
et
la solidité de la famille va mieux avec une définition ordinaire.
-
Mais faut-il ignorer les changements de société ?
-
Notre modèle familial a implosé.
1
enfant sur 2 nait hors mariage.
1
enfant sur 4 ne vit pas avec ses deux parents.
La
majorité des couples s'établissent en dehors de toute règle préalable.
Les
Françaises et les Français ont rejeté le modèle familial unique.
Ils
revendiquent, ils exigent,
la
reconnaissance de la diversité des modèles familiaux,
tout
en assurant l'égalité des droits
et
des devoirs
de
toutes les formes de famille.
Prenez-en
de la graine,
avec
cette loi qui n’enlève rien à personne !
Au
fond ce que je retiens de l’intervention de Mme Taubira,
à
la fin où il y avait de la matière,
et
de l’intervention de Mme Bertinotti,
tout
le long, mais c’était pas beaucoup plus rassurant,
c’est
tout de même une approche essentiellement dogmatique,
symbolique.
Je
l’avais dit en commission,
mais
vraiment ça me fait penser aux Monty Pythons La vie de Brian ,
la
revendication pour le principe,
et
si le principe ne correspond pas à ce qui est raisonnable,
tant
pis, on va le revendiquer
parce
que c’est le symbole de notre lutte contre impérialisme.
Peut-être
que la loi de la République mérite mieux que les Monty Pythons.
-
C’est quoi une famille ?
-
Une famille,
c’est
autant qu’il est possible un homme une femme,
il
peut y avoir ensuite les accidents de la vie,
qui
se projettent dans la durée
et
qui, quand ils le peuvent,
portent
un projet familial et un projet parental.
-
Moi j’élève mon fils avec mon copain
et
j’ai l’impression que je suis une famille, donc...
-
Oui, vous m’avez interrogé,
je
vous réponds sur ce que je considère être un modèle de famille
parce
que si on a plusieurs modèles,
à
un moment tout se vaut rien ne se vaut.
Pour
autant je respecte les situations qui existent.
Ce
sont des situations auxquelles il faut trouver des réponses juridiques,
qui
pour autant..
-
Est ce que vous pensez que je suis une famille avec mon copain et mon fils ?
-
… qui pour autant ne doivent pas être érigées en tant que modèles.
Donc
est-ce que vous êtes un modèle familial ?
Non,
parce que j’ai une vision simple et ordinaire du modèle familial.
Est
ce qu’il y a de fait une famille ?
Si
vous l’entendez comme cela,
je
ne me sens pas de droit de vous le retirer.
-
Y a pas un modèle de famille,
que
ça soit hétérosexuel ou…
-
Il y a un modèle
et
il y a une diversité de situations.
Les
situations peuvent et doivent être respectées,
traitées
même avec d’autant de solidarité et d’attention
quand
elles sont plus difficiles.
Elles
ne sont pas modèles pour autant.
Dans
le modèle traditionnel du 19e ou du début du 20e siècle,
l’idéal,
c’était que :
les gens doivent être mariés.
les gens doivent être mariés.
Mais
ces gens qui sont mariés,
l’idéal
c’est qu’ils aient bien fait en effet l’enfant tous les deux ensemble,
qu’ils
soient tous les deux géniteurs.
Et
ces deux parents doivent aussi être ceux qui élèvent l’enfant dans leur maison.
Ils
ne doivent jamais se séparer,
ils
doivent toujours élever leurs enfants ensemble.
Mais
plus on creuse dans les familles,
plus
on s’aperçoit qu’il y avait un ensemble de secrets impressionnants.
Des
filles qui avaient été enceintes trop jeunes,
dont
on avait caché les enfants,
qu’on
avait quelquefois forcé à avorter,
y
avait des incestes, y avait des séparations…
Je
pense qu’il y avait beaucoup plus d’opposition entre la façade et
l’arrière-cour qu’aujourd’hui.
Et
donc quand Monsieur était stérile,
Madame
avait recours au facteur et on planquait tout.
-
Et dans le cas où un enfant n’était pas l’enfant biologique,
les
mariés étaient quand même les parents ?
-
Oui bien sûr !
On
pensait qu’on ne pourrait jamais lever ce qu’on appelait le mystère de la
paternité.
On
croyait que c’était un mystère à tout jamais,
et
donc on disait que ce mystère est tranché par le statut du mari.
C’est
la présomption de paternité.
Dans
le code civil il est inscrit :
“l’enfant
conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari”
Donc
seul le mariage fait la famille,
c’est ça qui est le plus important,
c’est ça qui est le plus important,
et
ce qui était valorisé, c’était le sang, les liens du sang.
-
Et même dans le cadre de l’adoption à cette époque-là ?
-
Alors l’adoption il faut savoir que pendant très longtemps,
l’adoption
des enfants jeunes, ça n’existait pas.
Ça
date du 20e siècle, même des années 30.
Au
début quand on a commencé à organiser l’adoption d’enfants,
on
pensait que pour qu’ils soient vraiment vos enfants
et
pour que vous soyez vraiment ses
parents,
il
fallait faire comme si ils étaient vos enfants biologiques.
Et
c’est le là que date cette obligation juridique :
on
détruit l’acte de naissance de l’enfant
et
on le remplace par un nouvel acte de naissance,
comme
s’il venait de naître.
À
l’époque on considère que c’est dans l’intérêt de l’enfant,
ce
qui paraissait le plus indestructible, c’était le lien de sang,
donc
on faisait comme si on avait un lien de sang.
Depuis
les mœurs ont changé,
par
exemple un enfant adopté,
on
ne lui cache plus qu’il y a eu adoption.
On
a compris que ce n’était pas une bonne chose de mentir de raconter des cracks
et tout ça,
on
a permis aux enfants d’avoir accès à leurs dossiers,
On
n'est plus dans le modèle unique du 19e siècle.
qui
pour garantir l'honneur de la famille
était
amené à mentir parfois sur la filiation.
L'important
c'est d'être authentique, c'est d'être vrai.
L’être
humain,
il
a toujours eu besoin de grandir dans la généalogie
pour
se connaître, pour se construire,
pour
avoir des repères.
Nous
ne voulons pas d’une loi qui prive l’enfant délibérément
d’un
père ou d’une mère !
-
Il faut sourire ouais !
Non
à cette loi Taubira !
Faites
bouger les drapeaux !
L’enfant
à besoin d’un homme et d’une femme pour exister,
l’enfant
à besoin d’un père et d’une mère
pour
grandir en tout équilibre.
Il
n’existera pas un Georges né d’un Albert et d’un Victor,
c’est
un mensonge !
Papa
+ maman, y a pas mieux pour un enfant !
...Il
y a énormément de monde !
Aujourd'hui
je veux dire devant tout le monde
que
nous avons à peu près mobilisé plus d'1 million de personnes à Paris.
Voilà.
Je dis le chiffre.
Où
est la caméra ?
Là
?
1
million de personnes se sont mobilisées
dans
la joie et dans l'amour des homosexuels.
Nous
avons été archi nombreux.
-
Vous prévoyez une nouvelle mobilisation si le proj...
-
Mais bien sûr, si le Président ne bouge pas,
je
vous assure que nous sommes archi mobilisés
et
que là vous avez vu simplement la base émergente de l'iceberg.
-
Je pense qu’il y a un portable à vous ici.
-
Ha oui,
bonsoir
-
Bonsoir, c’est Irène Théry,
on
s’était vues à la mairie du 4e
-
On s’était vues à la mairie tout à fait.
J’espère
qu’on va continuer à débattre et à dialoguer
-
Ben moi aussi…
-
Il y a plein de gens qui ne comprennent pas
-
Oui ça c’est sûr, vous ne les aidez
pas beaucoup à comprendre.
pas beaucoup à comprendre.
-
Mais si…
-
Quand vous leur expliquez qu’il n'y aura
plus de pères, plus de mères…
plus de pères, plus de mères…
Continuez
comme ça,
ils ne comprendront pas…
ils ne comprendront pas…
-
Vous savez très bien que c’est le cas juridiquement.
-
Ben sûrement… mais non !
-
L’acte de naissance qui efface la mère,
ce n’est pas possible.
ce n’est pas possible.
-
Mais bien sûr que non…
-
Bon allez on continue...
-
Mais continuez à désinformer…
-
Je désinforme pas...
-
Vous affolez les populations avec des mensonges.
-
Il n’y avait aucun affolement je vous assure,
y
avait une vraie fête, une vraie joie.
-
Dites qu’on va enlever le nom de la mère dans l’acte de naissance,
continuez
à dire ça.
-
Mais c’est vrai !
-
C’est faux, c’est juste faux !
C’est
un mensonge !
C’est
un mensonge ! On ne l’enlève pas.
-
Si on ne l’enlève pas, donc il y aura 3 parents.
-
De quoi vous parlez ?
-
Si dans l’acte de naissance, on n’enlève pas la mère
et
qu’un enfant est issu de deux hommes,
il
y aura 3 parents,
C.Q.F.D.
-
Vous parlez de quoi de l’adoption ?
-
De l’acte de naissance,
-
Et bien dans l’acte de naiss...
-
Mais que ça doit de l’adoption, de la PMA ou de la GPA
il
faut des parents biologiques et des parents sociaux.
-
Bah oui personne...
-
D’où viennent les enfants ?
-
Les enfants viennent des deux sexes, et ça va continuer.
-
Très bien, Irène, je vous propose une chose,
que
dans la loi ça soit inscrit.
Je
vous souhaite une bonne soirée.
-
A vous aussi parce que vous devez être fatiguée, moi ça va.
-
Vous ça sera le 28, c’est ça ?
-
Allez à bientôt.
- Au revoir.
- Au revoir.
Je
suis un petit peu déprimée, mais par la situation...
Ces
gens qui sont sûrs de leur bon droit,
alors
que moi je n’arrive pas à faire passer mes idées…
Enfin
aujourd'hui j'ai un petit coup de barre
mais
c'est peut-être parce que j’ai fait beaucoup de choses,
en
plus chaque fois des trucs tendus.
À
Assas, avec les gens d'extrême droite,
chez
les notaires, où c'était pas gagné d'avance.
On
se rend compte qu'il y a un énorme chemin à faire.
-
Oui c'est surtout Barjot.
elle
explique toujours le même truc, elle dit :
"l'amour
homosexuel, pas de problème,
les
enfants pour les homosexuels, pas de problème,
le
seul problème c'est qu'il y ait marqué "papa + papa",
c'est
qu'on dise qu'un enfant est né de 2 hommes.
-
Mais de ce point de vue là, elle exprime le cœur de l'opposition !
Parce
que pour eux, les vrais parents,
c'est
les parents biologiques, tu comprends ?
C'est
pour ça qu'ils veulent mettre leurs noms dans l'état civil de l'enfant. Tu vois
?
-
Nan mais si tu fais, y a aussi une solution...
-
Mais je ne suis pas pour ça ! Je ne suis pas... parce que eux ils veulent dire
au fond...
-
et attends !
-
Non mais c'est très important que tu comprennes ça, Mathias !
-
Je sais, mais tu crois pas qu'on peut faire un truc où on est un peu
transparent,
où
on assume tout, c'est-à-dire qu’on dit :
"les
vrais parents, c'est ceux qui ont voulu l'enfant,
ils
ont fait appel à un donneur.
Et
le donneur reste à sa place de donneur.
-
Et ça ne peut pas être écrit ?
-
Mais c'est... mais bien sûr que si !
- Ben voilà !
- Ben voilà !
-
C'est ce que je dis,
c'est
ce que j'ai défendu à la fin de Des humains comme les autres ,
j'ai
même montré la formule, mais...
-
Donc ça veut dire juste : transparence.
-
Non !
-
Ben pourquoi ?
-
Parce que y a deux façons de concevoir la transparence, il faut trancher.
Ma
transparence c'est pas la transparence de Barjot
qui
va vouloir dire que Mme Machin est la donneuse et donc c'est la vraie mère,
que
le donneur de sperme est le vrai père.
Pour
eux, les vrais parents c'est les biologiques,
et
puis y a les éducateurs,
c'est
comme des sortes de beaux-parents, c'est ça qu'ils disent !
Et
moi ce que je dis, c'est que les parents c’est le couple d’intention en quelque
sorte
et
ce n’est pas le donneur.
Le
donneur c'est un donneur, point barre.
-
Et bien alors qu’est-ce qu’on écrit dans l’acte de naissance ?
-
Les noms des parents intentionnels,
ceux
qui ont voulu l’enfant et qui vont l’élever.
L’identité
des donneurs reste dans le dossier médical
et
on mentionne qu’il y a eu un don d’engendrement pour arrêter de le cacher.
-
Alors il suffit d’expliquer à Barjot que...
-
Mais il ne suffit pas, Mathias !
ce
n'est pas qu'ils n’ont pas compris, c'est une bagarre !
C'est
une énorme bagarre !
Février
Cette
course ne s’arrêtera pas en chemin.
Les
couples d’hommes ne manqueront pas d’exiger le droit à la gestation pour
autrui,
beaucoup
la réclament déjà
et
certains n’ont pas hésité à y recourir à l’étranger.
Puisqu’on
ne cesse de parler d’égalité,
donc
on ira chercher l’égalité entre les femmes lesbiennes et les homosexuels hommes
et
pour bon nombre de parlementaires ici
c’est
une vision de la société que nous récusons.
Car
premièrement on ne peut réduire la femme essentiellement à son ventre
et
on ne peut toujours pas se résoudre à ce qu’un utérus soit loué
voire
prêté ou négocié.
On
nous propose des enfants en solde !
Le
coût normal c’est 12 000 mais là ils font une promotion c’est 9900 !
On
nous propose des enfants pour lesquels on prévoit un coût de gestation,
un
coût d’avortement, si le projet parental est interrompu,
voila
ce qui figure sur le net.
L’humain
oui, l’humain mes chers collègues,
va-t-il
entrer dans la catégorie des biens de consommation commercialisables ?
Cela
est inacceptable !
-
Qu'est-ce que vous faisiez à l'Assemblée ?
-
Ben la dernière fois on avait surtout eu les discours
et
là on voulait avoir les discussions,
mais,
la droite fait de l'obstruction...
-
Ouais !
-
Et donc c'est interminablement la même chose :
la
droite prend la parole, dit "PMA, GPA",
et
la gauche dit "faux, hors sujet",
et
on passe au suivant.
mais
ça dure des heures !
-
Je n'ai pas été voir,
je
suis en train de rédiger pour Le Monde une réponse à Sylviane Agasinski,
donc
c'est une grosse échéance pour demain midi,
et
là nous sommes en train de venir à Paris.
On
va prendre notre tgv avec Michel,
je
suis dans la voiture mais je ne conduis pas.
-
Oui...
-
Je viens d'avoir un coup de fil de la productrice de Naitre Père,
le
film sur la GPA...
-
Oui !
-
Je pensais que vous voudriez peut-être venir à la première...
-
Mouais…
-
Vous pourriez venir filmer ?
-
Je suis pas sûr que ce soit intéressant pour notre film...
-
Ah bon ?
-
Ouais, et puis on ne sait pas encore si on parlera des mères porteuses,
ou
comment…
-
Mais c’est une question d'une minute dans ton film si ça t'intéresse…
-
Oui, mais, j'suis désolé Maman...
-
Ah écoute Mathias : vous faites le film que vous voulez,
je
peux quand même donner mon point de vue sur tout ça.
Je
t'ai vu filmer pendant 4 h des entretiens avec des journalistes,
tu
fais des images, tu fais des images,
tu
peux en faire aussi sur le sujet où je pense que...
c'est
pour moi important.
Le
cinéma n'est pas simplement un enregistreur de la réalité,
il
joue un rôle dans le sujet dont tu traites.
Et
je trouve qu'il joue un rôle énorme.
Qu'en
ce moment ce qui fait changer,
c'est
les témoignages de gens filmés, c'est les...
-
Je sais,
tu
as très envie qu'on fasse un film sur les histoires des familles homos,
mais
nous on s’est lancés dans une autre forme,
qui
finalement ne sera pas le film que toi tu ferais...
-
J'ai compris ! Je...
-
Mais tu m'appelles pour me dire quand même... Fais-le !
-
Je t'appelle juste...
À
gauche !
Tout
droit, mais oui !...
-
Tu es en train de t'énerver avec Papa…
-
Tout droit, tout droit,
à
droite, et ben oui !
Allo
?
- Oui !
- Oui !
En
gros je te réponds simplement :
quand
tu me dis “il faut mettre ce film dans votre film,
ne
serait-ce qu'une minute,
je
suis un peu mal à l'aise !“
-
Non haha…
-
Peut-être que c'est à nous d'aller chercher les histoires qu'on veut raconter,
non ?
-
Peut-être…
Je
me demande si ce film finalement ‘vaudrait pas mieux que je le fasse moi !
Bon
je suis arrivée à la gare et je te fais un gros bisou Mathias !
-
Gros bisou !
-
Elle est toujours en train d’écrire des articles ?
-
3h du mat !
-
oui mais c’est la vie, ça.
Mais
ce soir on va au cinéma, c’est bien ça.
Alors
il parait qu’il y aura pleins de télés.
-
Ben oui, sujet d'actualité.
-
Tu as une grosse tache là.
-
Je le mets pas ce truc de toutes façons.
-
Et je t’ai fait du café, Belle.
-
Oui j’en veux bien un.
-
Alors attends, Mathias pousse toi un peu,
J’ai
fait un truc de café,
je
sais pas s’il en reste, c’est encore chaud ?
Non
il est tiède.
-
Toi tu l’as vu le film, Papa ?
-
Lequel ?
-
Le film de ce soir avec la mère porteuse ?
-
Non... Heu oui je l’ai vu oui.
Oui
je l’ai vu il est très bien,
il
est assez émouvant quoi.
Non
le problème c’est que ce qu’on voit dans ce film :
c’est
quand même qu’ils vont aux États Unis à plusieurs reprises,
tu
les vois dans des gros 4x4 et tout,
donc
c’est un truc plein de fric, quoi.
-
De toute façon ou c’est chez les pauvres et c’est la cata
ou
c’est chez les riches et on dit “c’est pas normal.“
-
Ça n’est accessible qu’à une petite fraction de la population.
-
Tant qu’il n’y a pas de choses comme ça chez nous.
-
Et toi ça t’a fait regarder la question des mères porteuses autrement ?
-
Mais non, Irène découvre que je la regarde autrement.
Je
ne l’ai jamais regardée autrement que ça,
j’ai
toujours été d’accord avec la procédure nord-américaine.
-
Michel !
-
Bah oui, je te l’ai déjà dit 20 fois !
c’est
toi qui inventes un truc comme le bénéfice du film.
-
C’est incroyable, alors ça c’est dingue, alors ça c’est dément...
Mais
Michel !
Tu
me l’as même dit quand on a vu le film ici.
-
Pas du tout.
-
Tu disais sur la GPA franchement j’y arrive pas,
alors
là tu exagères.
Tu
sais pourquoi il dit ça ?
Parce
qu’il sait que je vais faire un papier sur le thème
“le
truc qui a changé mon mari”.
-
Écoute laisse ton mari de côté dans cette histoire,
parce
que le mari il en a raz les yeux du mariage pour tous.
-
Mon Thiassou…
-
Sur la GPA, j'ai un peu l'impression que tu essayes de me faire changer d'avis,
comme
avec Papa.
Et
donc j'aimerais que tu me racontes
comment
toi tu as changé ?
-
Alors…
J’avais
un peu l’opinion ordinaire des gens,
c’est-à-dire
je me disais
“porter
un enfant pour d’autres,
j’crois
pas que je serais capable de le faire.
Peut-être
que pour ma sœur…
mais
encore ce serait compliqué…
La
jeune femme touchera près de 2000€,
trois
fois le salaire moyen indien…
J’étais
plutôt prête à comprendre que si une femme faisait ça,
c’est
parce qu’elle était poussée par la pauvreté.
Parce
que je me disais quand même elle leur donne son enfant, quoi !
Mais
moi je ne veux pas avoir un jugement sans connaître.
C'est
un peu l'intérêt de ma passion de sociologue,
c'est
aussi connaître la réalité.
Et
donc je me suis renseignée, j’ai lu.
Au
début je n'avais pas mesuré :
c'est
pas du tout pareil de porter son enfant pour autrui,
ou
de porter l'enfant biologique des autres.
Dans
un cas, c'est ton embryon que tu portes
et
à la fin tu le donnes au couple,
et
dans l'autre cas on t'implante leur embryon
qui
a été fait par une fécondation in vitro.
Et
cette différence est tellement énorme que toutes les femmes la comprennent.
J’ai
rencontré des gestatrices.
Je
n’oublierai jamais ça.
À
Paris j’ai rencontré une Américaine venue témoigner de son expérience,
et
j’ai été amenée à l’interroger et à lui dire :
“Mais
vous savez, en France on considère que des personnes comme vous
sont
traitées comme les esclaves des temps modernes.”
Elle
me dit "Mais ce que je leur répondrais,
c'est
qu'à part ma propre famille,
rien
ne m'a autant valorisée dans ma vie"
Cette
phrase, elle est inoubliable pour moi…
je
la comprenais parce que je savais ce qu’elle voulait dire, je
-
Je ne comprends pas bien,
qu’est-ce
qui la valorisait ?
-
D’avoir porté l’enfant d’autrui.
Alors
qu'on pensait que c'était quelque chose qui dégrade la femme...
qu'elle
est traitée comme une chose, comme un animal, comme un esclave...
-
Ouais, c'est ce qui fait peur !
-
Et elle disait : "rien ne m'a autant valorisée dans ma vie".
Donc
elle témoignait d'une expérience qui est exactement le contraire.
-
Donc tu as parfois complètement changé d'avis sur les sujets dont tu traites ?
-
Oui j'ai changé mais tout le monde à changé...
Beaucoup
de gens n’aiment pas dire qu’ils ont changé
parce
que ils s’imaginent que c’est avoir tort hier et raison aujourd’hui.
Sur
ces questions de société, de mariage de filiation
changer,
ça n’est pas passer de l'erreur à la vérité.
Si
c’était comme ça on serait toujours dans l'erreur,
puisque
le monde ne cesse de changer.
Mars
-
Elle est black, elle est belle et elle est féministe :
Madame
Lady !
-
Goman ! Lady Goman.
-
Bonjour la France !
Bonjour
Paris !
Les
femmes venues de France et de Navarre
et
des contrées les plus reculés ne veulent pas de ce projet de loi !
Notre
utérus ne sera pas l’antichambre de ce projet de loi !
Avec
toutes les mamans qui peuvent pousser je vous demande de pousser !
Nous
ne voulons pas d’un projet de loi
qui
va nous obliger à regarder les banlieues brûler
parce
que les enfants auront perdu leurs repères !
-
Tout votre raisonnement porte uniquement
sur
des cas microscopiques de PMA et de dissimulations,
ce
qui me parait moi vraiment…
-
Attendez, ne soyez pas méprisant.
-
Couper les cheveux en quatre.
-
Mais vous n’êtes pas obligé de devenir méprisant avec moi,
nous
parlons d’AMP...
-
Irène, les donneurs...
-
On parle d’AMP, je travaille sur l’AMP,
ne me dites pas :
ne me dites pas :
“vous
parlez de petites choses minables”
-
Tu travailles sur l'AMP, Irène,
-
Bah c’est le sujet !
-
Est-ce qu'il y a une majorité ?...
-
Bien sûr qu' on parle de sujets marginaux !
Vous
savez combien il y a de naissances par gestation pour autrui aux Etats-Unis ?
Donnez
moi le chiffre.
-
Et bien j’ai peur, j’ai peur de ça.
-
Donnez-le moi !
-
Combien ? Combien ?
-
Et bien dites-moi combien vous pensez qu’il y en a ?
-
Je n’en ai aucune idée,
-
Vous n’en avez aucune idée, et bien moi je le sais : il y en a 1500 à 2000,
sur
combien de millions d’habitants ?
Sur
300 millions d’habitants.
On
parle de cas tout petits
et
vous nous expliquez que ça va être la destruction du monde
pour
ces cas ultra minoritaires.
-
Ça veut bien dire que les couples homosexuels ne veulent pas d’enfants.
-
Ça veut dire que nous parlons de cas minoritaires,
les
homosexuels sont minoritaires.
Et
alors ?
On
peut légiférer pour que des minorités aient des droits ?
Je
ne sais pas comment il y a des gens qui trouvent mon adresse,
mais
enfin ils la trouvent
et
donc j'ai reçu ça, tu veux que je te le lise ?
-
Oui
"Chère
Madame, c’est une évidence,
aucun
enfant ne peut naître naturellement d’une union homosexuelle.
Il
ne s’agit pas d’une opinion, mais de la réalité.
Et
c’est bien cette inégalité biologique que les LGBT cherchent à surmonter.
Mais
alors, si on veut corriger complètement cette inégalité, ça suppose :
“1/
d’imposer la contraception aux hétéros.”
Si
je comprends bien on impose la contraception
donc
plus aucune fécondité naturelle,
tout
le monde devient stérile,
c’est
la stérilisation généralisée des gens.
“2/
de n’autoriser que les bébés-éprouvettes,
on
aura bientôt des utérus artificiels.”
On
ne ferait plus les enfants par la sexualité
mais
on ferait tout par les éprouvettes.
On
a dépassé notre condition sexuée en quelque sorte.
“3/
de proposer les dits bébés à l’adoption
indépendamment
de l’orientation sexuelle des adoptants.”
Tous
les enfants fabriqués en batteries seraient ensuite proposés en adoption
à
tout le monde.
“Si
on ne va pas jusque là,
on
va de fait créer de nouvelles inégalités.
C’est
exactement ce qui est décrit dans le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley,
le
rêve de tous les totalitarismes.
le Meilleur des Mondes est paru en 1936
et
à l’époque c’était de la science-fiction,
mais
aujourd’hui il est à notre porte
et
vos savantes analyses ne font que le confirmer.
Cordialement.”
Avril
Des
échauffourées lors de manif anti-mariage près de l’Assemblée.
Un
bar gay attaqué à Lille,
des
députés PS menacés,
les
parlementaires qui s’invectivent à l’Assemblée.
Mariage
pour Tous quand ça s’enflamme de la rue à l’Assemblée,
voilà
le débat d’Europe 1 midi.
-
Oui on est passé en quelques mois de manifestations bon enfant
avec
poussettes à l’appui à des tirs de lacrymogène, des insultes,
des
agressions, des descentes dans certains bars gays, on l’a dit à l’instant.
À
l’Assemblée, on était à 2 doigts d’en venir aux mains, cette nuit.
Nous
devons toujours avoir en tête sur quelque texte que ce soit
la
défense du plus faible.
Et
bien moi je vous accuse, Mesdames et Messieurs de la Gauche,
ce
que vous êtes en train de faire est proprement i-gno-mi-nieux.
Vous
êtes en train d’assassiner des enfants !
C’est
scandaleux, je n’ai pas peur de ce terme !
Ce
qui me frappe au plus haut point,
c’est
lorsque vous avez tenu ces propos
“assassiner
des enfants”,
la
veille même des skinheads avaient saccagé un bar gay à Lille.
-
c’est totalement faux !
Ce
sont des propos qui attisent la haine
et
qui donnent des raisons à ces fanatiques d’agir sur le terrain.
-
Vous souhaitez faire l’amalgame…
- Est-ce que vos propos vous considérez...
- Est-ce que vos propos vous considérez...
...
qu’ils alimentent ces groupes extrémistes.
-
Philippe Cochet !...
On
n'entend plus rien !
- Appelez au calme.
- Appelez au calme.
-
On n’entend plus rien.
Irène
Théry,
qu’est-ce
que ca sous-entend du fond de la société ?
-
Il y a à l’évidence...
-
Vous êtes sociologue
favorable
au Mariage pour Tous.
-
Il y a à l’évidence un emballement très fort aujourd’hui.
Pourquoi
est-ce qu’à côté de nous on a fait un mariage de même sexe
en
Angleterre sans aucun problème, dans l’hiver.
Pourquoi
est-ce que l’Espagne, qui est un pays catholique,
pourquoi
est-ce que le Portugal ont des mariages de même sexe
-
13 pays dans le monde pour l’instant,
pas
tous les pays !
-
Mais je parle de nos voisins immédiats.
Il
n’y a aucun problème.
-
Attendez... ca n’est pas une loi pour connaitre la taille des boutons de
culotte !
Nous
avons une société qui est fracturée
sur
un sujet majeur !
-
Ce sont vos propos qui fracturent.
- La France est un pays éruptif
- La France est un pays éruptif
C’est
vous qui attisez la violence !
-
Non.
-
Vous avez une responsabilité, c'est de condamner les violences
plutôt
que d’appeler à assassiner les enfants.
-
Mais vous le laissez parler un peu ?
-
La violence que vous avez aujourd’hui...
- Y a eu déjà les propos de Barjot,
- Y a eu déjà les propos de Barjot,
on
n'a pas besoin des propos de maboul
au sujet d'assassiner les enfants.
au sujet d'assassiner les enfants.
-
Merci à tous d’avoir participé à ce débat ! Effectivement…
Quand
ça s’enflamme de la rue à l’Assemblée
parfois
aux studios de radio également.
Ce
n’est pas totalement terminé,
il
y a une manifestation dimanche à Paris
et
un peu partout en France me semble-t-il,
et
le vote qui devrait être adopté
la
semaine prochaine.
Comme
de nombreux élus, j’ai hâte de célébrer les premiers mariages
de
ceux et celles qui me l’ont déjà demandé.
Alors
s’il-vous-plait, Mesdames les Ministres, ne tardez pas sur le décret,
ne
tardez pas sur la circulaire,
marions-les,
marions-les dès l’été, je vous remercie.
-
Merci beaucoup.
Bon
sortez-moi ces excités de l’Assemblée !
-
Monsieur on ne filme pas le public
-
Les ennemis de la démocratie n’ont rien à faire dans l’hémicycle!
-
Non monsieur !
-
Sortez-moi ces excités!
Allez
que l’on me sorte ces ennemis de la démocratie!
-
Non monsieur, non monsieur s’il vous plait.
-
Que l’on me sorte cet individu !
Pas
de place pour les ennemis de la démocratie dans cet hémicycle,
sortez-le!
Bien,
allez…
Mes
chers collègues, s’il vous plait,
ceux
qui n’avaient rien à faire dans cet hémicycle n’y sont plus,
vous
vous asseyez.
Ne
restent plus dans cet hémicycle que les amoureux de la démocratie,
donc
vous vous asseyez !
Chacun
a retrouvé sa sérénité, chacun a retrouvé sa place...
S’il-vous-plait
Un
peu de silence pour ce moment important pour notre assemblée.
Je
vais donc mettre aux voix le projet de loi.
S’il-vous-plait
!
Le
scrutin est ouvert.
Le
scrutin est clos.
Voici
le résultat du scrutin :
suffrages
exprimés : 566
Non,
pardon.
Vous
voyez l’émotion m’atteint moi aussi…
Votants
: 566
Suffrages
exprimés : 556
Majorité
absolue : 279
Pour
: 331
Contre
: 225
Après
136 heures et 46 minutes...
-
Égalité ! Égalité !
-
Madame Théry nous nous étions vu au colloque à Lyon
sur
les familles homoparentales début janvier.
-
Ha oui, le colloque de l’APGL.
-Voila
voila.
-
Alors on se fait la bise !
-
Merci.
-
C’est vraiment une journée magnifique.
-
Je vous présente mon futur époux
-
On s’était aussi déjà vus là-bas...
-
Vous allez vous marier ?
-
Oui !
-
Après combien d’années de vie commune ?
-
27 ans.
On
l’a bien mérité de pouvoir se marier !
Bon,
on ne prétendra pas d’avoir des enfants.
-
Ça va être des mariages incroyables !
-
On sait pas,
On
reste quand même amers de ce qui s’est passé.
Quand
on s’est vu début janvier, on n’en était pas là.
-
Les dernières semaines ont été immondes,
-
Immondes.
-
Même dimanche je n’avais plus le moral.
-
Dimanche on n’a pas regardé la télé,
on
n’a pas écouté les medias.
Depuis
plusieurs jours on fait le black out sur tout ça
pour
ne plus en entendre parler.
Aujourd’hui
c’est bien, mais on sait qu’il va certainement
y
avoir encore des moments difficiles à supporter.
-
On espère que le Conseil Constitutionnel ne va pas…
-
Ah non, sincèrement.
Vous
allez voir : quand on va voir les premiers mariages,
la
France va vouloir être avec avec ce bonheur.
-
Je suis moins optimiste que vous.
-
C’est sur la filiation que ça va être dur.
-
Ça a été tellement...
-
Vous en avez bavé aussi...
-
Ça oui depuis six mois ça a été...
-
Pour nous qui sommes vieux,
cet
espèce de retour en arrière...
il
a permis d’exprimer l’homophobie...
-
On pensait pas que la société française en était là.
On
se croyait intégrés à la société,
on
rasait plus les murs,
on
était heureux à l’endroit où on vit, à la Croix Rousse
et
on pensait pas qu’un jour on aurait à vivre ça.
Je
dois reconnaître que jamais dans notre vie,
alors
on peut dire nos âges,
moi
j’ai 63 ans et Gérard en a 62..
-
On a le même âge, on a le même âge !
-
Jamais on avait vécu l’homophobie,
et
à nos âges on a dû la vivre et ça a été très dur.
Et
aujourd’hui même j’ai agressé Barjot devant l’Assemblée Nationale.
-
Elle était là-bas ?
-
Elle était là-bas,
elle
s’est fait virer de l’Assemblée Nationale
parce
qu’ils ont essayé de perturber le vote,
et
comme il y avait quelques personnes devant quand elle est sortie,
elle
a été huée.
Je
n’ai pas pu me retenir, je l’ai agressée, physiquement même.
Je
l’ai prise, je l’ai secouée en lui disant “Honte à vous !”
Je
pense que ça va être repris par les télés, qu’on va le voir,
et
j’étais bien content, ça m’a vraiment libéré de quelque chose,
ça
m’a vraiment libéré.
-
En plus elle dit qu’elle adore les Homos,
qu’elle
vous fait des bisous.
-
C’est ça le pire, on vous avait dit qu’en mairie du 3e à Lyon,
on
avait assisté à un débat avec Erwan Binet
et
les opposants étaient venus en nombre.
Ils
criaient “On est pas homophobes !”
ça
faisait froid dans le dos,
ils
avaient la bave aux lèvres.
Ils
disaient “On est pas homophobes” et on
entendait
“On
est homophobes et on vous veut du mal”
C’était
tellement forcé, tellement pas naturel.
-
Et elle peut pas dire “J’aime les homos”
et
puis attiser la haine comme ça
et
s’étonner après de déclencher la violence.
Ce
n’est pas possible,
ou
alors elle est idiote, elle porte bien son nom.
-
Et ce slogan horrible “Touche pas à mon mariage”.
C’était
horrible ce slogan,
et
après elle va dire… Eh Dominique !
Alors
vraiment c’est un des plus beaux jours de nos vies !
Bravo,
bravo !
Dominique,
est-ce que je peux vous faire la bise ?
Mai
Le
Parlement s’est prononcé,
le
Conseil Constitutionnel
a
déclaré la conformité du texte par rapport à la Constitution,
je
promulguerai donc demain
la
loi qui deviendra celle de la République.